E^TRE I
C Credo tt&i, Paule, nuntiatum quod,., — Ce solécisme n*est pas rare dans les écrivains da iv" siècle. En voici des exemples tirés de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Ambroise : « Primo considefandum quod, si justi non spe profectus laborant, sed ne perdant quod acceperunt, etc. ') (S. Jér., 1. II, cont. Jov.) — uScis tu quoniam bsc nondam mihi nota erant... » (S. Aug., Conf, m, 4.) — « Homerus refert quod de lingua Nestoris dulcior melle oratio fluxerit. » (Ep. xxxiv à S. Jér.) — a Cognito quod de Yalentiniani essent parlibus... > (S. Amb. in obitu Val. cons. ) — « Nunquam tuo me transmissum silentio queror, qui sciam quod tuo non desum pectori. » (Id. Ep. xc.) — « Videmus quod mors lucrum est. » (L. II sur la Késurr., n° xl.) — « Philosopbi putatU quod anima possit sitire sanguinem. » (Id. ibid. cxxtiii.) — Claret quoniam, etc. (Id. bom. XIX, 1. n.) — < Animadverti quod, etc. • (Id. lett. à Simplicius, iv.) — On lit dans des lettres écrites par des prêtres contemporains de saint Cyprien (in* siècle) : < Credo quoniam, vides quoniam, scio quoniam, (Ep. u, cleri rom. ad cler. Carth. — L. xx d*un certain Lucianus. — Réponse des martyrs à saint Cyprien.) — Voici même un exemple de TertuUien : « Annon etiam poet« hsc semper obmussant quod neque audiamus certum, neque yideamus. » (De Anima, xviii.) — (( L'usage du grec, dit Ducange, fit prévaloir insensiblement certaines tournures qui altérèrent la langue latine, et on arriva bientôt à ne plus parler correctement ni le latin ni le grec: ccpum una colunt graecanicum et latinum sermonem, neutrorecte loquebantur. » (Préf. N** xn.) Tractatum. — Ce mot, qui signifie proprement manière de traiter un sujet, a bientôt désigné le développement même du sujet, le traité. Dans les auteurs chrétiens il a de plus le sens particulier d'explication du texte sacré; il veut dire, commentaire, glose sur des passages difficiles ou obscurs. C'est précisément dans cette acception qu'il est pris par l'auteur de la correspondance : « de apocryphis (sive de abditis rébus ) tractatum habere, » — Voyez la lettre de Gratien à saint Ambroise : « Rogo te ut mihi des ipsum tractatum, quem dedcras, augendo illic de Spiritu sancto fidelem disputationem. » — Réponse des martyrs à saint Cyprien : (( Dum enim non desinis tractatibus tuis sacramenta occulta nudare, sic nos in fide facis crescere. > (L. LXXVIII.)
Certe quod, — Traduction de ^yiXovoti , qui de bonne heure s'est accréditée. On rencontre aussi très-fréquemment bene quod, sane quod. — a Bene autem quod et artes stoïci corporales affirmant. » (Tert. De an!« ma, VI.) — < Sanequoniam tu jussisti... (Marins Mercator, Commonitorium cent. Pelag.)
Tuiprœsentiamoptavimus» — Ce gallicisme n*est pas aussi grave qu'il le paratty et on pourrait citer dans les bons auteurs plus d'une phrase où l'expression prœsentia est prise au sens français. — « Urget prœsentia Turni (Virg. En. tx, 75.) — Alicujus aspectum prœsentiamque vitare, (Cicér. I. Cat. vu.) — Ut desiderium prœsentiœ tuœ meo labore minuatur. (Cicér. L. Fam. v. 8.) — Nous pourrions donc nous dispenser de citer saint Augustin : « Amabat prœsentiam meam more matrum m (Conf. m, 8) ; Sidoine Apollinaire, qui emploie l'adverbe prœsentialiter (£p. uxviii] ; les contemporains déjà cités de saint Cyprien, qui par une tournure encore plus barbare disent : < Animadvertimus te congruente censura eos digne objurgare qui per absentiam tuam, etc. (L. XXYI) ; enfin saint Paulin de Noie, qui écrit à saint Augustin : « Quantulum ergo est quod absentia corporalis nobis invidet nostri, etc. (Ep.yi.)
