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Une carte n’est réellement intelligible que lorsqu’on y aperçoit la relation et les rapports des différens plans qui déterminent la configuration naturelle du sol. Par configuration naturelle, un doit entendre celle qui résulte des plans définis, d’un côté , par les eaux courantes et les bords des bassins dans lesquels elles se réunissent ; de l’autre , par les arêtes ou lignes de séparation des eaux qui descendent dans chacun de ces récipiens.
Pour se rendre raison des formes d’un corps d’une manière rationnelle, il faut d’abord le voir dans son entier, puis le partager en ses différens membres, et enfin diviser et sous-diviser ceux-ci en autant de parties qu’il y a d’ëlémens constitutifs susceptibles d’être considérés en particulier.
L’Europe centrale , telle que nous la présentons , est bornée au Sud-Ouest par le cours de l’Èbre et par la partie supé-
rieure du Duero ; à l’Ouest, par la mer occidentale des Gaules ( le golfe de Biscaye ) , par le canal Belgico-Britannique ; au Nord, par la mer Britanno-Scandinave , ou du Nord, et par la Baltique; à l’Est, par lai Vistule, une partie de la Theiss, affluent du Danube , et par la Drina , tributaire de la Save qui porte aussi ses eaux dans le Danube ; au Sud , par la mer Adriatique supérieure et par la Méditerranée inférieure, séparées l’une de l’autre parla presqu’île d’Italie, prolongée seulement jusqu’au Volturno et à l’Ofanto.
Pour peu que nous arrêtions nos regards sur cette grande étendue de pays, nous remarquerons :
1 *. Qu’elle est traversée du Sud-Ouest au Nord-Est par un faite continu, ou Sous-Dorsal , établissant le couronnement des versans océaniques et méditerranéens. On y trouve successivement : la chaîne Ibérique, les Pyrénées-Cantabriques, les PyrénéeS-Gallibériques, le dos du canal du Languedoc, les Cévennes, la Côte-d’Or, le plateau de Langres, les monts Faucilles, une partie des Vosges, une partie du Jura , le Jorat, les Alpes-Bemoises, les Alpes-Helvétiques ou Lépontiennes, le nœud des Alpes d’Algau , les Alpes de la Souabe ou plutôt d’Arlberg et du Vorarlberg , le Bauhe-Alp étant plus particulièrement connu sous le nom d’Alpes de Souabe, le dos du Danube supérieur et du lac de Constance, Utte partie des montagnes de la Forêt-Noire , le Bauhe-Alp , le dos de Franconie, le Fichtel-Berg , le Bœhmer-wald, les morits Boémo-Moraviens ou Zdarski-Hory, les Sudètes et enfin les Carpathes.
a\ Que de la sous-dorsale partent des branches (des costales maritimes) qui, par la longueur de leur crête, se distinguent de toutes les autres, attendu qu’elles tracent des divisions naturelles du second ordre , savoir : d’une part , entre l’Océan Hispano-Britannique et l’Océan Britamno-Scandinave; de l’autre, entre la Méditerranée inférieure et la Méditerranée centrale.
Sur la première se trouvent la forêt d’Argonne, les Arden-
nés occidentales , le dos de la Somme et de l’Escaut ; sur là deuxième , une partie des Alpes centrales , les Alpes occidentales, l’Apennin septentrional, l’Apennin central et une partie de l’Apennin méridional.
3°. Que trois branches moins fortes ( des costales sub-maritimes) séparent, la première, au Nord-Ouest , la mer occidentale desGaules do l’Océan Verginien ; la seconde, au Nord, la mer Britanno-Scandinave, ou du Nord, de la mer Baltique; la troisième, au Sud-Est, le bhssin médial de la Méditerranée centrale, de son bassin occidental et de son bassin oriental.
• La chaîne du Morvan, le plateau d’Orléans, les montagnes de la Normandie, celles de la Bretagne et les monts d’Arrée, se rencontrent sur le premier partage ; on ne voit sur le second que le Riesengebirge , continué par le dos de pays entre l’Elbe et l’Oder, et par celui de la presqu’île du Jutland; sur le troisième, qui se bifurque pour embrasser la mer Égée et celle de Marmara , se trouvent , sur sa tige , la suite des Alpes centrales, les Alpes orientales et les Alpes Dinariques.
4°. Qu’une sous-costale sub-maritime, qui se détache du nœud où finit l’Apennin septentrional et où commence l’A-r pennin central, et divise dans leur plus grande dimension les îles de Corse et de Sardaigne, fait la séparation des eaux entre les bassins à l’Ouest et à l’Est de ces deux îles. (Voir la branche du sub-Apennin toscan , par laquelle le bassin de l’Arno se trouve séparé des eaux du Tibre supérieur et de celles de l’Ombrone. )
5*. Que deux costales golféennes établissent des sous-divisions du quatrième ordre : l’une, sur le versant Nord-Ouest, sépare le canal Bclgico-Britannique du littoral méridional de la mer Britanno-Scandinave ( le Frank.cn-wald , une partie du Thuringer-wald , le Rhœn-gebirge , le Wogels-gebirge , le Rothlager-gcbirge , l’Egge méridional , le dos de la Wechte et de l’Ems sont les différens massifs dont elle se compose) ; l’autre , sur le versant Sud-Est , s’élève entre le littoral de la
Tarracopnaise et la mer Ligustique ; elle forme les Pyrénées orientales, dont l'extrémité est marquée parles monts Albèrès, qui se terminent sur la Méditerranée par le cap Cervère et par le cap Creus.
