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Les signes radiologiques;
Les enseignements de la courbe thermique:
Les variations du poids;
La bacilloscopie.
D'autre part, remarquons qu’une tuberculose unilatérale avec pneumo-thorax et traitée en milieu sanatorial est probablement plus à même de servir la cause d’une chimiothérapie associée, qu’une tuberculose fibro-caséeuse bilatérale soignée dans un hôpital ou un centre de lutte antituberculeuse de Paris.
Les observations qui nous ont été communiquées et celles que nous avons pu prendre nous-même ne concernent pratiquement que des cas sévères, bilatéraux, évolutifs, et avec riche symptomatologie. Là où ils sont favorables, les résultats n’en sont que plus probants.
Voici maintenant ce que nous avons pu observer, au cours du traitement par les métallo-stérols, sur chacun des tests d’évolution énumérés plus haut :
a) Action sur l'état général.
Nous débutons par celle-là parce qu’elle ne manque pour ainsi dire jamais; au bout de cinq ou six injections, il y a reprise de l’appétit, reprise des forces, retour à l’euphorie; tout cela, plus ou moins net, mais indéniable.
Encore qu’on puisse objecter le caractère influençable de ces malades, nous avons vu chez certains s’opérer de véritables redressements psychiques, parce qu’ils éprouvaient pour la première fois depuis longtemps la sensation de faim et de mieux être.
Sur quarante malades, il ne s’en est trouvé guère que six dont l’état général ne fut favorablement influencé.
b) Action sur les signes stéthacoustiques.
Considérée sous l’angle de la statistique, elle s’est trouvée beaucoup plus irrégulière que la précédente. Les malades traités présentaient tous des symptômes cliniques abondants et nets.
DAY .Y iares
Pratiquement, chaque fois qu’on a pu noter une amélioration d'ensemble, les signes stéthacoustiques se sont éteints graduellement, soit en totalité, soit partiellement; les signes d’assèchement sont les plus précoces : disparition des gargouillements, disparition progressive des râles muqueux, ou rétrécissement de
leur zone d’audibilité.
c) Action sur la courbe thermique.
Cette action est remarquablement constante et précoce. C’est là probablement qu’on put enregistrer les résultats les plus formels ei les moins discutables.
Voici sur quarante malades traités ce que l’on a obtenu
Malades traités. Chute de temp. immédiate. Chute de temp. tardive. Pas de résultat. 40 16 12 12 o o € A 40 30 % 30
Il n’a été considéré comme chute vraie de température que des abaissements d’au moins 1°5, par exemple de 39° vespéral à 37°5 vespéral.
Par chute immédiate, il faut entendre un résultat constatable
dans les trois premiers jours de traitement; pour une chute tardive, il faut attendre de dix à quinze jours.
On pourrait aussi distinguer en chutes de température lentes et rapides, suivant que la courbe s’abaisse en plusieurs jours ou du jour au lendemain.
Nous pensons qu’on peut évaluer ces deux modes de chute à la même proportion pour chacune des catégories de cas favorables, ce qui fait : |
Chute immédiate Rapide AR 20 p. 100 Chute immédiate lente Re ee RL 20 == Chute tardive rapide: PR RENTE TER 15 —=
Chute tardive lente .............. ent 2 Ta de 15 ——
des cas traités.
Eh.
Evidemment, ces résultats qui portent sur un nombre relativement restreint de cas ne peuvent prétendre être définitifs. C’est simplement ce que nous avons nous-même observé.
Voir les deux courbes des observations 11 et 13.
Nous signalons que le malade désigné par la première courbe était porteur de très grosses lésions avec état général sévère. Il a quitté l’hôpital sur sa demande après deux séries de métallostérols et apyrétique (37°2 le soir).
Enfin, sur le total de quarante cas, on a pu deux fois constater une élévation de la courbe thermique, la première fois dès la première injection, la seconde fois après la quatrième. Il s’agissait de malade en période terminale. Nous citons ces deux cas par souci de rigueur.
d) Action sur le poids.
