Î)E LA NOMENCLATURE
Propre à indiquer les carectères généraux et particuliers des lignes de partage des eaux et des cours d’eau, d’après leur importance géographique, leur gisement et leur disposition respective.
Depuis les travaux de Philippe Buache, sur la géographie naturelle, plusieurs auteurs ont tenté de décrire les circonstances physique* de la surface du globe par l’examen des cours d’eau et de leurs embranchcmens, et par celui des lignes de partage des eaux.
Les militaires se sont particulièrement engagés dans cette voie, la division du sol en bassins étant la plus favorable aux descriptions circonstanciées que les opérations de la guerre exigent.
Les premiers , tout en prenant un essor qui leur faisait embrasser les superficies terrestres dans leur immensité, n’ont point osé s’affranchir entièrement des divisions établies ou par la marche des découvertes , ou par des rapports avec les cercles de la sphère, ou par la circonscription des états.
Les derniers , comme explorateurs de régions moins étendues, se sont, en général , renfermés dans des considérations de localité, et, par cette raison , ils ne sont point parvenus à connaître le nombre, la forme, la situation, les dépen- . dances et la connexion des diverses parties auxquelles le globe peut être réduit par l’examen analytique ou synthétique de toutes les divisions naturelles qui en constituent l’ensemble. * • ■
Soit timidité, soit paresse, nous nous traînons donc encore sur les erremens de nos devanciers.
Nous-mêmes nous n’avons d’abord présenté que comme des essais les innovations que nous tenons pour indispensables. La poursuite de nos travaux nous a conduits à reprendre
et à développer nos premières idées , et nous sommes maintenant certains que l’on peut faire l'analyse naturelle des superficies terrestres d’une manière aussi rationnelle que celle par laquelle on procède à la dissection d’un végétal ou d’un animal.
Les lignes de partage des eaux forment en elTet, dit Wakerfeld , dans sa Théorie du terrain, un système continu d’arêtes entre lesquelles le terrain fertile se trouve enchâssé comme la chair l’est dans le corps humain, et au milieu de ces terres circulent les eaux courantes comme le sang parcourt nos veines pour entretenir partout la vie. . .
Quelque forcée que paraisse cette comparaison , elle est moins déplacée qu’on ne pense , car elle conduit à faire bien saisir les rapports entre toutes les parties du globe ; et de ces rapports, qui se reproduisent souvent avec les mêmes circonstances , dérivent les lois hydrogéiques à l’aide desquelles il devient facile de sortir du chaos où l’on se perd quand on n’est point guidé par les analogies.
De ta surface terrestre en général.
L’eau est un fluide pesant dont les molécules roulent avec la plus grande facilité les unes sur les autres. Dans ses mouvemens elle arrache et entraîne les particules du sol sur lequel elle passe. Par sa force dissolvant^, elle concourt à la . décomposition des roches exposées à son action.
Il résulte de ces propriétés physiques de l’eau (sa pesanteur, sa mobilité et son action chimique] que la surface terrestre doit être considérée, géographiquement parlant, comme composée d’un nombre infini de facettes ou petits plans diversement inclinés sur les versans généraux qui déterminent les parois extérieures des bassins océaniques, maritimes et méditerranéens , dont l’ensemble présente à nos yeux le revêtement du noyau terrestre.
Le fait que tous les coptinens s’élèvent graduellement , de
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tous côtés, au-dessus du niveau de l’Océan, est manifesté par le cours des fleuves qui , en général , de l’intérieur des terre» se rendent à la mer.