6*. Que deux sous-costales golféennes font, l’une au Nord, dans le canal Gallo-Britannique, le partage du golfe des iles Anglo-Normandes de celui dit du Calvados, des rochers de ce nom ; l’autre, au Sud, dans la mer Ligustique, la séparation des eaux qui versent dans le golfe du Lion de celles qui se rendent dans le golfe de Ligurie. La chaîne de la Durance et du Var, les monts Esterel et les montagnes des Maures se rencontrent sur cette dernière , dont l’extrémité forme la presqu’île de Giens ; la première , enracinée aux monts de la Normandie, traverse dans toute sa longueur la presqu’île du Cotentin, dans le Nord de laquelle elle se bifurque pour former le bassin de Cherbourg, terminé à l’Ouest par le cap de la Hogue , à l’Est par la pointe de Barileur.
7*. Qu’une costale sub-maritime secondaire sépare le littoral des Teutons du grand golfe dit mer des Vénèdes; on y aperçoit les monts Cracoviens, dont le prolongement constitue le dos de l’Oder et de la Vistule.
Des divisions et sous-divisions de l’Océan et des mers, si nous passons à celle des fleuves dorsaux , nous signalerons comme tels , sur le versant océanique, et en nous portant du Sud-Ouest au Nord-Est : le Duero, l’Adour, la Garonne, la Loire, la Seine, la Meuse, le Rhin, l’Elbe, l’Oder, la Vistule.
Sur le versant méditerranéen, nous trouverons, en remontant aussi de gauche à droite, l’Èbre, le Tet, l’Aude, l’Orb , l’Hérault, le Rhône, le Pô, le Danube. 11 est à remarquer que l’avant-dernier est dorsal indirect, attendu qu’il ne tient à la dorsale que par le Tesin, un des aflluens primaires du Pô , et par la Maira , qui se jette dans l’Adda , autre affluent du premier degré.
Entre les bassins de l’Adour et de la Garonne règne une
costale fluviale bifide, qui, tant sur sa tige que sür les deux arêtes de bifurcation , ne présente aucun relief portant une dénomination spéciale.
Entre les bassins de la Garonne ef de la Loire se rencontre une costale fluviale également bifidée , dont le tronc est caractérisé par les monts Margeride , les monts d’Auvergne et les monts Jargean. C’est à l’extrémité occidentale de ce massif que se fait la bifurcation. Sur la branche qui borde le bassin de la Loire-Inférieure il faut remarquer le plateau de Gatine.
Entre la Meuse et le Rhin se détache des monts Faucilles une costale fluviale , dont la partie supérieure est marquée par les monts de la Moselle, la partie centrale par les Ardennes orientales et l’Elfe! , la partie inférieure par le dos de la îtfeuse et du Rhin.
Entre le Rhin et l’Elbe on trouve une sous-costale fluviale , formée d’abord par la partie septentrionale du Thuringer-wald (massif si tué aux sources de la Werrâ), puis parle Haïnich , le Dünberg , le Lichsfelder-wald, le’Harz et le dos de pays couronnant les versans du Weser et de l’Etbe inférieur. •
Passant présentement au versant méditerranéen , où déjà , dans notre examen des divisions et sous-divisions maritimes , nous avons signalé les lignes de partage, 1 ". entre la Méditerranée inférieureet la mer Adriatique, a”, entre la mer Adriatique et la mer Noire, 3°. entre les deux mers (d’Hispauie et de Sardaigne, de Sardaigne et d’Italie) que sépare le système Sardo-Corse , 4*- entre le littoral de la Tarraconnaise et la mer Ligustique , 5*. entre les golfes du Lion et de Ligurie , nous remarquerons que le bassin de l’Ebre est fermé à sa rive gauche , dans sa partie inférieure , ‘par une ' sous-costale fluviale, sur laquelle se trouvent, en descendant des Pyrénées, les monts de Cadis, la sierra de Lera , la sierra de Lazamos et les monts de Alba ; entre le Tet et l’Aude ,. une costale fluviale bifurquée aux sources de l’Agly ou du Gly; et, sur la
branche à la gauche de ce petit fleuve sous-dorsal , la chaîne dite des Corbière*. Entre l’Aude et l’Orb, entre l’Orb et l’Hérault, entre l’Hérault et le Rhône, nous apercevrons de même trois costales fluviales , mais sans noms particuliers de montagnes. Par cette dernière remarque se termine l’exploration des ligdes de partage entre les bassins des fleuves dorsaux.
.Pies sous-dorsaux étant toujours subintrans relativement aux dorsaux, c’est maintenant de ceux-là que nous devons nous occuper.