Direxisti, — Rien de plus usité que ce mot, au iv^ siècle et après, pour signifier qu'on adresse une lettre directement à quelqu'un. C'est l'expression consacrée. — Forcellini en cite deux exemples, l'un de Ciaudien l'autre d'Aurélius Victor qui fut consul en 369. — En voici un de saint Jérôme : « Etqoseetiam in bis schedulis, quas ad sanctitatem tuam direœimus, vel contra catbolicam regulam édita sunt... » (Let. lxiv à Pammacbius.) -* Sidoine Apollinaire : « Recordetur charitas vestra quod prssenti conlocutioni aliquas mihi sanctorum reliquias dirigere promi-
SiSti\ M (Ep. LXV.)
Vitam moralem. — On trouve dans Aulu-Gelle, Epistolœ morales, dans Salvien, moralis institutio (quem morali institutione formaveras, spiritali instructione decorasti. — Ep. à Enchère); dans TertuUien, varietas moralis (De an. 20) ; dans saint Ambroise : nihil moralius, nihil expressius dici poterit (à Gratien). — Combien de tournures analogues, encore moins élégantes, fourmillent dans les écrits de ces temps! a Pasce nos spiritali cibo. » (S. Paulin de Noie, Ep. ii.) — « Specialem enarrare Passionis bistoriam. » (Id. xxx.) — n Id speciali cura elaborarunt. » (Salvien Préf.) — « Scriptores mundialium negotiorum. » (Id. ibid.) — < Actualis vita, spirilalis intelligentia. > (S. Enchère, ad Yeranum.) — « Instructilis, divisibilis, dissolubilis, gradus in anima vitalis et sapientialis. Horninis sanguis circumcordialis est sensus. » (Tert. de Aoima, 14, i5.)
Usque refecti sumus» — L'emploi de l'adverbe usque, comme synonyme de valde, multum, est correct. Exemple : «^Verberando usque defessi sumus. » (Térence, Adelph. n, 2, 5.)
< J'ai cru pouvoir prendre quelques excinpU's àuu auteur du v* bièLle.
4«6 CORRESPONDANCE DE SÊNËQUE
Tanta generoiitate (rei) clarent. — Qoelquefois, même dam les bons temps de la langue, cette eipression a été appliquée à des écrits, à des discours, afec le sens de grand, pompeux, brillant : < Forma dicendt magniflca, et quodammodo gmerosa» • (Cicér. Brutus lxzt.) — « Nude ills artes frangunt et concidunt quidqaid est in oratione generosius. » (Quint. Inst. i, i» 24.) — Quoi d'étonnant que notre auteur Tait employée à côté de maje$ta$, pour désigner la noblesse des pensées de saint Paul f C'était sans doute un terme élégant au ir* siècle. Ne saitron pas quel usage on faisait alors des substantib en t<u, déjà si fréquents dans Cicéron. — Generositas tant bien, Je pense, nativitas, novellitaSj visualUas, intellectfAolitas, popularitas, qui sont de Tertullien. (De anima 38, 39, S8, 50.) — Aimerait-on mieux : verborum signiflcantlas, de saint Enchère (ad Veranum), « reditum est in publieam serUtatem (sérieux) de Mamert Claudien (Ep. ix), ou populosUcu droumfusa (multitude), ou tantœ diligentiœ generosUas, du même auteur? (L. I, ep. ix, I. Il, ep. TU.)
Clarent n*a pas besoin d*être justifié. C'est le sens propre et ancien du mot. « Ergo postque, maglsque viri nunc gloria claret. » (Ennius.) — « Rutilo cum lumlne elaret Ferridus ille canis. » (Cicér. Arat. cvn.) •— « Ex genteDomitia duo famili» claruerunt. » (Suét. Nér. I.)