‹ Étude d'une épidemie de dysenterie bacillaireChapitre 3 sur 48 · PA: RAC · texte numérisé non relu

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anglaise, en Allemagne, en 1743, Strack celles de Mayence en 1757 et 1758. |

Si, en 1792, la bataille de Valmy nous sauva de l'invasion, la dysenterie, qui quelque temps après décima l’armée prussienne, contribua à sa défaite. Pendant les guerres de l’Empire, pendant la campagne de Pologne, notamment, les épidémies furent fréquentes.

La contagion de la dysenterie est admise par la très grande majorité des médecins de cette époque.

Avec la fin des grandes guerres cessèrent pour un temps les épidémies vraiment terribles qui décimaient les armées. Les cas isolés ou peu nombreux deviennent la majorité. Aussi, la notion de contagion s’efface-t-elle; elle est niée par de. de médecins, lrousseau excepté.

Au milieu du xix° siècle, on assiste à un véritable réveil de l'affection ; en quatre ans, de 1855 à 1860, la Suède lui doit 20.000 décès. Pendant la guerre de Crimée, l’armée francoanglaise lui paya un lourd tribut été comme hiver. Même note pendant la guerre de 1870, tant chez les Allemands que chez nous.

Dans l'intervalle des épidémies massives, la maladie restait à l'état endémique dans certaines régions : le camp de Châlons, par exemple. Get état de chose s’est, du reste, peu modifié et certaines garnisons ou de grandes agglomérations urbaines sont à peu près, tous les ans, visilées par'la dysenterie.

IL n’est pas encore possible de dire le nombre de cas qui, depuis 1914, frappèrent les troupes alliées, mais nul doute qu'ils ne soient nombreux si l’on en juge par les travaux publiés à cette occasion.

Voilà, brièvement résumée, l’histoire clinique de la dysenterie. Son histoire étiologique, si l'on peut dire, est beaucoup moins ancienne mais beaucoup plus touffue et compliquée.

Ce n'est que dans la deuxième moilié du xix° siècle que les médecins cherchèrent dans les déjections des malades l'agent pathogène de la dysenterie. Nous disons la dysenterie, car la notion de syndrome dysentérique dû à des germes divers est

toute récente.

En 1859, Lambl est le premier qui signale la présence d'amibes dans les selles d'un enfant dysentérique.

En 1869, Barch observe sur les coupes d'inteslins atteints de dysenterie des filaments du type des leptothrix.

En 1875, Lœrch décrit l'amæba coli, mais n'en fait pas l'agent pathogène de la maladie.

C'est Robert Koch, en 1884, au cours d’une mission en Égypte, qui fit faire un grand pas à la question. Dans les selles des malades, sur les coupes microscopiques des intestins dysentériques, il voit des amibes dont il affirme le rôle pathogène spécifique.

Kartulis confirme ces travaux et décrit les mêmes amibes dans la paroi des abcès dysentériques du foie.

Quatre ans après, en 1888, Chantemesse et Widal, dans une communication présentée à l’Académie de Médecine par Cornil (1) et un article de la Semaine médicale (2), décrivent un microbe de la dysenterie épidémique : « Ge microbe se développe rapidement sur la gélatine, à la température ordinaire Il se présente sous forme de bâtonnet à extrémités arrondies, Il est légèrement ventru et son diamètre transversal augmente après culture successive dans la gélatine nourricière. [Il se développe dans le bouillon, sur la gélose et la pomme de terre, où 1l donne une culture jaunâtre et sèche. Îl est très peu mobile et se colore mal par les matières d’aniline. Il ne fluidifie pas la gélatine et se développe en profondeur comme en surface... ».

Remarquons en passant que la notion de plusieurs germes pouvant donner lieu au syndrome dysentérique n'est pas encore acceptée. |

D'après Dopter, ce serait Lutz (3), en 1891, qui, le premier,

urait nettement distingué la dysenterie amibienne à marche chronique, avec épisodes aigus, de la dysenterie bacillaire à

(1) Chantemesse et Widal, Sur le microbe de la dysenterie épidémique, — Bull. Acad. méd., séance du 17 avril 1888.

(2) Chantemesse et Widal, Semaine médicale, 18 avril 1888.

(3) Zur Kenntniss der AmϾben bei Enteritis und Hepatitis. Centralbl. f. Bakt., 1891, p. 241,

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