Sur le versant océanique nous trouvons, entre l’Adouret 1 a Garonne, la Leyre; entre la Garonne et la Loire, la Seudre, la Charente, la Sèvre-Niortaise, la Lay.
Entre la Loire et la Seine, dorsaux divergens par l’interposition de la péninsule Armorique, nous n’avons que des fleuves spinaux et abdominaux. Entre la Seine et la Meuse sont deux sous-dorsaux externes ; Us prennent cette dernière dénomination de leur situation extérieure dans les subdivisions maritimes spéciales, dont ils forment les complémens.
Entre le Rhin , tributaire du canal Belgico-Britan nique, et l’Elbe , à l’extrémité Est du littoral méridional de la mer Britanno-Scandinave , se trouve la Wechte ou plutôt le Sch warz-W aser , qui a son embouchure dans le Zuider-zee; l’Ems , dont l’estuaire porte le nom de Dollart ; le Weser , mêlant ses eaux avec celles de la Jahde, dans la baie de ce nom. Le premier de ces trois fleuves subintrans est externe, par rapport au bassin du Rhin;, les trois autres le sont de même relativement au bassin de l’Elbe.
Enfin, entre l’Oder et la Vistule , qui marquent les limites * du littoral méridional de la Baltique inférieure , nous apercevons la Rega et. la Persante, qu’il faut aussi considérer comme sous-dorsaux externes; une costale sub-maritime secondaire sépare le littoral des Teutons du grand golfe appelé mer des Vénèdes, en raison de son extension et du nom des anciens habitans qui en peuplaient le rivage.
Sur le versant méditerranéen, sept fleuves seulement
prennent rang parmi les sous-dorsaux : les trois premiers , le
Llobrégat, le Ter, la Fluvia, sont externes par rapport au bassin de l’Ebre. Entre le Llobrégat et le Ter, court une ramicostalc fluviale qui , au défaut *le dénomination reçue, porte un nom composé de ceux des deux rivières dont elle sépare les bassins : le mont Seny et le col David sont les parties culminantes de ce partage. Le quatrième fleuve sous-dorsal est le Tech, aussi externe relativement auTet; le cinquième, l'Agly, interne comipe thalweg de la vallée subintrantc, par laquelle se remplit l’espace que laissent entre eux les bassins du Tet et de l’Aude ; le sixième, le Libron, se présente avec les mêmes circonstances entre l’Orb et l’Hérault ; le septième enfin , la Vidourle, prenant naissance entre les sources des aflluens supérieurs opposés qui alimentent l’Hérault, d’une part, de l’autre le Gardon, dans la dépendance du bassin du Ithône, est aussi subintrant interne.
Les bassins des fleuves dorsaux et sous-dorsaux Constituent par leur réunion un massif principal que l’on peut en quelque sorte considérer comme le noyau ou le tronc des terres continentales. De cette masse connexe il se détache des appendices ou des parties saillantes (les péninsules*, les presqu’îles et les promontoires) qui , figurément encore , se présentent sous la forme de membres sillonuéspar les fleuves spinaux. Il arrive, pour le plus souvent , que la liaison de ces saillans avec le corps principal, c’est-à-dire des fleuves spinaux avec les dorsaux , n’est pas immédiate. Nous rappelons, au sujet de cette observation , que c’est entre les spinaux cl les dorsaux que se trouvent les abdominaux.
La marche rationnelle de l’analyse exige donc que nous nous occupions présentement de ceux-ci. Les premiers que nous ayons à citer, en suivant la marche ordinaire de notre exploration, se rencontrent sut le versant septentrional des Pyréuécs-Cantabriqucs ; le Saya, le plus occidental , a scs contre-pentes sur le Ducro ; l’Anza et la Bidassoa, qui viennent ensuite, sont adossées aux pentes méridionales de
l’Èbre supérieur; les monts Maribi ferment , du côté de l’Est,
le bassin de l’Artza. De la mer de Biscaye , il faut nous porter
dans le golfe occidental du canal de la Hanche. Dans le fond
de ce golfe, nous voyons le Cuesnon , la Sée , la Sienne , dont
les bassins établissent au Nord la liaison entrelcs deux presqu’îles de la Bretagne et du Cotentin. Au-delà de la dernière sontla Vire, l’Orne et la Toucques , également abdominaux, le revers du versant sur lequel ces fleuves descendent à la mer étant arrosé par des rivières tributaires de la Loire.
Par le même motif, la Trave et la Warnov, situées dans le coude par lequel la presqu’île du Jutland s’unit au bassin de ‘ l’Oder, sont abdominales, puisqu’en traversant le faite audessus de leurs sources on trouve des pentes dont le pied est baigné par l’Elbe.
Entre le promontoire qui, du côté de l’Est, ferme le bassin du Rhône, et la péninsule Apennine, nous trouvons la Siagne et le Var , âont les revers appartiennent au bassin de la Durance ; la Roya , la Magra, le Serchio, qui ont leur contrepente sur le Pô.
Entre le bassin du Pô et la péninsule Hellénique, c’est par les vallées 'de l’Adige, de la Piave, du Tagliamento, delà Kerka, de la Cettina et de la Narenta, que s’établit la liaison.