« Une autre loi de la nature qui ne paraît pas avoir été
assez remarquée, dit U. Walckenaer, c’est que les chaînes de montagnes les mieux liées , les plus hautes , les plus étendues, et oh sont les points culminons de tous les plateaux, •se dirigent toujours dans le sens des plus grandes dimensions des continens , ou des îles, ou des presqu’îles auxquels elles appartiennent; et que les moindres chaînes ou hauteurs où sont les points culminans de tous les plateaux secondaires ou tertiaires se dirigent de même dans le sens des plus grandes dilatations des terres ou des presqu’îles qui terminent ccs continens ou ces îles. Comme les hauteurs des terres circonscrivent les divers bassins des cours d’eau , il peut bien arriver que les fleuves et les rivières qui ont leur source dans la chaîne principale ou dans les points culininans d’un continent ou d’une île, franchissent ou traversent les chaînes secondaires, quoique celles-ci soient cependant fort étendues ou fort élevées ; mais jamais ils ne traversent les hauteurs qui s’étendent dans le sens de la plus grande dimension , et ces hauteurs forment toujours une séparation absolue entre les divers bassins d’un continent ou d’une île quelconque (i). »
Les superficies terrestres sont de fait disposées par rampes et par terrasses qui s'élèvent les unes au-dessus des autres, et forment ainsi les diflérens étages par lesquels on monte graduellement du rivage des mers jusqu'au. faîte des continens et des îles.
Sur ces terrasses et sur ces rampes , les eaux de pluie s’infiltrent ou descendent jusqu'à ce qu'elles trouvent des couches imperméables, ou les sillons extérieurs qui , de leur
'(i) Cosmologie , page iu 5 , et Recherches sur l’Afrique, page Î99.
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continuité et de leur importance relative , prennent les noms de ruisseaux, de rivières et de fleuves.
Ces conduits sont donc les gouttières naturelles de» différens plans de pente dont ils (parquent l’arête inférieure. Les réunions successives des eaux courantes en des lits communs sont indiquées sur les cartes par des linéamens de plus en plus renforcés et disposés dans un système arboriforme. Mais entre deux courans latéraux dont les eaux finissent par se coh : fondre, il existe toujours un exhaussement du sol formé de plusieurs versans.
Dans les hautes montagnes , ces versans n’offrent souvent que des murs de rochers à pic , ou des pentes rapides le long desquelles les eaux roulent et se précipitent de la crête du bassin dans le lit du torrent. Il n’y a alors , de chaque côté du courant, qu’une seule ligne remarquable, celle du partage des eaux avec les bassins adjacens.
Dans les vallées des grands fleuves, les montagnes laissent entre elles une plaine basse , au milieu de laquelle lé fleuve coule et serpente; et lorsque les cours d’eau débordent, ce sont les lignes séparatives des monts d’avec les plaines inférieures qui servent de rives. Dans ces vallées, il y a, de chaque côté du fleuve , un versant , au pied duquel s’étend le glacis de la plaine , par' conséquent deux lignes caractéristiques.
Dans les pays de plaines, les berges ou parois des vallées sont formées par des rideaux , des collines , au-dessus desquels op trouve de vastes plateaux ou des terrains ondulés, qui . s’élèvent ou se dépriment en pentes douces , et quelquefois insensibles , jusqu’à une ligne de partage ou de réunion des eaux, au-delà de laquelle se rencontrent d’autres pentes qui donnent le contre-profil des premières. Les parois des bassins se définissent alors, de chaque côté du courant d’eau extérieur, par trois lignes trè6-distinctes , puisqu’aux deux précédentes il faut nécessairement ajouter la crête de la berge, afin
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de délacher ses pentes de celles du plateau , convexe ou concave, qui en constitue le couronnement.
Le système entier des lignes de partage d’eau détermine sur le sol un réseau composé de courbes , fermées ou presque fermées, longitudinales, multifides ou palmaires , qui enveloppent, à des distances variables, les ligues de réunion des eaux. Celles-ci semblent partir de la mer, comme d’un tronc commun , et pousser leurs ramifications entre les lignes de partage. Ces dernières s’avancent, du milieu des terres vers les côtes, en rameaux irréguliers qui s’entrelacent dans les ramifications des cours d’eau , et les embrassent sans les traverser.