Quand les métallo-stérols n’auraient, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas, sur les tuberculeux que le seul pouvoir de leur faire gagner quelques kilogrammes, ils auraient déjà droit à la considération.
Cette augmentation de poids est un élément assez constant dans l’ensemble de nos observations.
Il s’agit naturellement d’augmentations de toute grandeur, depuis 1 kilo jusqu’à 12 kilos.
Le maximum que nous avons noté nous-même est précisément de 12 kilos, résultat obtenu en trois mois avec un total de vingtquatre injections de 5 cc.
En moyenne, ces augmentations de poids sont de deux à trois kilogrammes, et le temps qu’on met pour y atteindre se chiffre à peu près par six à dix semaines, c’est-à-dire le délai nécessaire pour pratiquer deux séries de vingt-quatre injections.
Voici quelques chiffres à cet égard :
Malades pesés. Augm. de poids. Résultat nul. Fléchissement du poids.
= (H0se e) Action sur la bacilloscopie.
Notre observation a porté sur un total de dix malades dont les expectorations étaient régulièrement contrôlées.
Tous les examens ont été faits après homogénéisation. Nous n’avons pu noter que deux négativations indiscutables, et six raréfactions, dont le taux (évalué en bacilles par champ) a été confirmé par plusieurs examens. Ce qui se traduit par :
STCRIISATIONS SNA er SE COR ET 20 p. 100 RATÉ ACTION ENS RS RE PS RS 60 — RÉSULEAE DOI RSR PRE RE Le 20 =
Il est certainement un peu osé de parler de pourcentage, quand on ne peut s’en rapporter à plus de dix cas. C’est pourquoi, là encore, nous donnons ces chiffres sans commentaire.
f) Modification radiologique.
Tous les malades soumis au traitement par les métallo-stérols ont été radiographiés avant et après la première ou les deux premières séries d’injections.
D'une manière générale, ce qui a pu être constaté dans les cas favorables, c’est la disparition ou l’effacement des lésions jeunes, des lésions d’extension : les infiltrations para-hilaires, les opacifications légères au voisinage d’une lésion nette (caverne, par exemple), les ombres ganglionnaires médiastinales.
On trouvera ci-après deux schémas caractéristiques à cet égard.
Il n’est évidemment pas question de voir s’effacer des lésions fibreuses anciennes.
En résumé, dans la tuberculose pleuro-pulmonaire, compte tenu de l’examen de tous ces différents critères d’évolution, on peut se rallier à peu près aux chiffres suivants :
Mlle S.…., 19 ans. — Atteinte ulcéro-caséeuse bilatérale avec grosse spélonque à gauche, lobite supérieure droite, et lésions envahissantes à gauche. Quarante-huit injections de métallo-stérois. Net éclaircissement du champ gauche. Spélonque à contours nettement plus flous.
Dans un premier groupe, on fera rentrer les cas de tuberculose pulmonaire évolutive, avec conservation de l’état général, et apyrexie ou pyrexie inférieure à 38° :
Gasttraités 412
Améliorations continues avec possibilité de consolidation
LHÉTICUTE En ne MAÉ ENS OM T ee 8 ou 66 p. 100 ATIÉOTALIONS DASSASCEES 77 ; Come Le à 2 ou 16,5 — Echecs, A8gravations ehosrrumentt 2 ou 16,5 —
Dans un second groupe, on classera les tuberculoses bilatérales évolutives avec signes généraux d'infection marquée
Cas traités : 28.
Améliorations continues avec possibilité de consolidation
MIPOROUT Em es eut naine che dun nue 11 ou 39 p. 100 Améliorations passagères .............. 10 ou 35,5 — HChecs A2STAVAHONS Lun... 7 ou 25,5 —
C'est-à-dire que, grossièrement, on peut espérer devant des tuberculoses au début deux tiers de bons résultats pour un tiers de mauvais ou de douteux, et que pour des tuberculoses graves et avancées, la proportion devient à peu près inverse.