11 est à remarquer que les quatre premiers sont séparés des trois derniers par la presqu’île de l’Istrie ; tous ces fleuves descendent sur des pentes extérieures adossées à des versans dans la dépendance des bassins du Pô , et , par cette' raison , sont abdominaux.
La Brenta, encaissée au-dessous des afïluens supérieurs de l’Adige et de la Piave , et la Livenza , également subintrante relativement à la Piave et au Tagliamento, sont aussi à mentionner comme sous-abdominales internes.
Une sous-coslale fluviale, formée à son origine par les Alpes- Trydentines et continuée par les monts Lcssine ou Lassinesche, Bcrici et Euganei, fait la séparation des eaux entre le bassin de l’Adige et ceux de la haute Piave et de la Brenta.
Une sous-costale golfécnnc traverse du Nord au Sud la presqu’île del’Istrie; dbus le nom de inollt du Karst, elle se détache des Alpes- Juliennes, puis se continue par les monts Czernaka , Ortak et Sia , que nous réunissons sous la dénomination commune de monts de l’Istric, lesquels se terminent par le cap Promontore. Sur la rive gaùch’e de la Cettina est une costale fluviale où l’on trouve les monts Dinara et Prologh. La limite orientale du bassin de la Narenta est marquée par une sous-costale fluviale vers le milieu de laquelle s’élève le mont Gradina, dont le prolongement est connu sous le nom de mont Traba.
Bu plateau dont le. mont Gradina forme le bord méridional se détache sur la Narenta une rami-costale cubitale marquée par le mont Bielosak, à la suite duquel vient le mont Vrabatz.
Au Sud de la sous-costale dont nous venons de faire mention s’étendent les petits plateaux de l’Herzégovine, formés par de hautes ceintures de montagnes au milieu desquelles court la Trebenstizza , rivière anormale dont les eaux s’engouffrent dans un abîme.
Pour compléter l’analyse des superficies terrestres dont notre carte présente l’ensemble, il nous reste à passer en revue les parties qui s’avancent dans la mer sous les noms de péninsule, de presqu’île et de promontoire : on sait que c’est dans ces parties que se trouvent les fleuves spinaux.
Sur l’Océan Atlantique , nous avons la péninsule Armo- • rique ou de la Bretagne. Son versant méridional présente trois fleuves spinaux et un sous-spinal : les premiers sont la Vilaine, le Blavet, l’Aulne; le dernier est l’Odet. La séparation de son bassin avec celui de l’Aulne est établie par une sous-costale à laquelle appartiennent les montagnes Noires.
Le versant septentrional contient les bassins du Morlaix, du Guer, du Trieux, de la Rance, qui, connue les précédens , sont spinaux.
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Dans le canal de la Manche, la presqu’île du Cotentin ne nous donne à citer conftne spinale que la Bouve.
Entre la mer du Nord et la Baltique , nous n’apercevons que la racine de la presqu’île du Jutland, où l’Eyder est également spinal.
Du côté de la Méditerranée, le promontoire entre les golfes des Gaules et de Ligurie a, sur son versant occidental, l’Arc. Au-dessous de ce fleuve, une rany -costale fluviale est formée par les montagnes de la Sainte-Beaume.
Le versant oriental du même promontoire contient le Gapau et l’Argens , séparés l’un de l’autre par la partie orientale de la montagne des Maures. Ce faite est , comme le précédent , une rami-costale fluviale.
* Dans la péninsule italique , où tous les fleuves sont spinaux ou sous-spinaux , il nous suffît de mentionner pour les premiers, l’Arno , le Tibre, le Garigliano , le Yolturno, - et pour les autres la Cccina, l’Ombrone, la Fiore, la Marta , attendu que ceux-ci comme ceux-là sont les seuls qui donnent lieu à quelques remarques au sujet de leurs lignes de partage. Ces remarques tombent sur les groupes auxquels on donne les noms de sub-Apennin toscan, sub-Apeunin romain et sub- Apennin vésuvicn.
Le premier renferme les bassins des quatre fleuves sousspinaux que nous venons de désigner , et qui sont subintrans relativement à l’Arno et au Tibre.
Le second , le sub-Apennin romain , sc compose de toutes les élévations entre le Tibre inférieur, l&Nera, jusqu’au confluent du Salto, le Salto, les montagnes qui, du côté du Nord-Ouest, bordent le plateau dont le fond est couvert des eaux du lac Celano ou Fucino , le faite qui sépare le bassin du Teverone des eaux du Liri et du Salto, deux rivières desquelles se forme le Garigliano.
Le troisième, le sub-Apennin vésuvien, se compose des massifs qui, en courant parallèlement au faite de l'Apennin
méridional , en sont séparés par le cours supérieur du Voltumo et du Calore, son affluent.
Ces sous-costales et rami-costales n’ayant pas de noms particuliers comme chaînes de montagnes, on ne peut les différencier qu’en leur donnant des noms composés de ceux des deux rivières dont elles séparent les bassins.
