CHAPITRE V
De la critique moderne appliquée à la tradition du christianisme de
Sénèqae.
A la fin da xv* siècle, la tradition da christianisme de Sénèqne est dans tont6 sa force : les histoires ecclésiastiqueSy tes commentaires des Epttres de saint Paul, les éditions de Sénèqne la rapportent avec respect. Mais, dès l'époque de la renaissance, on se met à la juger, à vérifier ses titres, à examiner ses appuis, et ceux mêmes qu'elle persuade ne lui donnent qu'une adhésion réfléchie. Les premiers critiques, encore timides et peu exercés, ont de la peine à s'affranchir de sa longue domination; bientôt, des yeux pénétrants découvrent tout ce qu'elle a de faux et de contradictoire. Convaincue dMmposture, elle perd son empire sur les esprits désabusés, et tombe du rang des faits historiques où l'avait élevée une crédulité naïve.
Il est digne de remarque que ses défenseurs en abandonnent successivement quelque partie, et se défont peu à peu des illusions du moyen âge. Ainsi Lefèvre d'Etaples, Curion, Sixte de Sienne, Pamélius * ne croient plus à la conversion de Sénèque, mais seulement à sa bienveillance pour les chrétiens, et à un échange de politesses entre lui et l'Apôtre^. Du reste, pas plus que Salméron et Marguerin de la Bigne ^, ils ne soup-
* Lefévre d'Etaples commenta les Epttres de saint Paul (1458-1556). — Curion, éditeur de Sénéque, vers 1557. — Sixte de Sienne, auteur de la Bibliotheca sancta, recueii de commentaires sur les livres saints. Il moanit en 1569.
' « Sed hic amor et hsc admiratio urbana reroansit. » Lef. d'Et.yComm. de TEp. aui Pbilippiens.
' Salméron, commentateur, mort en 1585. — Marguerin de la Bigne, le premier qui ait entrepris une collection des Pères. Né en 1546.
TÉMOIGNAGES HISTORIQUES. .6i
contient d'artifice ni dans la prétendue correspondance, ni dans le faux saint Lin. Tels sont les seuls suffrages dont la tradition puisse se glorifier au xvi* siècle. D^autrès critiques, encore favorables, sont plus difiiciles ou plus clairvoyants. Déjà, au commencement du siècle, Louis Vives, commentateur de saint Augustin, rejetait la correspondance comme apocryphe ^ ; Juste Lipse la condamne sévèrement ^ , et s'il conserve un faible pour cette vieille croyance, c'est par déférence pour saint Jérôme, et par une sorte d'engouement pour l'élévation morale de certaines pensées de Sénèque ®. A partir de cette époque, les prétendues lettres, tant admirées de Pierre de Cluny et de ses contemporains, sont répudiées, avec l'écrit de saint Lin, par ceux mêmes qui sont disposés à admettre les rapports des deux personnages. Le Père Alexandre*, et Tillemont, n'ont que du mépris pour ces grossières supercheries *^. Les commentateurs les plus estimés, Dionysius Garthusia* nus, Eutalius, Jean Gagnier, théologien en Sorbonne, Estius, Cornélius à Lapide, Mariana, appliquent aux esclaves de César et non à son ministre l'expression célèbre de TEpître aux Philippiens. Et la seule concession que le P. Alexandre, Ernest Cyprien et Tillemont fassent à une opinion dont ils ruinent les appuis, c'est de convenir que, selon toute apparence, Sénèque a dû connaître les chrétiens.
A cette poignée de défenseurs on peut opposer des
' Né en 1492.
' Né en 1547. — De Senec» vita, ch. x.
^ Manuduclio ad stoic. phlL, 1. XVUI.
* Noël Alexandre, théologien et historien de l'Eglise, né en 168#. -.^ Voyez Hist, ecclés., t. lU, siècle 1, ch. xn, art. 5.
^ Tillemont, mort en 1698. — Voyez Mémoires sur Vhist, ecclés., t. I, Saint Paul, ni. 43, et son Hist. des empereurs, t. I, Néron, art. 35.