Les observations qui suivent illustrent bien cette activité des métallo-stérols dans la tuberculose pulmonaire.
ADS
Ces observations ont été recueillies principalement dans les hôpitaux de l’Assistance publique de Paris, à Bichat, à Lariboisière, à La Charité, à l’Hôtel-Dieu.
Nous exprimons ici nos remerciements aux médecins qui nous ont reçu et aidé dans leurs services, et ont ainsi facilité notre travail.
Nous n’avons pas cru devoir publier toutes les observations. Certaines ne présentent que des modifications partielles, sur la fièvre ou le poids; d’autres, prises sur des malades en période ultime, ont été interrompues par des décès.
OBSERVATION N° 1 (Hôpital de La Charité).
Mme B..., âgée de 33 ans, entre dans le service le 22 janvier 1932, pour tuberculose ulcéro-caséeuse du sommet droit. En effet, depuis à peu près deux mois, la malade avait présenté les signes classiques d’imprégnation bacillaire : état subfébrile avec frissons, asthénie, amaigrissement, anorexie, sueurs nocturnes. De plus, un point de côté siégeant au niveau de l’omoplate droite est apparu, s’accompagnant de toux, mais avec une expectoration très minime.
L'examen à l’entrée précise les présomptions de l’interrogatoire et chez cette malade on constate tout d’abord une notable diminution du murmure vésiculaire sur toute l’étendue des deux champs pulmonaires.
Cependant, c’est au sommet droit que les troubles stéthacoustiques sont les plus nets :
En arrière :
Matité de toute la région apicale ; Respiration très soufflante; Retentissement de la voix;
Eclat caractéristique de la toux; Pectoriloquie aphone.
En avant :
Peu de chose, mais après la toux des craquements assez nombreux.” Par ailleurs, le sommet gauche ne semble pas présenter de lésion de ramollissement, le pouls est rapide comme c’est l’habitude dans la bacillose, la pression artérielle est normale : 11-7 au Vaquez. L'état
général est assez touché, la malade pèse 37 kg. 200, la température atteint 38°4 presque tous les soirs.
Les deux examens complémentaires sont alors demandés.
ce Dies
Examen de l'expectoration, le 30 janvier, qui se montre négatif à l'examen direct, mais positif après homogénéisation.
Radiographie le 3 février, qui donne la réponse suivante :
< Infiltration diffuse du sommet droit avec deux cavernes du diamètre d’une pièce de 1 franc, quelques taches suspectes au sommet gauche, grosses adénopathies bilatérales. »
On commence alors, le 5 février, le traitement par les métallostérols, la malade ne pouvant être envoyée hors de Paris pour le moment. Ce traitement est bien supporté, sans douleur locale ni réaction générale et, le 12 février, la température vespérale commence à se stabiliser à 37°4. On continue cette thérapeutique lorsque le 25 février la température monte brusquement à 39°, mais il s’agit là d’une affection grippale passagère dont le diagnostic s'appuie sur la présence d’un coryza, de douleurs lombaires et de courbature généralisée avec asthénie marquée, et sur le fait qu’il y a dans la même salle des états semblables. Maïs la série de métallo-stérols étant à peu près finie, on interrompt le traitement pendant la durée de la grippe, pour la compléter les jours suivants jusqu’à ce que la malade ait reçu les vingt-quatre injections réglementaires.
Cette série unique a eu une action très nette qui s'illustre sur l’allure de la courbe thermique.
En même temps que la température se stabilisait entre 36°6 et 37°4, le poids suivait une progression remarquable de semaine en semaine : 37 kg. 200, 38 kilos, 38 kg. 200, pour atteindre 39 kg. 500 et enfin 40 kg. 700, soit 3 kg. 500 d’augmentation.
