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marche épidémique, ne se compliquant pas d’abcès du foie.
Les travaux de Councilman et Lafleur (1) ont une conclusion identique. Le rôle de l’amibiase ne devait plus être sérieusement contesté et c’est seulement sur Îles caractéristiques du protozoaire pathogène que devaient porter les discussions encore ouvertes actuellement. Nous ne nous occuperons plus de lhistoire de la dysenterie amibienne. Seule la dysenterie bacillaire retiendra notre attention.
La communication de Chantemesse et Widal n'eut pas Île retentissement qu’elle méritait. “4
Le colibacille (Chaltin, Celli, Bertrand), le pyocyanique (Bertrand), le streptocoque (Petrides), le bacillus subtilis (Lioubomondov) sont tour à tour présentés comme les agents spécifiques des dysenteries.
Avec les travaux de Shiga (2), en 1898) la question se précise et le germe spécifique de la dysenterie bacillaire est caractérisé d’une façon complète. C'est un cocobacille immobile ne prenant pas le Gram, ne faisant pas fermenter les sucres et fortement agglutiné par le sérum des malades. Le sérum de gens normaux ou atteints d'une affection différente est sans action. Cependant Shiga ne put pas reproduire la maladie chez l'animal.
Kruse, Flexner, Strong et Musgrave, Drigalski, Rosenthal, Vaillard et Dopter confirment les conclusions de Shiga et les complètent. Vaillard et Dopter, notamment, réussissent à reproduire expérimentalement la maladie chez le lapin, le chien, Le porc, etc. En 1904, à Bordeaux, M. Auché (3) retrouvait le bacille décrit par Shiga.
Mais les bactériologistes ne tardèrent pas à signaler des différences entre les germes dysentériques.Se basantsur l'agglutination, Kruse, etsurtout Martini et Lentz, montrèrent que le sérum d’un animal immunisé avec des bacilles de Shiga n'aggluti-
(1) Councilman et Lafleur, Amæbic dysentery, — The John Hopkins Hopital Reports, 1891.
(2) Shiga, Ueber den Dysenteriebacillus, — Centralbl. f. Bakler, 1898, p. 817.
(3) Auché, La dysenterie bcilluire à Bordeaux, — Presse médicale, 24 mai 1905.
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nait pas ou presque le bacille que Flexner avait isolé à Manille. De même, le sérum d’un animal vacciné avec un bacille Flexner- Manille n’agglutinait pas le bacille de Shiga. |
Len!z étudie l’action des bacilles isolés des selles dysentériques sur les hydrates de carbone additionnés de tournesol. Les germes Jsolés par Shiga, Kruse, etc., restent sans action sur la mannile et le maltose que le germe de Flexner-Manille fait fermenter. De plus, Lentz, constatant la virulence du bacille de Shiga injecté aux animaux et l’innocuité de celui de Flexner, en arrive à douter du rôle dysentérigène de ce dernier : ce ne serait qu'un bacille pseudo-dysentérique, le bacille de Shiga étant le seul germe de la dysenterie proprement dite.
Celte notion de microbe pseudo ou paradysentérique allait se développer sans arrêt jusqu'à notre époque. Park, Collins et Goodwin, puis Castellani, Hiss proposent des classifications analogues. Celle de Hiss est une des plus connues; cet auteur distingue qualre groupes :
Premier groupe. — Shiga-Kruse : Ne fait pas fermenter la mannite, fait fermenter les monosaccharides (glucose, levulose).
Deuxième groupe. — Bacille Y. de Hiss : Fait fermenter la mannile et les monosaccharides.
Troisième groupe. — Bacille de Stroug : Fait fermenter la saccharose, la mannite et les monosaccharides. È
Quatrième groupe. — Bacille de Flexner-Manille : Fait fermenter la mannite, le maltose et les monosaccharides.
En 1906, Shiga reprend la question et ajoute aux quatre types décrits par Hiss un cinquième bacille qui fait fermenter la mannite, mais, qualre Jours après, laisse le milieu redevenir alcalin.
Nous verrons dans la suite de ce travail ce qu'il faut penser de ces classifications basées sur les réactions en milieux sucrés.
En 1909 parait La remarquable monographie de Dopter; elle résume les travaux de son auteur soit seul, soit en collaboration avec Vaillard et Sicre. Nous ne pouvons mieux faire que de citer le lexte même de Dopter (1) : « On ne trouve daus les
(1) Ch. Dopter, Les dysenteries (O0. Doin, 1909), p. 120.
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recherches biologiques aucun fait suffisamment probant pour permettre de dissocier la dysenterie bacillaire. Si, d’une façon générale, on peut admettre, du moins actuellement, que les bacilles dysentériques doivent être rangés en plusieurs groupes et représentent plusieurs races, 1l est inexact de prétendre tout d'abord que la race de Flexner (Manille) doive être dénembrée. De plus, au point de vue de la spécificité, ces races ne sont pas différentes (réaction de Kraus et surtout réaction de fixation de Bordet). Si donc on ne peut encore proclamer l'identité des bacilles dysentériques, on peut affirmer leur unité spéci-. fique. |
» Par conséquent, il n'est pas soutenable de reconnaître à chacun des germes dysentériques connus le pouvoir d’engendrer des formes spéciales bien tranchées de dysenterie bacillaire. Les faits cliniques, étiologiques, épidermologiques, qui ont été mis en valeur, s'opposent formellement à cette conception. Les étiquettes de « dysenterie vraie », de « pseudo-dysenterie », de « dysenterie.des aliénés », de « dysenterie des enfants » doivent disparaitre pour laisser exclusivement place au seul terme « dysenterie bacillaire ». [l est, en un mot, impossible d'admettre la pluralité des dysenteries bacillaires; l’unité de la dysenterie bacillaire est la seule conclusion logique, rationnelle, qui découle des faits mis en évidence dans celte étude ».
Ces conclusions ne furent pas adoptées par tous les bactériologistes, et dans un très important article des Annales de l’Institut Pasteur de mars 1912, Gryglewiez (1) écrivait : « En généralisant Les résultats de mes expériences, je ferai remarquer qu'elles démontrent l'identité de toutes les cultures du bacille dysentérique et l'existence de nombreuses variétés de cultures paradysentériques. Elles ont été exécutées d’après la méthode ci-dessus et ne révèlent aucune parenté entre les bacilles dysentériques et paradysentériques. Les expériences d’aggluti-
(1) Gryglewicz, Les agqlultinines el les substances sensibilisatrices des sérums anlidysentériques.