‹ Étude de diverses méthodes d'hydrogénation dans leur application au phénanthrèneChapitre 2 sur 29 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans son étude sur le fluorène et les carbures pyrogénés, M. P. Barbier (1), après avoir établi les relations du fluorène et du phénanthrène, émét l’idée de l’existence probable du fluorène dans le goudron de houille comme produit de destruction du phénanthrène en vertu d’une réaction analogue à celle qui donne naissance à la benzine lorsqu’on soumet à l’action de la chaleur l’un quelconque de ses homologues supérieurs.

« Il suffirait pour cela, ajoute-t-il, que le phénanthrène, au moment de sa formation, fixât H?et se changeât en hydrure CH; cet hydrure, qui serait l’homologue supérieur du fluorène, subissant l’action de la chaleur, se détruirait suivant l’équation

a CI H12 = 2 C13H10+ C2H?+ H?.

» La difficulté de se procurer l’hydrure de phénanthrène C'* H1? m'a seule empêché de vérifier cette hypothèse. »

J’ai tenté, dès 1905, de réaliser la préparation du dihydrure de phénanthrène, par la méthode au sodium et alcool amylique et

(1) P. Barsier, Ann. de Chim. et de Phys., 5° série, t. VII, 1876, p. 514. B. I

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par la méthode au nickel de MM. Sabatier et Senderens. Mais j'ai échoué en ce sens que l’hydrogénation a constamment dépassé le but, puisque j’ai toujours obtenu du tétrahydrure comme premier

terme d’hydrogénation.

J'ai, depuis, essayé diverses autres méthodes, toujours dans

l'espoir d’arriver au résultat cherché.

Entre temps, de divers côtés, des opérateurs publièrent leurs

résultats comportant la préparation de ce dihydrure. J’ai refait certains de ces travaux : je n’ai pas retrouvé les résultats annoncés.

Obtenant toujours le tétrahydrure comme premier terme d’hydrogénation du phénanthrène, J'ai eu aussi en vue, en appliquant à ce carbure. soit des méthodes d’hydrogénation connues, soit des méthodes que j'ai imaginées, de vérifier — ce que M. Barbier avait déjà fait — que le phénanthrène ne donne pas de stilbène par hydrogénation, ce qui aurait pu se faire par une sorte de réaction inverse de l’action déshydrogénante de la chaleur sur le stilbène qui se porte sur les groupes phényliques pour donner du phénanthrène :

Ci Hi2 = Ct*Hi0 + F2,

H est à présumer que si-une telle hydrogénation se fût faite, on n'aurait pas eu le stilbène comme produit d’hydrogénation, mais bien ie dibenzyle ou des hydrodibenzyles.

Ainsi donc les questions posées par M. Barbier demeurent encore sans solutions expérimentales.

Mais les tentatives que j'ai faites pour les résoudre m'ont amené à des constatations intéressantes sur les méthodes d’hydrogénation catalytiques, notamment sur les diverses formes d'emploi du palladium comme agent auxiliaire d’hydrogénation.

Après avoir indiqué comment fut purifié le phénanthrène qui a servi à ces recherches, il sera exposé :

Dans une première Partie : comment furent appliquées les méthodes d’hydrogénation au sodium, au calcium, au nickel, au platine ; É

Dans une deuxième Partie : ce qu’a donné l'emploi de hydrogène et du palladium pris sous divers états;

Enfin, dans une troisième Partie, seront groupés les faits relatifs aux divers hydrures et spécialement au tétrahydrure.

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