D'ailleurs, l’amélioration se manifeste également sur tous les autres symptômes :
L’état général est bien meilleur, l’asthénie a disparu, la malade a de l'appétit. I1 n’y a plus ni point de côté, ni toux, ni frissons, ni sueurs nocturnes.
A l’auscultation du sommet droit :
En arrière :
Plus de matité;
Murmure vésiculaire plus net;
Signes spélonquaires moins nets.
En avant :
Plus de craquements.
La radiographie faite dans le service permet de noter :
« La persistance d’une des deux cavernes, les contours de l’autre sont moins nets. Les taches du sommet gauche ont disparu. »
OBSERVATION N° 2 (D' BAyaRD).
M. R.…, 27 ans, vient consulter le 10 septembre 1931. Il se plaint d’essoufflement, a maigri, bien que le poids soit encore de 72 kg. 500. Le sommeil est irrégulier, avec transpirations nocturnes. La toux est fréquente et grasse, surtout le matin, l’expectoration abondante avec nombreux bacilles de Koch. Plusieurs hémoptysies abondantes. L’auscultation révèle une forme congestive ulcéro-caséeuse. Petits râles fins au sommet gauche et à la partie moyenne; en avant, petite spélonque sous-claviculaire : ràles humides et souffle.
L’appétit est mauvais, irrégulier, le teint pâle.
La radiographie révèle un sommet gauche voilé, avec extension au lobe moyen qui est très voilé.
Le poumon droit est légèrement obscur et non parfaitement homogène.
La température varie le matin entre 37°3 et 37°8; le soir, elle évolue irrégulièrement entre 38° et 38°5.
Il s’agit donc incontestablement d’une forme de tuberculose évolutive grave.
Le traitement est commencé aussitôt avec une ampoule de cinq centimètres cubes de métallo-stérols, vingt-cinq piqûres, six par semaine, avec un jour de repos. Aucune douleur, ni réaction. Dès les quatre ou cinq premières piqûres, le malade retrouve l’appétit, se sent mieux et l’amélioration se poursuit jusqu’à la fin de la série. A cette époque, le poids n’est pas encore très sensiblement modifié, 73 kilos, mais la température a déjà sensiblement baissé et ne dépasse pas 37°, 37°3 le matin et 37°8 le soir. L’appétit est excellent, et les forces complètement revenues. L’auscultation dénote un résultat remarquable : aucun signe évolutif, sauf persistance de l’obscurité des trois quarts du poumon gauche. Normal à droite.
Une seconde radiographie, faite le 9 octobre, montre une notable
éclaircie, surtout à la base du poumon gauche. Le poumon droit est encore légèrement voilé.
EROTE
OBSERVATION N° 3 (D' Bayarp).
M. D... 48 ans, m'est adressé par son médecin, le D' LECLERC-MonTtT- MOYEN, de Paris, le 2 octobre 1931. Nous avions vu le malade ensemble, à son domicile, au début de septembre. Il s’agissait d’une spléno-pneumonie intéressant tout le poumon droit, avec température très élevée, jusqu’à 40°. Le poids était, à cette époque, de 69 kg. 200, soit un amaigrissement d’environ 6 kilos. L’examen des crachats ne révèle pas de bacilles de Koch (mais une flore microbienne abondante diplocoques encapsulés et nombreux staphylocoques). La radiographie pratiquée le 3 octobre est caractéristique : infiltration parenchymateuse et pleurale du côté droit de la base au sommet. Infiltration péribronchique du sommet et du hile gauche. Petites images cavitaires à stades évolutifs divers.
L’auscultation révèle des foyers de râles abondants à la partie moyenne et au sommet droit. Obscurité respiratoire au sommet et au hile gauche.
L’état général est mauvais, le malade est très essoufflé, l'appétit est faible : il a perdu ses forces et ressent une grande lassitude. La température est de 37°2, 37°4 le matin, et avoisine 38° le soir.
