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que beaucoup de bactériologistes recommandent de laver dans l'eau physiologique. Nous l'avons faitégalement, mais n’y voyant pas d'avantage net, nous n'avons pas tardé à omettre cette manœuvre. Comme milieu d'isolement, nous avons employé la gélose laclosée, tournesolée, coulée en boîtes de Petri. Les substances antiseptiques des milieux d'Eudo (fuschine), de Drigalski (crystalviolet) nuisent au développement des bacilles dysentériques.
Le flocon muqueux est déposé sur le bord de la gélose, on le dilacère légèrement avec le fil de platine que l’on promène ensuite sur le milieu en faisant des stries nombreuses pour faciliter l'isolement des colonies. Un bon procédé que nous a enseigné le professeur Ferré consiste à enfoncer l'extrémité du fil dans la gélose avant de pratiquer les quatre ou einq dernières stries. De cette façon, l'excès de germes est essuyé par la piqüre et l’on augmente encore les chances d’avoir des colonies bien isolées.
Les boîtes sont mises à l’étuve à 37 degrés, couvercle en bas, pendant vingt-quatre heures. À ce moment, les colonies poussées sont rouges ou bleues. Les bacilles dysentériques, sans action sur la lactose, donnent les secondes, le colibacille les premières. Ces résultats, notés dans tous les traités de bactériologie. sont pratiquement exacts dans la plupart des cas. Parfois cependant, lorsque le colibacille abonde et que le dysentérique est rare, le milieu est presque uniformément rouge. Il faut, dans ce cas, tenir compte de la morphologie des colonies. Celles des bacilles dysentériques sont plus petites, plus saillantes, moins étalées que celles du coli. Ce sont des nuances, sans doute, mais la pratique les rend assez vite familières.
Nous prélevions donc une parcelle de la colonie à repiquer et l’émulsionnions sur lame dans une goutte de sérum physiologique. La préparation séchée et fixée, nous faisions un Gram pour nous assurer qu'il s'agissait bien d’une colonie pure de cocobacilles ne prenant pas le Gram. Ceci fait, nous repiquions le reste de la colonie en bouillon peptoné et en bouillon-lactosé carbonaté. S'il ne se produisait pas de gaz dans ce dernier
LR es
milieu, nous procédions aux épreuves d’agglutination par les sérums expérimentaux de l'Institut Pasteur suivant la méthode que nous décrivons plus loin.
Les résultats étaient constatés vingt-quatre heures après. Donc, trois jours après le prélèvement nous pouvions AOnHer un résullat tr se & très suffisant pour les besoins de la siens iiiel, surtout en temps d'épidémie, quand l'agent causal est connu. Il ne peut toutefois pas permettre de toujours distinguer le bacille de Flexner du bacille de Hiss, un Flexner-sérum agglutinan( lus souvent aussi bien une culture de Flexner que de Hiss. De plus, on a signalé quelques cas de bacilles dysentériques non agglutinables. Sauf deux de nos échantillons {n* 67 et 68) (1) identifiés par la méthode rapide que nous venons d'indiquer, tous les autres ont été étudiés sur les divers milieux que nous allons passer en revue.
précis. Ce procédé rapide est æbssi
Morphologie.
L'aspect morphologique des bacilles dysentériques isolés des selles de nos malades fut le même dans tous les cas : bâtonnet court de 1 à #ailimètres. arrondi à ses extrémités, dans les cul- {ures de vingt-quatre heures. Au bout de ce temps commencent à apparaître des formes longues dites d’involution.
La coloration par les couleurs d’aniline est aisée, ces germes se décolorent par la méthode de Gram.
Nous avons très soigneusement étudié leurs mouvements. Pour cela, nous avons employé le procédé dit de la goutte suspendue.
Examen à sec avec un objectif 6 ou 7 et un oculaire 2 (Shas- sino). Les bacilles sont animés de mouvements d’oscillations ressemblant tout à fait aux mouvements de l'aiguille d'une
(1) Nous donnons aux bacilles, aux sérums, le numéro de l'observation du malade dont ils proviennent.
Le CRT
boussole. Pas de mouvements de reptation ou de translation. Une culture en bouillon âgée de 8 à 10 heures nous à paru très favorable à l'étude de cette mobilité. Dans une culture de vingt-quatre heures, la mobilité nous a semblé très diminuée. L'examen d’une goutte écrasée entre lame et lamelle ne permet pas, le plus souvent, d'étudier les mouvements des bacilles dysentériques.
La vitalité de nos germes fut variable. La première culture sur gélose, après l'isolement des selles, fut très fragile ; deux à trois semaines après, les bacilles ne pouvaient être repiqués. Celte vitalité augmentait avec les cultures suivantes, et vers le huitième ou neuvième repiquage, la culture restait vivante quatre à cinq semaines, très rarement six semaines.
Cultures.
Bouillon peptoné.
Viande: de: bœuf... 2. 500 grammes.
; PéRtones, 4. 43. Ha0* raides.
SOLE 7 0e RL 5 grammes.
1 NT ST RNCS PE CD IPS 1" Hire:
Alcaliniser légèrement à la soude.
En bouillon peptoné, le trouble apparaît dès la sixième heure, Au bout de vingt-quatre heures, il à atteint un développement complet; une légère agitation fait apparaitre des ondes moirées analogues à celles des cultures de colibacilles.
