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+ signifie que la teinture de tournesol vire au rouge.
Ensemencés en piqûre sur les diverses géloses sucrées, aucun des bacilles spécifiques ne produisit de gaz.
En résumé, nos échantillons agglutinés par le Shiga-sérum ne produisirent d'acides qu'avec le glucose et le levulose. Les deux échantillons 4 et 6 agglutinés par le Fiexner-sérum firent en outre fermenter la mannite.
Nous n'avions pas la compétence voulue pour analyser chimiquement les acides produits. Sans doute s'agit-il d'acide lactique et acétique, d'acide formique même, comme c’est Le cas pour les fermentalions des milieux sucrés dues au coli.
Agglutination.
Tous les échantillons isolés des selles de nos malades, sans aclion sur les milieux lactosés, ont été soumis à l’action des sérums expérimentaux de l’Institut Pasteur. Au début, nous ne disposions pas de Hiss-sérum, mais nous en avons préparé en
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inoculant à un lapin des cullures de notre échantillon 4. Le Shiga-sérum n'agglutinait pas les cultures de Flexner. Le Flexner sérum était sans action sur les cultures de Shiga, mais agglutinait très bien nos germes type Hiss. L'on sait que cela est normal, les types Flexner et Hiss ne différant que par le pouvoir du premier de faire virer au rouge la gélose mallosée tournesolée, alors que le second donne des colonies bleues.
Nous diluions les sérums expérimentaux à 1/40 dans du sérum physiologique et mettions 1 goutte de cette dilution en présence de 24 gouttes d'une culture de vingt-quatre heures en bouillon du germe à étudier, nous avions donc une dilution au 1/1000. Le mélange était contenu dans des tubes de 8 millimètres de diamètre et laissé vingt-quatre heures à la température du laboratoire. Les résultats étaient notés au bout de ce délai. Nos échantillons 1, 3, 5, 12, 16, 62, 68, 77, 78 ont été très nettement agglutinés par le Shiga-sérum. Le liquide devenait très clair et tous les bacilles s’amassaient au fond du tube; une légère agilation remettait en suspension de gros grumeaux. Nos échantillons 4 et 6 ont présenté le même phénomène en présence du Flexicr-sérum.
Le chauffage pendant une heure à 58 degrés diminue l'agglulinabilité des cultures, mais ne la supprime pas. Les sérums expérimentaux Îles agglutinaient à 1/500, mais non plus au 1/1000.
Tous nos échantillons ont également été soumis à l’action des sérums expérimentaux typhiques, Para À, Para B, mais sans le moindre résullat. Nous n'avons jamais observé l'association typho-dysentérique signalée par Noc, Étienne, etc.
Déviation du complément.
Cette question a été étudiée pour la première fois par Dopter, dans les Annales de l’Institut Pasteur du 25 décembre 1905: dans sa Monographie sur les dysenteries (p. 92 et s.), il a résumé ce travail. Il concluait de ses expériences que : le sérum d'un malade atteint de dysenterie bacillaire, quel que
soit le type du germe en cause, est capable de sensibiliser au méme taux (1) tous les échantillons de bacilles dysentériques qu'on met à son contact... Ces résultats sont en concordance mauileste avec ceux que la même étude a fournis avec les sérums d'animaux vaccinés ».
La technique employée (nous sommes en 1905) est passible de critiques importantes : pas de titrage des antigènes, ni du complément; système hémolytique peu précis, etc.
Aussi, en 1909, Gryglewiez reprenait-il la question, dans le laboratoire de Palmirski, à Varsovie. Les Annales de l’Institut Pasteur publiaient le résultat de ces travaux dans leur numéro de mars 1912 (2). La technique employée était celle que Wassermann venait d'appliquer au diagnostic de la syphilis. Les divers éléments de la réaction étaient préalablement litrés, mais la dose de complément emplovée (0,1 cc. de sérum frais de cobaye) était cerlainement exagérée et enlevait de sa sensibilité au procédé. La dose de complément et d’antigène élait la même pour les trois tubes de lecture: seule la dose de sérum à examiner variait.
En présence d’un sérum de lapin vacciné avec du bacille de Shiga, seuls les antigènes Shiga dévièrent le complément; les antigènes du type Flexner n’empêchèrent pas l'hémolyse. Réciproquement, en présence d’un sérum de lapin immunisé avec du bacille de Flexner, les antigènes Shiga n’empêchèrent pas l’'hémolyse, alors que les antigènes Flexner déviaient le com plément. Aussi Gryglewicz concluait-il que ses expériences « n'ont révélé aucune parenté entre les bacilles dysentériques et paradysentériques ».
À peu près à la même époque, Amako et Kojima (3) injectaient à des lapins plusieurs types de bacilles dysentériques isolés au cours d'une épidémie. De leurs (travaux, ils concluaient à la nécessité de rechercher la sensibilisation dans le sérum
(1) C'est nous qui soulignons.
(2) Les agalulinines el les substances sensibilisatrices des sérums dysentériques, par T. Gryglewicz. |
(3) Amako et Kojima, Zeitschr, für Immunitälforschr., 25 septembre 1909,
d'un animal avant seulement reçu une injection de bacilles. De celte façon, l’on ne décèle qu’une sensibilisatrice spécifique se fixant uniquement sur le germe injecté au lapin. Des injections -répétées feraient apparaitre des cosensibilisatrices.
Nous-même, en collaboration avec le docteur E. Duhot, chef de clinique à la Faculté de Lille, avons repris cette question (1). Cinq lapins ont été mis en expérience. Deux sont morts de septicémie rapide sans que nous ayons pu étudier leurs réactions humorales. Trois ont survécu : l’un fut injecté avec le bacille de Flexner du laboratoire; les deux autres avec un bacille de Hiss isolé au cours de l'épidémie. Une culture de vingt-quatre heures sur gélose était émulsionnée dans 5 ce. de sérum physiologique. L'intervalle entre les injections était d’une semaine; le mode d'injection : la voie intraveineuse. La première dose était de { ce. d'une émulsion chauffée une heure à 58 degrés ; la deuxième, 3 cc. d'une émulsion chauffée: la troisième, 3 ce. d’émulsion non chauffée, la quatrième, 5 cc. d'une émulsion non chauffée, soit la Lotalité d’une culture.
La technique employée fut celle de Calmette et Massol, avec les modifications de Mathis et Labougle (2).
Antigène : Émulsionner dans 8 cc. d’eau distillée stérile une culture de vingt-quatre heures sur gélose; laisser macérer vingt-quatre heures à la température du laboratoire. Centrifuger vingt minutes à grande vitesse. L'autolysat surnageant servait d'antigène. Il était rigoureusement titré et employé à la dose de 1/10 de cc. de la dilution convenable.
Sérum à étudier : I était chauffé un quart d'heure à 56 degrés.
Complément : Sérum de cobaye prélevé moins de cinq heures avant de l'utiliser. [l était dilué au 1/20, les doses employées éfaient de 1/10, 2/10, 3/10 et 4/10 de ce.
L'antigène et le sérum à étudier étaient en quantité égale dans tous les tubes, seul le complément variait.
(1) E. Duhot et R. Damade, Sur les sensibilisatrices anlidysentériques, — Journ. méd. Bordeaux, 10 juillet 1919.
(2) Presse médicale, 21 janvier 1919.