Je commence aussitôt le traitement par les métallo-stérols. Il sera poursuivi tous les jours, du 3 octobre au 5 novembre, soit environ un mois de traitement. Aucune douleur, aucune réaction.
Le résultat est remarquablement rapide. Dès les premières piqûres, le malade se sent mieux et retrouve un appétit qu’il avait à peu près complètement perdu. Le moral suit l’amélioration générale et le malade, qui avait dû cesser ses occupations, pourra les reprendre vers le 15 novembre, soit moins de six semaines après le début du traitement.
La toux a diminué dans de très grandes proportions; l’expectoration, de muco-purulente qu’elle était, est modifiée et beaucoup moindre; les crachats sont plus fluides et plus aérés.
Le poumon droit est dégagé et beaucoup plus perméable à l’auscultation. Les râles muqueux ont à peu près complètement disparu.
Au 5 novembre, soit un mois après le début du traitement, le poids est de 75 kg. 200.
La température ne dépasse pas 37°3-4 le soir; elle est encore légèrement subfébrile le matin, 37°1-37°2.
No OBSERVATION N° 4 (D' BayaARD).
Mme B..., 38 ans, vient consulter pour la première fois le 8 septembre 1931. Depuis longtemps et surtout sept à huit mois, à la suite d’une broncho-pneumonie, elle se plaint d’une grande faiblesse générale avec amaigrissement, L’appétit est à peu près nul, le sommeil irrégulier avec cauchemars. Elle accuse des sueurs nocturnes et des points douloureux surtout à gauche.
La toux est grasse; l’expectoration mucopurulente jaune verdâtre avec examen des crachats positif. La voix est voilée sans lésions laryngées.
La malade est très essoufflée. La température ne dépasse guère 37°6 le soir; le poids est de 50 kg. 900. Elle a pesé jusqu’à 60 kilos.
L’auscultation révèle une zone de ramollissement assez étendue au sommet gauche, avec ràles humides et gros ronchus en avant et en arrière, En avant, spélonque sous-claviculaire gauche. A la radiographie, le poumon droit paraît indemne; on observe une perte de substance sous-claviculaire à gauche, ainsi qu’une zone très obscure à la partie supérieure du poumon gauche. Le diagnostic est indéniable, il s’agit d’une tuberculose pulmonaire à forme ulcéro-caséeuse évolutive.
Le traitement chimiothérapique est commencé aussitôt. Vingtquatre piqüres ont été faites, du 9 septembre au 6 octobre 1931, sans aucune réaction ni douleur. Le résultat clinique est remarquablement rapide : dès les premières piqûres, l’appétit et les forces reviennent, la toux se modifie et diminue progressivement. Il y a nettement arrêt d’évolution, et à la fin de la série l’auscultation révèle une importante diminution d’activité du foyer; les râles muqueux ont presque complètement disparu, montrant la régression de la zone inflammatoire : le poids est passé à 52 kilos.
Par la suite, le poids atteint 53 kilos le 18 novembre; le 15 janvier 1932, il sera de 54 kg. 500, l’état général très satisfaisant, Aucun essouf-
flement. Aucune fatigue. Pas de température; la toux est nulle ou à peu près.
OBSERVATION N° 5 (D' BayaARD).
M. R., 26 ans, vient consulter pour la première fois, le 9 septembre 1931. |
Il à fait un long séjour au Sanatorium de Franconville où il a eu, à plusieurs reprises, des hémoptysies abondantes, six ou sept environ. Il connaît malheureusement trop son état. Le moral est mauvais, l’état
général fort précaire. Il a maigri d’environ 8 à 9 kilos, s’alimente mal, sans appétit, et sans forces. Les nuits sont bonnes, sans transpirations, mais il tousse beaucoup, surtout le matin. L’expectoration est mucopurulente et l'examen des crachats pratiqué à plusieurs reprises a toujours été positif. Il est très essoufflé, a été obligé d'abandonner tout travail depuis longtemps, et l’impression générale est défavorable.