Les cartes n’indiquent cependant les lignes de partage qu’en partie , c’est-à-dire seulement lorsqu’elles se trouvent caractérisées par des éminences considérées comme montagnes. •
11 existe donc , dans l’expression des formes des superficies terrestres , une solution de continuité qui rompt toute harmonie entre les dépendances réciproques des plans de revêtement , et qui isole ainsi une foule de reliefs dont on ne se rend compte qu’en les rapportant à des circonstances éventuelles, au lieu de les comparer au tout dont ils ne sont que les parties proéminentes. ,
De ces faits , il résulte incontestablement : i que les lignes séparatives des eaux et de tous les plans de pente doivent être exprimées sur les cartes, aussi bien que les cours d’eau, par un système continu de faites arboriformes , dont la tige , les branches ou les rameaux embrassent les ramifications des cours d’eau , et dont les troncs sont unis par la chaîne centrale qui traverse tout le continent;
x”. Qu’il convient d’indiquer les relations de ces lignes par des dénominations spéciales propres à caractériser leur fonction réciproque dans l’analyse des divisions naturelles ; car l'emploi des noms en usage pour différencier les diverses parties d’un système de montagnes, ne peut déterminer
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des rapports qui s’étendent au réseau entier des nervures hypsographiques ( 1 ), considérées en elles- mêmes, et dans leürs rapports avec l’hydrographie.
Des arftes principales de la superficie terrestre , et • des noms dont nous faisons usage pour les désigner .
Nous venons de faire connaître que dans tout continent, comme dans chaque île, il existe entre les points les plus distans une communication continue par laquelle on peut se rendre d’une extrémité à l’autre , sans traverser ni fleuves, ni rivières , ni ruisseaux.
A cette arête non interrompue, établissant une première division de versans généraux , et réunissant la majeure partie dès points culminans, nous donnons le nom de Dorsale (a).'
De part et d’autre d’une dorsale ou du faîte d’un continent ou d’une île, les eaux, par leur chute, creusent des sillons qui descendent jusqu’au pied des versans. Ces sillons divisent le massif principal en massifs particuliers, ou rameaux disposés à peu près comme, dans un quadrupède, les côtes le sont à l’égard de l’épine du dos. ( D’Aubuisson , Traité de Géognosie.) 1 ’ < « ’.
En raison de l’analogie, le nom de Costale (3) est celui par lequel nous caractérisons ces arêtes Ou faîtes du deuxième ordre.
Les costales ne s’étendent pas toutes de l’arête principale où elles ont leur origine jusqu’au rivage de la mer; souvent elles aboutissent à de grandes vallées , entre lesquelles elles projettent des branches ; plus souvent encore, elles se perdent ou sc terminent entre des aflluens.
De ces observations générales, nous sommes amenés à reconnaître qu’il y a des costales de plusieurs degrés. Et, en
(i) Ilupscs (hauteur, gr.).
(a) Dorsales ( dorsum , dos).
(3) Cosintis , cotta , cùtc). .
effet , il se détache d’une dorsale un grand nombre d’arêtes transversales qui établissent des limites , non-seulement entre les bassins particuliers, constitués ou par les envahissemens de la mer dans l’intérieur des terres , ou par les extensions des terres dans la mer, mais aussi entre les bassins des fleuves, des rivières, des ruisseaux qui prennent leur source au-dessous d’une arête dorsale.
Pour différencier toutes ces costales entre elles, nous sommes dans la nécessité de déterminer leur importance relative par des qualifications, simples ou complexes, propres à indiquer les divisions qu’elles opèrent dans les parties dout se compose la superficie totale d’un continent ou d’une île.
A cet effet , nous les partageons d’abord en deux classes principales. Dans la première, celle des Costales magistrales (s’étendant de la dorsale jusqu’au rivage de la mer) , nous nous servons des épithètes sub-océanique, maritime, submaritime, golféeunc, sub-golféeune, fluviale, pour caractériser celles de ces costales qui établissent les limites des subdivisions de l’Océan ou des mers, considérées soit dans leur ensemble, soit dans leurs parties, y compris les bassins fluviatilcs. Dans la seconde, celle des Costales intercurrentes ( lesquelles ne se prolongent pas jusqu’aux littoraux maritimes) , nous ajoutons à leur désignation commune les adjectifs, simples ou composés, Amnisienne (1), R ivusieimc ( 2) , Rjvulusienne (3), selon qu’elles s’étendent ou entre des rivières, ou entre des ruisseaux, ou entre des ruisselets de même ordre, ou de degré différent comme afflueus.