Dans l’analyse que nous venons de faite par les lignés hypsographiques , nous avons négligé, à l’exception des petits plateaux de l’Herzégovine, de mentionner les espaces enfermés par des contre-pentes qui convergent de manière à former des affaissemens ou des bassins intérieurs, c’est-à-dire sans communication avec l’Océan ni avec aucune des mers auxquelles ils communiquent. Tel est, par exemple, vers le milieu de la ligne de partage entre la mer de Biscaye et le canal de la Manche, le plateau d'Orléans; tel est, entre les parties centrales du cours du Danube et de la Tlieiss , bornées au nord par le canal de Szolnok à Pesth , au sud par celui du nom de François II, lequel joint le Danube à la Theiss, un exhaussement en forme de plateau appelé Haute-Plaine de 'L’elecska ; tel est encore, dans Tes Alpes- Dinariques, le plateau de Morlaquie, formé par une bifurcation du faite principal; telles sont enfin, dans l’Apennin central et dans l’Apennin méridional, les coupes bordées de hautes montagnes au milieu desquelles se trouvent les lacs de Peruggia et de Celanoou Fucino.
Indépendamment des enclaves annulaires que nous venons de citer, enclaves toujours situées sur des laites qui se divisent pour se réunir de nouveau , il en est d’une autre espèce qui , au contraire , ne se rencontrent qu’au pied des versans maritimes : ce sont les bassins côtiers ou pluri-iluviatilcs; ils se présentent pour la plupart en forme d’amphithéâtre ; l’échelle de notre carte ne nous a pas permis de les y faire figurer , la longueur de leur cours n’excédant pas dix myriamètres , environ vingt lieues. •
Ils sont répartis entre les fleuves dorsaux ou spinaux d’une
assez grande étendue pour former des divisions partiéulières. Ceux-ci , par la disposition des aflluens dont ils s’alimentent, ont , en général , leur bassin en forme de raquette. C’est audessous des élargissemens de deux bassins unifluviatiles contigus , que se rencontrent de plus petits bassins accolés , indépendans , et qui versent directement leurs eaux dans la mer , double circonstance de laquelle ils tiennent la dénomination .qui les caractérise.
La division des superficies terrestres en bassins iluviatiles donne les élémens desquels se forment les bassins golféens , maritimes, et les versans océaniques; mais ces élémens sont eux-mêmes susceptibles d’être décomposés en bassins d’afiluens primaires, secondaires, tertiaires, etc. Ces aflluens ont leurs sources ou dans une dorsale ou dans des costales de différens degrés. Dans le premier cas , ils prennent la dénomination de rivières dorsales ; dans les autres, on leur donne celles de costales primaires, secondaires, tertiaires, etc. Les crêtes qui font la circonscription d’un bassin considéré abstractivement, sont faîtières ou marginales, à l’exception cependant des parties qfti peuvent appartenir à une arête dorsale.
L’ordre de ramification des lignes de partage étant déterminé partout ce qui a été dit précédemment, c’est de la relation réciproque des bassins de rivières que nous avons à nous occuper.
Voyons, par exemple, quelles sont les observations auxquelles donne lieu le bassin du Danube.
Pour procéder méthodiquement , nous en examinerons d’abord l’ensemble. Nous remarquerons que trois grandes vallées longitudinales, c’est-à-dire qui prennent leur direction dans le sens même de la longueur de la chaîne où commence leur berceau , établissent les divisions principales.
La plus considérable est celle du Haut-Danube, s’étendant depuis les sources de ce fleuve*, dans la Forêt-Noire , jusqu’au coude par lequel il change entièrement de direction.
La seconde est formée par la Drave ; la troisième , par la Save. L’espace que laissent entre elles les deux premières, depuis la bifurcation du faîte qui sépare leurs deux bassins jusqu’aux rives du Danube, est rèmpli par une plaine élevée qui a pour bassin le lac Platten ou Balaton. Les eaux qui en dérivent et celles qui ont un cours particulier sont de trop peu d’importance pour être mentionnées.
La ligne de séparation entre le Haut-Danube et la Drave est une sous-costale cubitale amnisicnne sur laquelle sc rencontrent les Alpes de Salzebourg méridionales ou Noriques, les Alpes-Styriennes septentrionales, le Kœhlen-berg aux sources de la Mürz ; les monts de Fichsbacb et ceux de Bacony se prolongeant au Nord-Est par le mont Vcrtès, jusqu’au bord du Danube qui la sépare d’une costale cubitale provenant des Carpathes et terminée par le mont Czerhal. De l’extrémité orientale des monts Fichsbacb se détache une rami-costale amnisienne qui ferme , sur sa rive gauche . le bassin de la Save.
On y aperçoit, dans sa partie Sud-Est, des éminences portant la dénomination de mont Jacob. Le faîte entre la Drave et la Save est une sous-costale amnisienne connue autrefois sous le nom d’Alpes-Pannoniennes, et aujourd’hui sous celui d’Alpes de Carinthie et d’Esclavonie.