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adversaires bien autrement redoutables par le nombre et par l'autorité; ils se divisent en deux classes : les premiers traitent la question incidemment et sans en embrasser l'ensemble; ils se contentent de relever les erreurs qui leur semblent les plus choquantes. Les seconds approfondissent la matière dans un travail spécial où, profitant des recherches de leurs devanciers, ils résument et coordonnent les objections déjà soulevées. La première classe compte des noms célèbres dans l'exégèse sacrée et dans la critique profane ; on y distingue des protestants, des catholiques, des philosophes, des historiens, des érudits. Dès 1441 , un de ces princes italiens qui excitaient Tessor des lettres renaissantes par un culte assidu et par une protection délicate, Léonello, marquis de Ferrare, s'avisa de penser, contre l'opinion de son siècle, que l'histoire des rapports de Sénèque et de saint Paul était une pure fable, et au milieu de cette petite cour académique qu'attirait le charme de ses entretiens, il se plaisait, l'histoire en main, à signaler les invraisemblances d'un tel récit et la fausseté d'une telle correspondance *. Mêmes scrupules et même incrédulité dans un autre bel esprit, Erasme, qui avait le goût trop fin pour être dupe. Ce ne sont pas seulement les protestants, Théodore de Bèze, Heinsius, Rivet, qui se déclarent contre la tradition ; leur hostilité pourrait sembler passionnée : mais le savant annaliste de l'Eglise romaine, Baronius, le cardinal Bellarmin, le cardinal Duperron, le P. Raynaud, jésuite, le P. Possevin et Labbe, de la même compagnie, Frassen, cordelier , le chanoine Modius , appliquant à c^tte étude la sagacité pénétrante de la critique moderne, combat-
' Voyez le De polilia litteraria, par Décembrius, qui a recueilli ces entretiens, I. I, cb. x.
tent victorieusement cette erreur si longtemps puissante et respectée. Voici les points principaux qu'ils s'efiForcent d'établir : 1"* La correspondance est apocryphe; 2** le récit de saint Lin est une imposture ; 3** Sénèque n'est pas désigné dans le verset de TËpître aux Philippiens; 4^^ sa philosophie est contraire à Tesprit de TE* glise; S"" sa mort est celle d'un paient Ce^ arguments sont repris au wif siècle par les historiens Schildius y Horn, Boxhom , et par le philosophe Lamothe le Vayer. Au xviii'' siècle, Brucker , historien de la philosophie , Tiraboschi et Lami, littérateurs italiens , le théologien protestant Witsiusy le professeur allemand Strobach écrivent dans le même sens.
C'est surtout en Allemagne, au sein des universités, que cette thèse est développée dans des écrits spéciaux. On cite la dissertation deKortholt : De Philippi Arahis , AUxandriMarnntœœ^PUniiJunioris etSenecœ chriS' tianismoj' celle d'Hunterus, contre l'athéisme de Sénèque ; celle de Kaewitz, la plus complète de toutes ; l'ouvrage de Lintrupp, qui rassemble toutes les preuves, pour et contre ; celui de von Seelen : De scriptoribus Jalso in christianorum ordinem relatis; celui de Heineccius , De philosophis semi^hristianis : ce der-
* Toutes les citations que renfenne cette section sont empruntées au Mémoire de M. Fleury, t. I, 2* partie, ch. xi-xvi. — M. Fleury déclare quMl n'a pu^ malgré d*oplniAtres recherches, découvrir ces thèses allemandes, excepté celle de Kaewitz, sur laquelle nous reviendrons. Il en est de même, ajoute-l-il (t. I, V^ partie, ch. i), d'autres petits écrits de la même nation en faveur du christianisme de Sénéque : tels que celui de Schellemberg (Seneca christianus)^ auteur inconnu; celui de Hall, théologien anglican, né en 1574 (même titre): celui de Juste Siber, De Seneca divinis oraculis quodammodo consono (Dresde, 1668). Il cite encore Harschmidt, De Senecœ notitiaDei naturali (léna, 1668) ; André Schmidt, De Seneca ejusque theologia; Philippe d'Aquin (mort en 1650], sur la religion de Sénéque; un traité anonyme en allemand (Leipzig, 1712) et un autre en anglais (Londres, 1786). — Tous ces ouvrages ont échappé à ses recherches. — On trouvera dans cette partie trés-ap-
nier s^attache principalement à censarer les désordres de la vie de Sénèque.
