‹ Étude de 14 Observations d'Hémorragies Secondaires Tardives du Post-Partum: Travail de la Maternité de la Charité, Dr TrillatChapitre 19 sur 28 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LE MÉCANISME DE L'ACCOUCHEMENT OU DE LA DÉLIVRANCE PEUT-IL ÊTRE INCRIMINÉ ?

1° Le mécanisme de l'accouchement ne semble pas agir comme cause favorisante dans la production des hémorragies secondaires. En effet, nous avons seulement noté 4 cas d’accouchements compliqués :

2 cas de rupture prématurée des membranes ;

1 cas d'hémorragie du début du travail ;

1 cas d'accouchement prématuré à 5 mois 1/2.

Toutes les autres observations sont celles d’accouchements normaux, de sommet en majorité ;

2° Il n'en est pas de même du mécanisme de la délivrance et il est certain que c’est là, la plupart du temps, que l’on trouve la cause de l’hémorragie secondaire. Si l'on veut bien se reporter au tableau d'ensemble des hémorragies secondaires du Post-Partum, on voit que l'hémorragie est liée souvent (4 cas) à la présence dans l'utérus de débris placentaires (placenta ou membranes) qui ont échappés à l'examen habituel du placenta et des membranes,

La proportion des hémorragies par rétention (4 cas pour 14 opérations) paraît faible au premier abord, mais il est bien certain que ce taux est inférieur à la réalité parce que des débris peu importants ont pu passer inaperçus au milieu des caillots.

Comme le dit NOGUÈRE dans sa thèse : « Il existe quel-

MR TEE

ques cas d'hémorragies du Post-Partum après des suites de couches en tout point normales et aucune indication ne vient éclaircir le problème diagnostic. Remarquant que les pertes de sang cessèrent complètement et aussi brusquement qu'elles étaient apparues, ne pourrait-on pas supposer plus simplement dans ces cas que les hémorragies furent sous la dépendance d'un débris placentaire dont l'expulsion spontanée au milieu des caillots est passée inaperçue ? Il aurait fallu, pour découvrir ce débri, petit, enrobé de fibrine, examiner les caïllots un à un ».

Nous pensons, nous aussi, que cette hypothèse est très vraisemblable et nous retrouvons dans nos observations un certain nombre de cas qui semblent la justifier.

Ce sont ces cas d'hémorragies secondaires avec suites de couches normales ou légèrement fébriles, où l'on observe une cessation spontanée de l’'hémorragie avec guérison rapide.

Nous sommes persuadés que l'examen microscopique, le plus souvent insuffisant (la phrase « on retire quelques débris peu caractéristiques » se retrouve dans beaucoup d'observations) devrait être accompagné d’un examen histologique qui donnerait souvent des renseignements précis sur la cause de l’hémorragie et, de ce fait, la plupart du temps une rétention placentaire serait décelée.

Quoiqu'il en soit, un fait surtout est intéressant à noter, c'est le peu de valeur que l’on doit accorder à la soidisante intégrité des annexes fœtales,

Il est curieux, en effet, de noter que pour tous les cas d'hémorragies secondaires liées à une rétention cotylédonnaire certaine, les observations mentionnent : « les annexes fœtales paraissent normales ».

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