‹ Étude d'une épidemie de dysenterie bacillaireChapitre 29 sur 48 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

L'examen bactériologique des selles.

Sur trente-trois examens bactériologiques de selles, nous avons mis en évidence neuf fois du bacille de Shiga, deux fois du bacille de Hiss (1). Le pourcentage de nos résultats positifs est donc du tiers. Chez certains malades, nous avons pratiqué deux examens; peut-être, en multipliant nos investigations, eussions-nous eu plus de succès. En effet, Glynn, Berridge, Foley, Price et Robinson (2), dans une étude portant sur un nombre considérable de cas, recommandent de faire au moins trois recherches; 30 p. 100 de leurs résultats positifs n'auraient été obtenus qu'à un troisième examen. Nous ferons simplement remarquer que la plupart de ños malades ne nous arrivaient que cinq ou six Jours après le début de leurs affections, certains avaient été purgés plus ou moins fortement; or, nous sommes tout à fait de l'avis de Schweriner (3) quand il dit que la mise

(1) Sur ces trente-trois examens, quatre ont été pratiqués par le médecin aidemajor Duhot, qui a bien voulu nous autoriser à joindre ses résultats aux nôtres; qu'il reçoive ici nos meilleurs remerciments. à

(2) Glynn, Berridge, Foley, Price et Robinson, Med. Res. Comilee Spec. Rep. Ser.; n° 7, 1918: |

(3) Schweriner, Zur Diagnose und Epidemiologie der Ruhr, — Berliner Klin. Woch., 1er mars 1918.

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en évidence du bacille dysentérique devient à peu près impossible chez les sujets traités par le calomel, le bismuth, le charbon. Martin et Williams ont spécialement étudié la question des examens positifs dans la dysenterie; 1ls arrivent aux conclusions suivantes : Dans les cinq premiers jours de la maladie, 68 p. 100 des examens bactériologiques sont posilifs; du cinq au dixième jour, 17,4 p. 100; du dix au quinzième jour, 6,3 p. 100 seulement (1). Des bactériologistes de la valeur de Levaditi ont, du reste, un pourcentage inférieur au nôtre, puisque sur cent dix examens de selles vingt-cinq seulement leur donnent un résultat positif (2).

La rectoscopie, en permettant de faire un prélèvement sur une ulcéralion, aurait donné un pourcentage très élevé de résultats positifs (Guido-Isar, Braïlowsky). Nous n'avions pas cette instrumentation à notre disposition. |

Les selles à examiner étaient reçues dans un récipient propre ne contenant aucune trace d’antiseplique; l’on recommandait au malade de ne pas uriner; le plus tôt possible après l'émission, et loujours moins d'une heure après, nous faisions l’ensemencement au lit du malade. Au début, nous faisions transporter les selles au laboratoire et ne les ensemencions que deux ou trois heures après. Les résultats furent toujours nuls. Aussi primes-nous le parti de porter à l’hôpital nos boîtes de Petri, Ces inconvénients du transport des selles sont signalés par tous les auteurs; l'été surtout, avec une température élevée, la prolifération précoce du colibacille l'emporte sur celle des germes plus délicats.

Avec un fil de platine flambé, on prélève un flocon muqueux

(1) Martin et Williams, The.chance of recovering dysentery bacilli in stools according lo the time. elapsing since the outsel of disease, — Brit. Med. Journ., 20 avril 1918.

(2) Levaditi et Nicolas, Recherches sur la dysenterie, Société de biologie, 25 octobre

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