Ces attaques redoublées, ce combat prolongé de la critique moderne, cette suite d'écrits restés sans réponse, prouvent tout ensemble la vogue durable et la faiblesse réelle de la tradition. Elle séduit les esprits par certaines apparences de grandeur et de vérité; mais elle ne résiste pas àrexamen. On ne s'occupe d'elle que pour la détruire, et rimposture est si manifeste que personne n'ose en prendre la défense. Laissons de côté les écrivains réformistes et les penseurs allemands, aussi excessifs peut-être dans leur scepticisme que le moyen âge Tétait dans sa crédulité ; mais les cardinaux et les docteurs de l'Eglise romaine , mais les savants bénédictins , jésuites ou cordeliers, étaient, sans contredit, disposés à admettre Tamilié de saint Paul et de Sénèque , Tinfluence de TEvangile sur les lettres à Lucilius, et à tirer les conséquences d'un fait qui eût diminué le nom du phi* losophe et agrandi la gloire de l'apôtre. Ni Baronius, ni Bellarmin, ni Tillemont n'auraient refusé, ce semble, de recevoir Sénèque dans le giron de TEglise et de rallier sa mémoire au christianisme. Il fallait que cette opinion , malgré son crédit et sa durée, fût bien peu vraisemblable et reposât sur des fondements bien peu solides, pour qu'ils aient résisté au secret désir de la justifier. On ne peut leur reprocher ni ignorance , ni préjugés : ils étaient les soutiens du saint-siége et les lumières du catholicisme; ils jugeaient en connaissance de cause, puisqu'ils avaient sous les yeux les témoignages anciens et nouveaux en faveur de la tradition , puisqu'ils venaient après tous ses défenseurs; ils nedé-
profondle du livre de M. Fleury d^amples renseignements bibliographiques. — On sait que M. Fleury croit fermement à Tamitié de Sénèque et de saint Paul.
cident pas à la légère, car ils étudient les textes et discutent les vraisemblances ; ils ne se bornent pas à la simple expression de leur sentiment , comme Lefèvre d'Etaples, Curion et les chroniqueurs du moyen âge qui adhèrent en peu de mots ou rapportent ce qu'ils ont lu; mais ils développent les motifs qui les déterminent et ne prononcent que sur des preuves accumulées. Semblables à des juges intègres, sur qui la vérité a plus d'empire que la passion, ils condamnent ce qu'ils voudraient pouvoir défendre , et ruinent une cause où ils sont intéressés. De quel poids n'est donc pas une telle autorité ? Et peut-elle être balancée par deux ou trois commentateurs encore appesantis de la nuit du moyen âge?
Le XVI® et le xvii* siècle virent commencer et se poursuivre au sein de TEglise catholique un grand travail de critique orthodoxe sur les origines du christianisme : on fixa Tordre des temps, la date des événements ; on épura les textes, on examina sévèrement ces mensongères productions qui pullulèrent pendant les huit premiers siècles, actes des martyrs, légendes, lettres, passionSy voyages ; et tout ce qui ne portait pas des caractères irrécusables d'authenticité fut répudié. Alors parurent les Annales deBaronius, l'Histoire ecclésiastique du Père Alexandre, les Mémoires de TiUemont, les Actes des martyrs par dom Ruinart, le Spécimen cri- (ici sacri par Raynaud, Vjàpparatus de le Nourry : une même pensée animait ces érudits dans leur patient la-^ beur; c'est celle qu'expriment Tillemont et Fleury: ce La vraie piété nous fait aimer la vérité et nous contenter de ce que Dieu veut que nous sachions ^ — C'est la vérité qui est notre voie et notre vie , et non
* Fleury, Hi^t, ecelés. Préface.
m TÉMOIGNAGES HISTOHIQUES.
pas les erreurs des hommes, nî les fictions des im* posteurs. Notre piété, comme dit si souvent saint Au* gnstin, n'est point dans TiHusion et dans le mensonge, 06 qui la ferait dégénérer en superstition ^ » Ubis* toire de saint Lin el les lettres de Séncque à saint Paul furent enveloppées dans cette proscription générale, et bannies péle-méle, arec les compositions du même genre, de la littérature sacrée qu'elles déshonoraient.