Vers le deuxième jour se forme un dépôt glutineux vers le fond du tube. En même temps, une légère collerette se dépose sur les parois à la partie toute supérieure du liquide. Cette collerette nous a semblé plus abondante quand 1l s'agissait de bacilles de Hiss.
L'odeur de nos cultures ne présenta jamais rien de spécial ni d'analogue à l'odeur spermatique produite par le Flexner du laboratoire dont nous nous sommes servi pour nos séro-
diagnostics.
Pre
Gélatine.
MO AURA a en oe 120 grammes.
PÉDTOMÉLSE SLAM IAE 20 grammes.
Chlorère.de sodium... +. -b, grammes.
Éd Céeette rénale 1 litre.
Neutraliser à la soude.
La gélatine n'est pas liquéfiée. En piqüre, il se produit un disque mince à la surface et une strie blanchâtre le long de la piqüre. :
Gélose.
À un litre de bouillon peptoné, il était ajouté 25 grammes d’agar-agar.
Les cultures étaient très abondantes en vingt-quatre heures sur gélose inclinée. Aucun caractère ne permettait de différenciér celle due au type Shiga de celle du type Hiss La strie d'ensemencement était large, épaisse, d'aspect luisant, en somme, l'aspect donné par le colibacille. Toutefois, la plupart de nos cultures avaient un reflet plus opalin, moins mat que le reflet donné par le coli ou le typhique.
Recherche de l'indoi.
Toutes nos recherches ont été pratiquées en eau peptonée composée de :
PODION., eur 0 gr. 05 NACRE a ns ee 0 gr. 025 Eau distillée :. .....: FE MO CC
Pour déceler l'indol, nous utilisions la méthode du professeur Denigès.
1° Ajouter à 5 cc. de liquide 2 ou 3 ce. d'alcool concentré et 0 ce. 5 d'une solution alcoolique de vaniline à 2 grammes par litre et agiler. Verser ensuite dans le mélange 3 ou 4 ce. d'acide chlorhydrique pur; on agite encore pour mélanger. S'il y a de l'indol, il se développe une coloration rouge éosine ou rose,
très stable, présentant une large bande d'absorption dans le vert (1).
Aucun des neuf échantillons de Shiga n'a donné la moindre trace d'indol, même au bout de dix à quinze jours.
L'échantillon 4 ne donnait pas d'indol au septième jour après l'ensemencement. Le vingtième jour, il se produisait une légère teinte rosée.
L'échautillon 6 ne donnait pas d'indol au septième jour, mais au vingtième Jour, la teinte rose était franche, immédiatement après l’action de l'acide chlorhydrique.
Milieux minéraux.
Nous avons utilisé une gélose au plomb de formule suivante :
ÉÉIOSOR CE D Te A 5 CE, Solution de sous-acétate d plomb: du 1/40... ...[V:gouftes.
Aucun de nos échantillons ensemencés sur gélose au plomb inclinée n'a modifié la teinte du milieu, alors que Île bacille d’Eberth du laboratoire noircissait la gélose le long de la strie d'ensemencement.
Milieux vaccinés.
Nous raclions une culture sur gélose âgée de 5 à 10 jours de bacilles de Shiga, de Flexner ou de Hiss; sur la gélose ainsi netloyée, nous ensemencions nos échantillons, aucun ne poussa.
Notre échantillon 51, présentant beaucoup les caractères du colibacille, ne poussait d'ailleurs pas sur des milieux de ce genre.
Lait.
Le lait ne fut jamais coagulé par aucun de nos onze germes spécifiques. Au bout de quinze jours, le milieu jaunissait pour
(1) Travaux praliques de chimie biologique, Bordeaux, Gounouilhou, 1910, p. 49
prendre une teinte franchement orangée vers le vingt-cinquième Jour.
° Action sur les milieux sucrés.
Gélose au rouge neutre.
Gélose fondue.......... NUE EE Bonne sean MÉTIER CIO SC, CR EN AM 0 EL 10 Solution aqueuse de rouge
neutre à 2 p. 100........ Î goutie.
‘ Ensemencés en piqüre, aucun de nos types Shiga ou Hiss ne modifia la teinte du milieu ni ne le fit éclater.
Bouillon lactosé carbonaté.
Botiilon-peptonér27522 10 cc.
LACIDSéSn Tr. 2 CR Lis ie oh
àaà 0 gr. 10.
Carbonate:de chaux. 7,2% &
Aucun dégagement gazeux; le milieu se troublait uniformément et l'agitation faisait voir des ondes moirées.
Géloses sucrées tournesolées.
À un lube de 10 ce. de gélose peptonée ordinaire, nous ajou-
lions 0 gr. 20 du sucre voulu. Après stérilisation en boîte de |
Petri, nous ajoutions 1 ce. de teinture de tournesol stérilisée.
Les sucres dont nous disposions étaient : Île glucose, le levulose, la lactose, la mannite, la maltose et la saccharose. Le tableau suivant exposera mieux nos résultats qu'une disserlation. Par comparaisons, nous donnons les actions des bacilles dysentériques Shiga, Flexner et Hiss (1).
(1) Les échantillons 12, 67, 68 ont été identifiés simplement par des sérums agglutinanls expérimentaux. Le 12 a, en outre, élé éprouvé sur les divers milieux (lait, rouge neutre, elc.).