SUR UN AUTRE MOYEN D'ABORDER 2 | LA QUESTION
+La cryoscopie va nous dire « en gros », si les humeurs, avant et après le placenta, sont en équilibre osmotique, mais en cas de déséquilibre, elle ne saura nous indiquer l’élément particulièrement intéressé. Il semble donc que l’analyse chimique soit un procédé beaucoup plus certain. En vérité, les deux modes d'investigation se complètent. En effet, un nombre infini de dosages, combien méticuleux et
savants pourront nous apprendre que tel ou tel élément do-
mine d’un côté ou de l’autre de la membrane choriale, mais alors, nous n’aurons plus le résultat « en gros » car il est probable que la recherche laissera toujours échapper un ou plusieurs corps dialysables connus ou inconnus. Cependant, il est intéressant de voir si des dosages effectués sur des substances osmotiques bien connues, les
montrent en équilibre de part et d'autre du placenta. C'est là le vaste champ d’investigations qui doit compléter le ré-
sultat de la cryoscopie.
Les essais effectués ne sont pas extrêmement nombreux,
ea
.et la tâche est difficile.
Scherenziss en 1888, a trouvé dans tous ses dosages plus
de sels de Na dans le sang fœtal que dans le sang maternel.
Cavazzini et Lévi, Slemon and Morris, Bryant, sont d’ac-
cord pour trouver des taux différents d’urée dans le sang de la mère et dans le sang veineux du cordon. Edelstein a fait récemment des recherches très précises sur les chiorures; d’après ses résultats les cendres du sang fœtal ont un poids plus élevé que celles du sang maternel, et le chlorure de Na est plus abondant que dans le sang maternel. Nous citerons encore les recherches de Quinquaud en 1888, Fehling en 1876, Slemon and Morris en 1916 et Cunningham en 1022. À
Enfin les travaux de Nicloux en 1900, sont connus de tous; après une étude très longue sur le passage plus ou moins rapide des diverses substances ingérées par la mère, dans le sang du cordon, après des dosages portant plus particulièrement sur l'alcool, l’auteur conclut comme il suit
« D'une façon générale, les substances chimiques pas- « sent ou ne passent pas à travers le placenta, suivant « qu’elles sont ou ne sont pas dialysables. Est-ce à dire « que la dialyse entre seule en ligne de compte ? Je ne le « pense pas et j'ai déjà donné mon opinion à ce sujet. Que « des phénomènes connexes, auxquels on peut même sup- « poser une très grande importance au point de vue phy- « Siologique se passent au niveau du placenta, c’est tout à « fait vraisemblable, mais la dialyse n'en reste pas moins le résultat principal, celui qui impose son sens et domine « le résultat expérimental; c'est le facteur le plus important « à considérer pour ce qui est de l'intensité dans le méca-
nisme du passage des substances chimiques de la mère au « fœtus ».