H n'est donc pas étonnant qu^au xvii* siècle les plus grands docteurs et les plus beaux génies de TEglise aient gardé un silence absolu sur cette tradition, à Pexemple des anciens Pères. Ils la connaissaient par )a lecture des ouvrages d'exégèse cités plus haut; maïs en même temps ils avaient appris à la juger, u Bossoet, par exemple, si versé dans toote antiquité, avec nne imagination si amie de tonte grandeur, n'a rien dit de cette communication prétendue, dans les pages incomparables et toutes pleines d'allusions romaines qu'il a écrites sur saint Paul ^. » On n'en trouve aucune trace ni dans Fléchier, ni dans Bourdaloue, ni, avant eux, dans le Père Lejeune, bien qu'ils se plaisent à représen*ter le Docteur des gentils prêchant au sein de la cour die Néron, « centre de tous les vices, TEvangile de Thumilité, de l'austérité et de la pureté^. » Malebrancbe^
' THlemont^ Mémoire& sur THMt. ecclés. Préface. Voici le passage de saint AugusUn : a Non sil nobis religio in pbantasmatibus noslris ; me- Pla» est eninr qualecumque rerum q^àm omnc quidcfiiHl arbiftrla fingf po^ ttst. q De vtra reàigifm^ cb. w,, -^ Saint Létn le Ortad' dàstU» (Hi'il /aJlailooii-s£ulQiDent isteidire, inab. trdler les IWrei apocryphes. (Fa* brtcias, Préface). — Ce fui aassL le sentiment de saint Albanase : dlfrcxpu^Yic fxôXXovJi à'ta.ytwiitùç dé^ta : dignimagis qui abseondanfur qaam qui legantuo.. » (Appeodloe i lai Synop9e da l'EcritoiB saiote).
' M. VillEOiaiB, rapport À rinslituteu •oui iSM.
* Bourdaloue , Panégyrique de saint Paul. On y lit encore ce passage : « Ce ne sont pas seulement des barbares ou des ignorants qu'il persuade , mais ce sont des riches, des. uoMtti , des pnissonis ihi in«nde.
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d'autre part, est bien éloigné de considérer Sénèque comme un chrétien ; il l'appelle w un homme fort Imaginatif et peu judicieux; il est visible, ajoute-t-il, que Tesprit de Sénèque est un esprit d'orgueil et de vanité. Aussi, puisque l'orgueil, selon l'Ecriture, est la source du péché, l'esprit de Sénèque ne peut être l'esprit de l'Evangile, ni sa morale s'allier avec la morale de Jésus- Christ, laquelle seule est solide et véritable. » Il ne se laisse pas éblouir par les vaines apparences, par les fausses lueurs de christianisme qui brillent ça et là dans les écrits de ce philosophé : « Il y a de bonnes choses dans l'Alcoran, dit-il à ce sujet, et l'on trouve des prophéties véritables dans les centuries de Nostradamus... mais ce qu'il y a de bon dans l'Alcoran ne fait pas que l'Alcoran soit un bon livre, et quelques véritables explications des centuries de Nostradamus ne feront jamais passer Nostradamus pour un prophète ^ . »
Frappée d'un tel discrédit, durant plus de deux siè-
des juges, des proconsuls, des hommes éclairés qu'il fait renoncer à toutes lettre fumiéres, en leur proposant un Dieu crucifié. Ce sont des femmes YSineset sensuelles qu* il dégage de Tamour d'elles-mêmes pour
leur faire embrasser la pénitence. > 1" partie. — Fléchier n'a que
celte phrase sur le séjour de l'Apôtre à Rome : « Arrive-l-il enfin à ROTifet n eMfefa dans la prison^ et n'en sortira que pour le supplice. » (Setmon sur la c^onversion de saint Paul, 2« partie.) — Le Père Lejeune a fait, dans le même sermon, le panégyrique de sarnt Paul et de saint Augustin. — Bossuet eût sans doute parlé de Sénèque dans le passage suivant, s'il eût cru à la tradition : a l\ (saint Paul) prêchera Jésus dans Athènes, elle plu» savant de ses sénateurs passera de l'Aréopage dans récole de ce barbare. Il poussera encore plus loin ses conquêtes ; il abattra aui pieds du Sauveur la majesté des faisceaux romains dans la personne d'un proconsul , et il fera trembler dans les tribunaux les juges devant lesquels on le cite. Rome même entendra sa voix ; et un jour cette ville maîtresse se tiendra bien plus honorée d'une lettre du style de Paul , adressée à ses citoyens, que de tant de fameuses harangues qu'elle a entendues de son Cicéron. » (Panég. de saint Paul, 1**® partie.) * Recherche de la véritéf m* partie, de riraagînation.