La Drave et la Save sont deux rivières marginales ou faîtières qui appartiennent au Danube central. Au-dessus de la première se trouve l’Inn, rivière également marginale, dont la vallée transversale fait partie du versant Sud du Haut-Danube. A l’Ouest de l’Iun se trouvent le Lech et l’Iller, qui ont leurs sources dans l’Arlberg. Ces deux rivières, la Wcrnitz, l’Altmuhl , la Naab, la Regen, le Kamp, la March ou Morava, et le Waag, sont toutes des aflluens directs marqués de l’initiale M , sur notre carte, comme rivières marginales- ou faîtières. Nous ferons cependant remarquer qu’elles peuvent de même prendre la dénomination de Dorsales, les Alpes de la Souabe , y compris l’Arlbcrg et le Vorarlberg , et tous les*
massifs qui font le couronnement septentrional du Haut-Danube, appartenant à la Dorsale européenne.
A la droite de l’Inn-Inférieur court une raml-costale amnisienne sur laquelle se voit l’Hausrul-Wald. Sur la rive gauche de la Regen , le Baicr-Wald appartient à une costale amnisien'ne. Les deux faites latéraux de la Kamp sont également formés par des costales amnisiennes : le Greiner-Wald s’étend sur celle de droite, le Wild-Gebirge forme l’origine de celle de gauche. Entre la March (Illorava autrichienne) et le Waag, règne une longue chaîne de montagnes qui forme la limite occidentale du système des Carpathes. Cette suite de hauteurs porte vers son milieu le nom de Javorina , qu’on lui donne quelquefois dans toute son étendue. Le»Allemands appellent Weterling ou Weiss-Gebirge (montagnes Blanches) la partie moyenne entre le Javorina proprement dit et le Danube; nous donnons, nous, le nom de Carpathes Hongro-Moravicnnes à toute cette costale amnisicnne. Entre le Waag et le Gran , le seul groupe à citer est celui du Fatra.
Nous avons dit, avec M. Allent , en parlant de la crête des bassins des fleuves , qu’après avoir embrassé dans son circuit un pays immense, elle se rapproche et ne laisse vers leur embouchure qu’une solution de continuité d’une largeur souvent peu considérable , de sorte qu’on pourrait la regarder comme le détroit d’un golfe terrestre limité par les sommets du bassin.
On sent bien que cette loi est applicable au couronnement des bassins de rivières , et que le faite latéral commun à deux versans de ces bassins ne forme d’abord , entre les sources des aflluens opposés qui les sillonnent, qu’une simple arête ; mais qu’à une certaine distance cette arête se bifurque pour border les versans disjoints sur lesquels les sources des eaux courantes divergent au fur et à mesure que la longueur des vallées transversales décroit, et que les hauteurs qui les flanquent tendent, dans leur dépression progressive, à se confondre ®avec le bord inférieur de la vallée principale.
11 s’établit ainsi dans le dédoublement de deux versafls d’abord accolés l'un à l’autre, une enclave triangulaire occupant l’espace compris entre le point de bifurcation et les embouchures de deux rivières contiguës.
Il y a donc entre les afllucns prirrîaires d’autres àflfluens subintrans du même degré ; ce sont les rivières submarginales.
Entre le Lecli et l’Inn se trouve l’Iser ou mieux l’Isar; entre l’Inn et la D;ave, en allant de l’Ouest à l’Est, nous rencontrons la Traun, l'Ens, la Leitlia, la.Raab; mais comme les bassins de l’Inn et de la Drave sont séparés par une arête cubitale , ces quatre rivières submarginales sont externe». v
Au point où nous sommes arrivés, il devient inutile d’aller plus avant ; nous en avons dit assez pour que l’on soit con- • vaincu : • . . . i
1 °. Que la division des superficies terrestres en bassins est la seule qui conduise à la connaissance positive 'des formes du sol dans leurs rapports avec l’entier dont elles constituent
les élémens ;
a-. Que les bassins hydrographiques sont dans des dépendances relative» déterminées par l’ordre suivant lequel se ramifient les cours d’eau qui en occupent le fond;
3°. Que les arêtes qui circonscrivent un bassin s’avancent du milieu des terres vers les côtes, en rameaux irréguliers qui s’entrelacent dans les ramifications des cours d’eau , et les embrassent sans les traverser;
4*. Que ces derniers semblent partir de la mer comme d’un tronc commun , et poussent leurs ramifications dans les mailles que laissent entre elles les lignes de partage;
5\ Qu’il importe que les deux réseaux distincts des lignes hypsographiques et hydrographiques soient exprimées sur les cartes de manière à y faire apercevoir la convergence des surfaces hydrogéiques, de la réunion desquelles se forment les bassins.
Ce «'est, en effet, que dans ce concours d’harmonies que peuvent se manifester les analogies desquelles il résulte que les configurations terrestres se reproduisent constamment sous des traits généraux et connus.
Résumé. .
Les formes des superficies terrestres sc définissent par les arêtes que font en s’entrecoupant les différons plans, que l’on peut considérer cQmme autant de faces extérieures. Cet plans , soit qu'ils descendent vers un récipient commun , soit que, adossés les uns. aux autres, ils. s’élèvent comme une digue entre deux bassips contigus , concourent à former les configurations générales et les configurations particulières.
