HISTORIQUE
Il semble que les hémorragies secondaires des suites de couches n’ont été décrites qu'au cours du siècle dernier. Si l'on parcourt les auteurs (SMELLIE, VELPEAU, CAZEAUX) On trouve des faits assez nombreux qui ont trait à des hémorragies du Post-Partum. Ces auteurs attribuent les hémorragies des suites de couches le plus souvent à une rétention placentaire partielle, mais par contre aucune différenciation nette n’est faite entre les hémorragies primiti ves et les hémorragies secondaires.
En somme, la rétention placentaire est la cause presque uniquement reconnue des hémorragies secondaires du Post-Partum ; cependant, VELPEAU et VIRCHOW signalent et décrivent « des coagulations sanguines se déposant au niveau de l'insertion placentaire sur les thromboses qui normalement oblitèrent les sinus utérins ».
Ces coagulations furent trouvées uniquement constituées de sang, et ne présentant pas de tissu placentaire,
d'où le nom de « polypes fibrineux » qui leur fut donné. On peut se demander si ces hémorragies n'étaient pas dues plutôt à une infection locale utérine.
C'est en 1840 que KERMAUNER et ROBERTSON ébauchent la première étude de ces hémorragies.
En 1880, la première classification des différentes hémorragies des suites de couches est faite dans la thèse de PELAPRAT.
Nous ne citerons que les causes locales :
a) La rétention de portions de placenta ou de membranes qui paraît une des causes des plus communes de l'hémorragie puerpérale secondaire ;
b) L'inflammation favorisée par la régénération de la muqueuse utérine en état de moindre résistance. L’hémorragie qui est le signe le plus fréquent, sinon constant, des inflammations de l'utérus ou des organes annexes apparaît donc d'autant plus souvent dans les suites de couches.
Plus tard, en 1889, F.-A. KEHRER montre que la pratique d’une technique de délivrance est d’une asepsie meilleure a abaissé le nombre des hémorragies du Post- Partum. D'ailleurs, l'importance de l'infection dans la génèse de ces hémorragies n’était pas passée inaperçue, et BUDIN (in TARNIER et BupiN) signalent des cas où le suintement sanglant des premiers jours du Post-Partum continue pendant 2 à 3 semaines chez des femmes dont les suites de couches ont été subfébriles. Dans ces cas-là il existe des signes locaux constitués par : un utérus gros, mou, quelquefois douloureux.
EN Ts
Bunin disait : « C’est un utérus à nettoyer ».
Quant à COMMANDEUR (in BAR et BRINDEAU) il ne fait qu’une petite place aux hémorragies secondaires tardives en signalant qu’elles font suite d'ordinaire à des rétentions placentaires partielles.
Cependant, les hémorragies de ce type restent rarement latentes plus de 8 à 10 jours. Celles qui apparaissent au delà du quinzième jour sont le plus souvent dues à une inflammation utérine, « à une endométrite puerpérale d'origine infectieuse ».
Dans ces cas-là, les signes locaux existent toujours utérus gros, mou, en subinvolution.
En somme, 1l est curieux de constater que jusqu’à ces derniers temps les auteurs classiques paraissent non pas ignorer les hémorragies d’origine infectieuse, mais les traiter comme des accidents très rares et pratiquement inexistants.
Pour eux, les hémorragies secondaires du Post-Partum sont dues à des rétentions partielles du placenta.
C'est avec COUVELAIRE, à la suite d’une communication à la Société d'Obstétrique et de Génycologie, en 1926, qu'on commence à attribuer une véritable importance aux hémorragies secondaires sans rétention placentaire.
La thèse de DIGONNET, en 1928, inspirée par COUVELAIRE, marque la consécration de cette période en marge du classicisme.
Il étudie les 2 tvpes d’hémorragies et dans un tableau d'ensemble les oppose. Il montre que les hémorragies par rétention placentaire partielle sont beaucoup plus
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graves que les autres, mais que leur proportion par rapport au total de ces hémorragies est de 1 à 2. Il fait remarquer, d'autre part, que le diagnostic sans exploration intra-utérine est presque toujours impossible.
Quant au traiternent, il pose des problèmes thérapeutiques délicats, mais un point essentiel en ressort déjà, c'est que le curage dans les hémorragies par infection est une mauvaise intervention qui donne un coup de fouet à cette infection en détruisant les barrières locales et, de ce fait, provoquant l'apparition d’une Septicémie.
Vers la même époque, l'Ecole Lyonnaise avec M. le Professeur Voron, s'occupe activement de la question et de nombreuses publications viennent peu à peu renforcer les idées nouvelles émises sur ce sujet.
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