des, cette opinion eût dû, ce semble, disparaître à ja^ mais, ou du moins se perpétuer obscurément dans quelques esprits charmés du merveilleux et qui craigneni d^être détrompés. Elle s'est relevée cependant avec éclat, et a bravé de nouveau la publicité et la discussion; notre siècle lui a donnée ce que lui refusaient les deux siècles précédents, des défenseurs avoués et convaincus. L'Allemand Gel pke, après lui Schœll et M. de Maistre \ recommençant un procès déjà jugé, essayèrent de remettre en lumière les probabilités d'une liaison entre les deux personnages, et les ressemblances de leurs doctrines. L'effort de la critique, au xvi* et au xvn* siècle, avait porté sur la prétendue correspondance et sur récrit de saint Lin ; ils abandonnèrent ces pièces compromettantes et se bornèrent à démontrer, d'une manière générale, Tinfluence du christianisme sur la philosophie de Sénèque. Dans ces derniers temps,, M. l'abbé Greppo^, et surtout M. Amédée Fleury, ont repris et développé l'ancienne thèse sur ce nouveau plan : le Mémoire de ce dernier est de beaucoup le plus érudit qui ait été écrit sur la matière ^. Ainsi cette tradition vivace, longtemps accablée des attaques et du mépris de deux siècles éclairés, a reparu, sinon phis forte, du moins plus fortement défendue qu'auparavant. La critique avait fait justice des illusions du moyen âge; aujourd'hui, c'est avec les armes mêmes de la critique et à l'aide de ses ressources qu'on prétend défendre et
' Gelpke , Tractatiuneula de familiaritate , quœ Paulo aposfolo cum Seneca philosopha intercessiase trcuiitur, verisimilHma{ 1815). —Schœll, Hist. de la litt. rom, t. H. — De Maisire, Soirées de St^ Pétersbourg, t. II.
' Trois mémoires relatifs à VHist, ecclés., mém. P' (1810).
' Sénèque et saint Paul, 2 vol., 1833. — M. Durozofr (Sénéq., éd. Panckoucke), M. Troplong {Fnfl, du christ, sur te droit civil des Romains)t sans entrer dans Texamen de cette opinion, semblent la partager.
faire triompher ce qu'elle avait sévèrement condamné ^
Telle est l'histoire abrégée, mais complète, de l'origine et des vicissitudes de la célèbre croyance au christianisme de Sénèque.
* Deux savants docteurs anglicans , MM. Connybear et Howson , dont le vaste et profond mémoire sur saint Paul, récemment achevé et publié à Londres (1854), est cité avec éloge par M. Villemain (Rapport du 25 août 1854), n*ont donné aucune place dans leur travail à Thypothèse des rapports de Sénéque avec saint Paul. Ils se contentent de dire en note (t. II, p. 432, éd. de 1856, n. 3) : « Nous ne pouvons pas passer le nom de Sénéque sans MtB une allusion à la correspondance supposée entre lui et saint Paul; mais une simple remarque est suffisante pour un faux aussi insignifiant »