Les branches qui partent des costales projettent ellesmêmes d’autres branches qui successivement se ramifient, et dont les rameaux s’épanouissent sur la surface dcscontiueus,
(1) Amnis , rivière.
( 2 ) Rivus , ruisseau.
(5) liivutus , petit ruisseau.
en reproduisant, mais avec des variétés qui leur sont propres, les formes multifides des végétaux.
Des costales naissent les Sous-Costales ; de celles-ci , les R ami- Costales; viennent ensuite les Ramuli-Costales ; et en dernier, les Ramttsculi- Costales, après lesquelles on ne compte plus que des ramilles. Les ramusculi ‘Costales donnant un embranchement de cinquième ordre relativement à la dorsale , les ramilles prime , seconde , tierce et quarte donnent des ramifications du sixième , du septième , du huitième et du neuvième degré.
Il est encore à remarquer que les costales et les dorsales parfois se bifurquent , ou pour former des bassins intérieurs, ou pour établir des sous-divisions de même ordre et de même importance. Dans le premier cas , nous faisons précéder le nom générique de la particule Bi; dans le second, nous employons la dénomination A'Antennales (d ’antenna, antenne), pour caractériser la parité de fonctions des bifurcations;
Mous avons ainsi des Bi-dorsales et des Antenno-dorsales , ainsi que des lîi-costales et des Antenno-costales.
Une costale qui sépare les bassins de deux fleuves ne forme à son origine , entre les sources des afllnens opposés qui les alimentent , qu’une simple arête , ou une croupe de peu de largeur, que nous considérons comme la tige ou la partie supérieure ; mais à une certaine distance cette tige , que nous appelons Troncale, se bifurque pour continuer le couronnement des versans qui , de part et d’autre, tendent toujours à se rapprocher des embouchures. Il existe donc , entre deux fleuves contigus d’un même bassin maritime , et au-dessous de leurs afllnens supérieurs , pour ainsi dire en contact, un élargissement rempli par d’autres bassins de fleuves Sub-mtrans , dont les eaux descendent des costales.
En outre de leur tige, les costales présentent, dans leur prolongement , deux parties très-distinctes : l’une qui, du sommet de la troncale, sc continue jusqu’aux sources du
dernier aITluent inféricurj dont le eours n’a pas moins de dis myriamètres; l’autre, depuis le nœud d’où se détache le faîte transversal , séparant le bassin de cet aflluent de tous ceux qui, plus bas, ne forment plus, comme les tleuves côtiers, qu’une seule division en raison de leur peu d’élendue. Le prolongement qui circonscrit les sources des afllueris minimes ou Ripuaires, est la partie Aortale ou inférieure, liée à la tige supérieure ou à la troncale par une partie Médiale.
Il arrive fréquemment, dans les pays ouverts, que les branches des costales circonscrivent des plaines élevées, légèrement concaves , mais ordinairement arides et sans cours d’eau; aces faîtes, qui rentrent en eux-mêmes, nous donnons le nom de Palmaires, et les rameaux qu’ils projettent prennent la qualification de Digitales, comme derniers rayons qui s’épanouissent sur les bords des rivières et des ileuves.
Lorsqu’un fleuve ou une rivière présente, dans l’étendue, de son cours, un ou plusieurs coudes d’un développement assez étendu, les arêtes qui du périmètre du bassin viennent aboutir à ces angles, ajoutent à leur dénomination propre celle de Cubitale ( cubitus , coude). On a dans ce cas des costales ou des branches de costales, Cubito- fluviales, Cubito-amnisiennes . etc. Les cubitales établissent des divisions analytiques d’un ordre supérieur à celui des aflluens directs , puisqu’elles partagent le versant d’un fleuve ou d’une rivière en parties principales, composées elles-mêmes de plusieurs aflluens directs.
