‹ Étude Cryoscopique Sur Le Mécanisme De La Traversée PlacentaireChapitre 11 sur 21 · L. Rae SE CS NT LIL SO · texte numérisé non relu

L. Rae SE CS NT LIL SO

: Fœtus À 0,57[0 56 [0,47 [0,466 10,494 [0,47 [0,56 0,54 10,5}2 10,522

Mère À 0,5210 53 10.51 10,47 10,52 [0,50 [0,54 [0,504 |0,51 [0,446

Conclusions: Remarquons incidemment que

1° Le À du sérum de la femme enceinte est plus petit que celui du sérum de la femme non en gestation (0,50 au lieu de 0,56);

2° Le A du sang du fœtus est plus grand que celui du sang de la mère.

Moyenne du À du fœtus : 0,5213 Moyenne du À de la mère : o,5075

Disons de suite que quelques À de l’auteur : 0,46; 0,47: 0,44 font de suite suspecter sa méthode.

Travaux de MATHES Médecin assistant à la Clinique d’Accouchement de Graz,

27 juillet 1901.

Il fait ses essais dans le but de trancher la question. Il opère comme Veit, mais sur le sérum après centrifugation. Voici ses dix résultats :

Fœtus À 0,505/0,54 [0,53 10,57 10,543 10,56 10,522 [0,555 [0,545 |0,57

Mère À 0512/0,535 [0,532 [0,54 10,54 10.565 [0 545 [0.555 [0.535 [0,535

L'on remarque une différence presque constante entre le A des deux sangs, mais tantôt dans ke sens des conclusions de Veit, tantôt dans un sens différent.

Travaux de KRONIG et FUETH

KRONIG. — Privatdocent in Leipzig.

FuErTH. — Assistent der Universitats Frauenklinik aus Laboratorium der Universitats Frauenklinik (Geheimrath Prof. Zweifel).

Ces travaux sont publiés dans la même revue que Veit en 1901. (Fasc. 13). | Les auteurs écrivent en tête de leur publication :

« Nous devons considérer la traversée des. constituants du sang maternel vers le sang fœtal, comme un passage 0smotique ».

Ils n’ignorent pas les idées antérieures, ni les travaux de Veit. Ils savent que les sels passent plus ou moins vite selon leur nature; ils savent que certaines matières solubles semblent ne pas traverser le placenta; ceci tiendrait à une propriété particulière de cette membrane osmotique qui la rendrait pour certains éléments plus ou moins perméable. Quant aux conclusions de Veit, elles ne conduisent pas pour eux à l’idée d’une activité spéciale de la cellule vivante; si le fœtus contient plus de sels que sa mère, cela peut tenir à son métabolisme propre (1), mais alors il faut admettre que les membranes ne sont pas perméables suivant les lois de l’osmose, dans le sens du fœtus vers la mère, car l’équilibre devrait se rétablir au fur et à mesure.

Instrumentation. — Cryoscope de von Beckman. Des-

cription détaillée de la technique suivie. Ils se servent pour

la congélation du stylet d'inoculation de von Beckmann.

Voici leurs 20 résultats

(1) Stylet d’inoculation de von Beckmann.

1 2 3 £ 5 6 7 8 9 10 Mère À 0,4937/0 5007 |0,4935 0,490 10,4955 10.4985 [0,5025 [0,5087 |0,5058 0,502

Fœtus À 0,4945/0,5005 [0,494 |0,4877 |0,5042 |0,4985 [0,5007 [0,5025 |0,5078 0,4988

| 11 | 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Mère À 0,4975/050925)0,4972 [0,505 |0,4952 |0,5000 |0,4952 |0,5000 |0.4820 |0 498

Fœtus A 0,4997/0,5103 |0,5020 |0,4997 |0,4887 |0,5007 |0,4892 |0,5007 |0,4807 {0,491

Conclusions des auteurs : Le sang de la mère et le sang du fœtus sont à la fin du travail isotonique.

Congrès de Rome en 1901

La question est posée et se termine sur les accords suivanis :

« À la fin de l'expulsion, une différence en moins ou en plus peut se constater entre les deux sangs mais le plus souvent, le sang fœtal a une concentration plus élevée que

e celle de la mère ».

Travaux de D'ERCHIA (1904)

il écrit en tête de sa publication : « on admet maintenant que le sang de la mère a un À plus petit que le sang de la femme non enceinte, et que le sang de la mère a même A que le sang du fœtus.

Il trouve les moyennes suivantes :

sang maternel : 0,5906 sang fœtal : 0,6004

Critique de ces résultats

Nous voyons après ces quelques travaux que l'accord était loin d’être fait sur la question. Mais il est permis de remarquer entre tous ces résultats quelques faits qui autorisent à considérer certains d’entre eux comme douteux.

Veit opère convenablement pour obtenir les deux sangs, et le procédé qu’il indique consistant à recueillir le sang rétro-placentaire quand les membranes sont bien retournées, parait exempt d'erreurs. Ses moyennes sont bien dans l'ordre du À bien fixé aujourd'hui d’un sang normal. Mais il ne donne que dix observations comportant au surplus deux cas d'exception, Peut-on conclure et généraliser après des essais si restreints.

Keim recueille le sang « en exprimant » le placenta, ou « directement » dans le vagin; il est certainement dans ce dernier cas, souillé de mucus, de liquide amniotique ou de méconium. Ses moyennes sont vraiment basses et peuvent faire suspecter sa méthode. Il ne donne que treize observations.

Krônig et Fueth sont parmi les auteurs qui ont voulu imposer trop de précision au cryoscope; ils font des calculs d'erreurs relatives, de moyennes sur un appareillage qu’ils n’ont même pas spécialisé, comme le faisait Raoult, pour des recherches de haute précision, et ceci probablement

conduit facilement à la vérification de l’idée préconçue. Ils concluent, malgré un gros pourcentage d’exceptions.

D’Erchia trouve des moyennes tellement élevées, tellement au-dessus des résultats habituels que l’on peut a priori s'en méfier.

En résumé, ces premiers essais, qui semblent avoir été abandonnés en 1905, nous permettent toutefois de voir se dégager quelques conclusions :

1° L'étude n’est pas aussi simple qu’on peut le penser au premier abord, et les résultats varient suivant les auteurs;

2° Le sang de la femme enceinte a une concentration moléculaire plus faible qu’à l'état normal;

3° Il est rare que le sang de la mère soit isotonique au sang qui vient de traverser le placenta. Les variations se font le plus souvent dans le sens d’une augmentation de concentration pour le sang qui a traversé le placenta.

La dernière conclusion, se dégage de l’ensemble des travaux exécutés, mais elle est assez peu nette, pour qu'aucun auteur n'ait pris à charge de l’affirmer en entier. Elle parait néanmoins se dessiner assez catégoriquement pour qu’on puisse attendre d’une série plus longue d'essais, et surtout en mettant à profit l'expérience acquise depuis vingt ans en cryoscopie son énoncé définitif.

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