CONCLUSIONS GÉNÉRALES
i ** Aucun Père, aucun écrivain des premiers siècles de TEglise ne fait mention de l'amitié de Sénèque et de saint Paul, ni de leur correspondance. — Jusqu'au moyen âge, on ne rencontre à ce sujet que quelques mots peu décisifs de saint Jérôme et de saint Augustin, et le témoignage du faux saint Lin. — Trop confiant dans la valeur de ces preuves, tout le moyen âge a cru sans réserve au christianisme de Sénèque. A partir du XVI* siècle, la presque unanimité des critiques a réprouvé cette tradition.
2"* L'histoire de la prédication de saint Paul en Orient, en Grèce et à Rome, démontre l'impossibilité d'une entrevue et d'une liaison des deux personnages, et surtout l'extrême invraisemblance d'une conversion complète ou ébauchée du philosophe.
3^ L'étude attentive de la philosophie de Sénèque atteste qu'il n'a eu d'autres maîtres que les philosophes anciens ou contemporains, d'autres inspirations que des idées antérieures à l'Evangile, et qu'il n'a pas connu les livres des chrétiens, dont la plupart ont paru après ses propres écrits.
V Le recueil de lettres, évidemment apocryphe, que nous possédons encore, est bien celui dont parlent saint Jérôme et saint Augustin. Il a été composé au iv* siècle.
Ul CONCLUSIONS GÉNÉRALES.
et c'est sur cette base que repose la série entière des diiïéreDts témoignages qui forment la tradition.
En d'autres termes, la croyance au christianisme de Sénèque, et à ses rapports avec saint Paul, est dénuée de fondement.