L’auscultation révèle un ramollissement étendu aux trois quarts du poumon droit, et un petit foyer avec sifflements bronchiques dans la fosse sous-épineuse gauche.
Le traitement est entrepris sans conviction et une série de vingtcinq injections est faite (six injections par semaine) du 15 septembre au 15 octobre 1931.
Les piqûres sont très bien supportées, sans aucune douleur ni gonflement.
Dès les premières, amélioration rapide de l’appétit et des forces. La toux diminue et les crachats se modifient de jour en jour. La température continue à rester normale. Au bout de sa série, le malade a déjà obtenu un coefficient très appréciable d’amélioration.
Ce malade revu au début de janvier n’a plus eu d’hémoptysies, et son état continue à être satisfaisant.
Ce malade avait subi antérieurement quarante piqûres de sels d’or sans aucun résultat (Hôpital Cochin).
OBSERVATION N° 6 (D' BAyaARD).
Mme H.…, 37 ans, vient consulter le 2 novembre 1931 : c’est une grande et forte femme qui tousse depuis longtemps, a perdu ses forces et son appétit. Elle a été très surmenée, et a maigri de 4 kilos, son poids est de 72 kilos, la température est subfébrile, 37°8 tous les soirs, 37°1 le matin.
A la radiographie, sclérose du sommet gauche. Ombres hilaires élargies avec teinte grisâtre uniforme très accentuée au sommet. Bronches encombrées. Nombreux ganglions. Bien que l’examen des crachats soit négatif, le diagnostic n’est pas douteux.
Congestion du sommet gauche et du poumon gauche avec râles bronchiques. Petits sifflements à droite. Laryngite avec congestion des cordes et des arythénoïdes.
La cuti-réaction est très fortement positive.
Le traitement est commencé le 9 novembre 1931 et se poursuivra jusqu’au 18 décembre, une injection de métallo-stérols tous les jours pendant huit jours, puis ensuite tous les deux jours. Au total, vingtquatre piqüres.
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Le résultat rapide se fait sentir dès la première semaine.
L’allure est beaucoup meilleure, l’appétit revient ainsi que les forces. L’expectoration est plus abondante, mais. change de caractère et la toux diminue au point d’être à peu près supprimée à fin décembre.
L'augmentation de poids est de cinq livres, la température, bien qu’encore légèrement subfébrile le soir, se rapproche de la normale. Les signes pulmonaires et laryngés ont régressé très notablement.
OBSERVATION N° 7 (Lariboisière).
Mme B..., 30 ans.
Malade entrée le 6 janvier 1933, après une hémoptysie de moyenne abondance. Diagnostic radiologique : tuberculose pulmonaire fibrocaséeuse bilatérale, bacilloscopie des crachats positive, appétit médiocre, asthénie, pas de fièvre. Poids à l’entrée : 54 kg. 400.
Le 11 janvier, on institue une première série d’injections de métallostérols. Cette série dure vingt jours. Dès les premières piqûres, on note une amélioration de l’état général, une reprise des forces et de l’appétit. En vingt jours, cette malade reprend près d’un kilo. L'amélioration s’est maintenue, sans le secours d’autre thérapeutique.
A l’auscultation, les craquements qu’on entendait en arrière et des deux côtés au niveau de l’aire moyenne, se sont affaiblis. La malade ne crache plus, ne tousse plus.
Bacilloscopie négative le 4 avril 1933 (examen pratiqué à plusieurs reprises). Poids à la sortie : 56 kg. 800.
Sort en bon état général et nettement améliorée, le 6 avril.
OBSERVATION N°8 (Lariboisière).
Mme V..., 34 ans.
Malade entrée en octobre 1932 avec le diagnostic de tuberculose
ulcéro-caséeuse unilatérale. Présence de bacilles de Koch dans les expectorations.