Les configurations générales sont celles qui déterminent lc6 bassins des mers et des fleuves; les configurations particulières donnent les sous-divisions de ceux-ci en bassins d’affluens, c’est-à-dire de cours d’eau qui ont leur embouchure dans les fleuves ou dans les rivières; .
L’usage reçu en géographie et en topographie de n’exprimer les élévations et les dépressions du sol que lorsqu’elles se présentent sous des angles de pentes remarquables , donne lieu à l’inconvénient fort grave de ne faire voir dans les cartes que. des pays de moutagnes, des pays ondulés et des pays plats , bien cependant que tous les plans, sans aucune exeeptipn, soient disposés pour l’écoulement et pour la réunion des eaux. Il résulte de là que l’on fait toujours abstraction de l’inçlipaisoq des plaines, et que l’on considère les montagnes et les autres accidcns comme des boursoufilures ou des affaissemens du sol sans liaison ,sans rapports. Les géographes ont vainement essayé de faire cadrer le gisement des chaînes de montagnes avec la direction des méridiens ou des parallèles. De trop nombreuses exceptions ont renversé leurs hypothèses. Les géologues cherchent aujourd’hui à établir des dépendances subordonnées à l’ordre d’ancienneté relative
des différentes chaînes. Ces savantes investigations sont, sans contredit; du plus grand intérêt pour l’histoire des révolutions physiques du globe ; mais des causes locales et fortuites, comme celles des éruptions volcaniques, comme celles des creusemens ou des éboulemens souterrains dus à l’action mécanique de l’eau , ne sauraient conduire à expliquer les relations géographiques des masses solides et liquides du sphéroïde terrestre.
Les fils à l’aide desquels il est possible de se reconnaître dans ce dédale se rencontrent uniquement dans les ligues de partage et «le réunion des eaux. Or, nous avons vu que ces ligues se ramifient les mies et les autres, suivait des lois qui se reproduisent avec des analogies constantes, et qu’elles déterminent les versans, dont la réunion par bassin donne les divisions les plus favorables à l’étude des configurations naturelles ; il importe donc que ces arêtes soient tracées sur les cartes sans aucune interruption , et , de plus , que l’on puisse juger de leur importance relative. Alors il devient facile, eu partant «le la plus grande division possible, de diviser ou de sous-diviser en bassins toujours décroissaus jusqq’à ce qu’on arrive à ceux des plus petits ruisseaux. On parvient ainsi à reconnaître comment tous les plans s’ordonnent pour formelles bassins des mers , des fleuves et des rivières , les vallées , les vallons , les gorges et les petites ondulations.
Lorsqu’il s’agit de caries à graude échelle, indépendamment de la projection «les lignes de partage et de réunion des eaux, il convient «le donner le tracé des ligues de plus grande pente , des courbes horizontales qui correspondent aux cols et autres points caractéristiques, et enfin dès lignes séparatives des berges d’avec les plateaux et les plaines inférieures.
Une ligne de plus grande pente sur une surface quelconque est telle, que si l’on considère le plan tangent à la surface , mené par un de ses points, le prolongement de l’élément correspondant est, de toutes les droites tracées dans ce plan, celle qui fait le plus grand angle avec l’horizon.
On se forme une idée des courbes horizontalesen supposant qu’une inondation générale s'élève ou s’abaisse graduellement, et que cette nappe d’eau laisse, à diverses hauteurs, des traces de son intersection avec la surface du terrain. Ces lignes sont analogues à celles que l’Océan trace sur les rivages , et qu’on appelle laisses de haute et de basse mer, et aux vestiges de même nature que laissent les divers niveaux d’un étang, d’une eau donnante, d’une inondation naturelle ou défensive.
Si l’on détermine sur toutes les lignes de plus grande pente qu’on peut imaginer , sur la surface de droite ou de gauche d’un thalweg {1), les points où la pente devient brusquement plus rapide que dans les deux parties extrêmes, en joignant ces points les uns aux autres, on aura deux lignes entre lesquelles se trouveront les surfaces auxquelles on donne le nom de berges. Les écrivains militaires donnent le nom décrétés à l’arête supérieure. La ligne inférieure n’a pas de dénomination particulière.
En considérant ces lignes comme des limites de divisions naturelles f on peut divisêr chacune des deux surfaces principales d’un bassin en trois parties.
Dans ce cas , la première est comprise entre la ligne de
partage et la crête de la berge. La réunion de cette surface et de celle qui peut lui être comparée dans le bassin contigu forme un couronnement que l’on nomme plateau.
La seconde s’étend de la crête à la ligne inférieure; elle est connue d’après ce que nous avons dît ci-dessus.
La troisième forme le glaeis entre la ligne inférieure et le thalweg; si on la réunit à la division qui lui correspond audelà du thalweg , on a un fond de bassin qui prend le nom de vallée.
(1) Ce root allemand , qui signifie chemin de ta vallée , est aujourd'hui adopté dans les ouvrages techniques français; il se prononce talvigve: il est immédiatement au-dessous du fil de l’ea « des ruisseaux ou rivières qui coulent dans la vallée.
