CONCLUSIONS
I. L'épidémie de dysenterie bacillaire ayant sévi à Bordeaux pendant l’été 1918 est due au bacille de Shiga. Nous n'avons rencontré que deux fois le bacille de Hiss et jamais celui de Flexner.
1. Les formes graves ont élé l'exception (7,35 p. 100); la mortalité n’a pas dépassé 2 p. 100 dans le milieu militaire.
IT. Les syndromes cliniques observés ne diffèrent pas des types classiques. Les complications nous ont paru peu nombreuses. Quelques cas d'insuffisance surrénale pendant la convalescence.
IV. Sans amener des résultats aussi rapides que dans la diphlérie, la sérothérapie nous semble très supérieure aux anciennes méthodes de traitement : 40 ce. sont une dose minima dans les formes bénignes. Dans les formes sévères, nous soinmes tenté de dire qu'il faut injecter, par vingt-quatre heures, autant de ce. de sérum qu'il v a de selles. Les doses de 109 cc. pro die ne sont pas exagérées dans les formes très graves.
Celte thérapeutique a produit son effet habituel sur nos malades infectés par le Shiga. Dans les cas dus à d’autres germes, la vaccinothérapie nous semble appelée à rendre de grands services.
V. L'analyse bactériologique des selles est le principal moyen de diagnoslic à employer. Cette analyse, pour réunir le plus de chances de succès, doit être précoce et répétée. Les matières doivent être ensemencées au lit du malade et toujours moins d'une heure après leur prélèvement. Cet examen bactériologique est, pour le diagnostic des syndromes dysentériques, ce que l'hémoculture est pour le diagnostic des affections typhoïdiques.
DE T ER Re
VI. Le séro diagnostic pour le bacille de Shiga est étroitement spécifique. L'agglutination à 1/25 est valable. Pour le bacille de Flexner, les indications des ouvrages classiques sont à modifier : une agglutinalion à 1/300 doit seule être considérée comme valable.
VIT. L'immunité naturelle du lapin contre le bacille de Flexner ou de Hiss, affirmée par beaucoup d'auteurs, nous parait exagérée. Un tiers de nos lapins succomba de seplicémie après injeclions intraveincuses de très faibles doses de ces bacilles.
VIIL. Dans le sérum de lapins injectés avec du bacille -de Flexner ou de Hiss, il existe une sensibilisatrice plus active pour ces germes que pour le bacille de Shiga. Dans le sérum des malades infectés par le bacille de Shiga, il existe, dans la plupart des cas, une sensibilisatrice pour ce germe, mais rarement pour le bacille de Flexner.
IX. Il faut procéder très prudemment avant d’attribuer un rôle étiologique à un germe alypique, mais il est impossible de nier l'existence de dysenteries dues à des bacilles différant du type Shiga. Aussi l'examen bactériologique des selles est-il à insliluer dès l'apparition d'un syndrome dysentérique. De cet examen dépendent le traitement et souvent la vie du malade, puisqu'il permet de savoir si l'on peut utiliser un sérum spécifique tout prêt ou bien si l’on doit recourir à une vaccinothérapie appropriée.