Poids à l’entrée : 61 kilos.
On décide de pratiquer un pneumothorax artificiel. Le décollement se fait bien. Cependant, au bout d’un mois, l’appétit a diminué, les forces aussi. La malade tousse beaucoup.
Température maxima : 37°8.
Poids au 3 décembre : 60 kilos.
On entreprend un traitement par les sels d’or.
Quatre injections hebdomadaires sont pratiquées de 0 gr. 20 chaque,
MST a
du 10 novembre au 10 décembre. A cette date, grosse poussée fébrile jusqu’à 40°. L’analyse des urines révèle 2 grammes d’albumine. On cesse les sels d’or. La température descend lentement et se stabilise autour de 37°5 vers le début du mois de janvier 1933.
Poids au 10 janvier : 54 kilos.
On commence alors les injections de métallo-stérols. On pratique une première série de vingt-quatre injections à raison d’une par jour.
En vingt-quatre jours, le poids passe de 54 kilos à 55 kilos. L’albuminurie disparaît. La malade reste apyrétique. Après le traitement, le poids continue à progresser, 55 kg. 500, puis 56 kilos.
L’état général est sensiblement meilleur, ainsi que l’appétit et les forces. Le psychisme tombé très bas au moment de l’amaigrissement est plus soutenu.
Une deuxième série de métallo-stérols est entreprise le 6 mars.
Au milieu de la cure, poids : 56 kg. 800. On envisage pour cette malade un prochain départ en sanatorium, qui pourra ainsi s’effectuer dans de bonnes conditions.
OBSERVATION N° 9 (Bichat).
M#Fh:30lans.
Malade entré en décembre 1932.
Tuberculose ulcéro-caséeuse bilatérale. À la radiographie, lésions prédominantes au sommet gauche et dans les deux hiles et les deux régions para-hilaires; nodules de dissémination à la base gauche.
Etat général très bas.
Température oscillante : 37°5 le matin, 39° le soir. Quelques hémoptysies au début de son séjour à l’hôpital. Présence d’abondants bacilles de Koch dans les crachats.
Poids à l’entrée : 53 kg. 300.
On pratique une série de métallo-stérols, bien supportée, quoique les premières piqûres soient légèrement douloureuses.
La chute de la température va se faire lentement, et quelques jours après la fin des injections.
L'état général se relève. La toux se fait plus rare.
L’expectoration reste positive, mais les bacilles de Koch sont plus rares. Ce malade sort le 6 avril, très nettement amélioré,
Poids à la sortie, 55 kg. 100, soit une augmentation de 1 kg. 800.
A la radiographie, pratiquée quelques jours avant sa sortie, on note : Net effacement des opacités du sommet gauche, avec apparition de zones claires.
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Disparition des nodules de dissémination de la base gauche. Les ombres hilaires persistent, celles de droite semblent même légèremeni plus étendues.
OBSERVATION N° 10 (Lariboisière).
Mme B..., 37 ans.
Entrée le 2 novembre 1932.
Porteuse d’une ancienne pleurésie droite. Cette malade entre en mauvais état général. A la radiographie, quelques signes d'infiltration para-hilaire droite. L'examen des crachats révèle la présence de bacilles de Koch.
Poids : 55 kilos.
Toutefois, devant l’absence de signes stéthacoustiques nets, on diffère le pneumothorax.
Une première série de métallo-stérols est pratiquée le 29 novembre. Injections quotidiennes de 5 cc. pendant vingt-quatre jours. Dès les premiers jours, vive reprise du poids qui va en progressant.
Aucune autre thérapeutique n’est appliquée. Cette malade quitte le service après trois mois, pendant lesquels elle à augmenté de 12 kilos.
Poids à la sortie : 67 kilos.
L'aspect radiologique n’est pas sensiblement modifié.
La bacilloscopie à la sortie est négative.