Nous pensons avoirétabli d’une manière manifeste combien les cartes géographiques sont loin de présenter la conformation réelle des contrées qu’elles embrassent; par la publication d’un Environs de Paris à l’échelle du cent-millième, nous ferons de même reconnaître qu’il n’y a aucune idée d’ensemble dans la réunion des levés et des figurés particuliers qui sont les élémens des meilleures cartes topographiques.
On est tellement habitué à ne voir dans les formes des superficies terrestres que des accidens toujours nouveaux et toujours confus, que les explorations topographiques se fonl constamment sans aborder dans leur généralité les considérations de dépendances auxquelles toutes les parties d’un pays sont subordonnées.
Nous avons, par exemple, des cartes spéciales de l’Auvergne, entreprises dans des vues diverses, ou par des géologues, ou par des militaires , ou par des géographes ; bien que cette ancienne province occupe en quelque sorte le centre des contrées méridionales de la France, ces cartes, quant à la configuration physique, présentent un systèmede relief aussi indépendant que s’il s’agissait d’une île comme la Corse ou la Sardaigne : rien n’y indique quelefaîlede la chaîne principale est une section médiaire d’une arête dont le tronc provient du Sud-Est ( les monts Margeride ) , et dont le prolongement se porte au Nord-Ouest (les monts Jargean, le plateau de Gatinc) ; que cette arête est une branche directe d’un partage d’eau de premier ordre , et, par conséquent, que les vallées qui y ont leur origine sont transversales, relativement au plan de pente générale ; que les contre-forts qui séparent ces vallées sont des embranchemens secondaires empruntant leur importance relative de l’ordre des subdivisions hydrographiques qu’ils établissent; que les plaines, les rampes elles plateaux prennent des commandemcns successifs marquant les difTérens étages par lesquels , des régions basses où la Dordogne rassemble les eaux de la Garonne et de la Gironde»
Digil
on s’élève aux régions supérieures où la Loire et l’Ailier commencent leur cours. ,
. Avec plus d’inconvénient que dans les cartes spéciales , de semblables abstractions se rencontrent dans tous les travaux topographiques qui embrassent une vaste étendue de pays. La nécessité d’appeler à leur exécution un assez grand nombre de collaborateurs, entre lesquels le terrain se partage, fait que chacun d’eux remplit sa tâche partielle sans s’inquiéter de l’importance relative des faîtes qui concourent à foriflër le système entier de nervures résultant du rafccordement successif des lignes hypsographiques; cependant , plus le tableau s'agrandit, plus il importe qu’on y aperçoive les effets généraux qui en coordonnent toutes les parties.
On parviendrait à établir cette harmonie si, avant d’explorer une contrée , on prenait la peiue de 'bien se péiiétrer de sa configuration générale, llsuilirait, à. cet etTet , de tracer sur la carte dont on se sert pour canevas les ligues de partage des eaux ou la crête des bassins, jusque. dans leurs moindres détails ; on se rendrait alors familière la dépendance successive de ces Lignes, et l’on découvrirait des analogies qui aideraient à pressentir les formes que l’on doit retrouver (i).
Dans l’exécution , ou s’appliquerait principalement à fixer
(i) Les cartes topographiques, comme expression fidèle des superficies terrestres, ne peuvent, dit-on , donner sans solution de continuité la trace des lignes de partage des eaux , puisque ces lignes ne s’aperçoivent sur le terrain que lorsqu’elles forment le faite des reliefs connus sous le nom de montagnes. Mais les cartes donnent dés lignes mathématiques idéales (méridiens 1 , parallèles, roses des vents), afin que l’on s’y rende compte de la position et du gisement des lieux ; on y trace en outre des limites politiques et administratives qui ne sont de même que des lignes conventionnelles destinées à faire connaître l’étendue respective des états et des provinces. A fortiori, il doit être permis de représenter sur ces cartes la i, disposition et la relation effective des lignes qui déterminent les plans convergcns par lesquels la surface terrestre se partage en bassins, puisque ces bassins, comme ouvrage de la nature, ont une importance bien supérieure a celle que l’on accorde aux divisions qui ne tiennent qu’à des supputations purement intellectuelles, ou à des circonstances éventuelles.
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les limites des bassins hydrographiques et les autres arêtes caractéristiques , en cherchant sur le terrain les lignes de moindre pente avec le même soin qu’on relève celles dé plus grande pente. On aurait ainsi tout le tracé hvdrogéique qui constitue d’une manière absolue le squelette du sol, et, par conséquent, tous les plan! primordiaux auxquels sont subordonnées les circonstances de détail : l’altitude des lieux dont on a la longitude et la latitude , et les cotes 4e niveau éparses çà et là sur des points de remarque , ne suffisent pas plus pour donner les prolongemens des lignes de faite entre les reliefs exprimés sur les cartes, que quelques’ chiffres de pente sur les rivières ne permettraient d’indiquer les sinuosités de leur cours , si elles n’étaient fixées d’avance par des relèvemens beaucoup plus rapprochés.