Les lignes de partage d’eau ajoutent à leur dénomination propre l’épithète d' Incise, lorsque, dans leur plus grande dépression, elles s’abaissent assez pour établir un déversoir naturel par lequel un bras d'un fleuve tombe dans le bassin d’un autre fleuve. Le lit supérieur à la bifurcation des eaux forme alors un courant Di-puiiétat , c’est-à-dire appartenant également aux versans de deux bassins contigus ; et , dans cc cas. ces deux bassins s’appellent Connectifs, comme étant liés par un canal naturel. Telles sont, en Europe, les bifurcations
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des rivières de Tornéa ( Laponie) et de Vaucluse ( France) ; un autre exemple se rencontrait autrefois en Toscane, où l’Arno, dans le coude très-marqué qu’il fait pour changer .entièrement la direction de son CQurs supérieur, se divisait en deux bras , dont l’un allait à la mer en suivant le même cours qu’aujourd’htii , et dont l’autre , après avoir suivi le val de Chiana,. mêlait ses eaux à celles du Tibre, soit immédiatement, soit après les avoir confondues avec Celles de la Pallia. •
Les continens et les îles, considérés dans leur ensemble, se composent presque toujours d’une partie principale, qui en est le corps, et d’autres parties adhérentes , plus ou moins saillantes, situées tout à fait à l’extérieur, qui en sont les membres : celles-ci sont connues sous les noms de péninsule, de presqu’île et de promontoire (l’Italie , la Grèce, le Jutland, la Scandinavie, etc.). Les arêtes qui établissent le partage d’eau primaire dans ces appendices sont celles auxquelles nous donnons le nom de Spinales : i“. en raison de leur analogie avec la dorsale; a", parce qu’elles forment l’intersection commune de deux versuns maritimes adossés l’un à l’autre, et sillonnés tous les deux par des fleuves. Les spinales , ainsi que les dorsales, constituent le couronnement de deuxversans maritimes directs; mais les premières ne se rencontrent que dans les parties extérieures ou les appendices du corps principal. v ,
Lorsque les revers des versans maritimes côtiers, par lesquels se fait la liaison entre des bassins dorsaux convergens du corps principal et des bassins spinaux d’une péninsule, sont arrosés par des rivières, ces contre-pentes appartiennent aux régions Médiales ou abdominales, ef sont bordées par le thalweg d’un fleuve; de là les arêtes laitières de ces massifs intermédiaires prennent le nom d 'Abdominales.
L'emploi des noms dont nous venons d’indiquer l’application est motivé sur la nécessité île définir, dans l’analyse naturelle, les arêtes qui circonscrivent les bassins hydrographi-
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ques, de manière à rappeler la situation relative de ces arêtes dans le réseau continu des lignes de partage. Il y a en effet nne grande différence à faire entre mie arête dorsale et une chaîne principale. Dans tout sÿstème de montagnes, on considère comme chaîne principale celle qui s’étend dans le sens de la longueur du massif, et l’on appelle contre-forts tous les faites collatéraux, parce qu’ils sont disposés , relativement à la chaîne principale, comme les contre-forts qu’on adosse aux murailles élevées pour en assurer la stabilité. Le nom de dorsale , au contraire , ne convient qu’au faîte qui couronne les versans généraux d’un continent ou d’une île , soit que ce faite se trouve formé par des monts ou par des dos de pays : c’est donc une arête continue qui établit la division hydrographique du premier degré.
Les monts Cantabres, les Balkans, pris chacun en particulier, ont l’un et l’autre un faîte principal et des faites transversaux ou des contre-forts, et de ceux-ci partent des souscontre-forts, desquels se détachent des chaînons donnant naissance à des branches. Mais les monts Cantabres ont leur partie orientale dans' la dorsale de la péninsule européenne, et ce massif en fait le trente-unième annêau ou chaînon. La partie occidentale des Cantabres constitue, au contraire, la costale sub-maritime qui sépare la mer occidentale des Gaules, de l’océan Lusilano-Callaïqué. Le Ualkan ou l’Hœmus appartient en grande partie au dernier chaînon de la costale maritime séparant la Méditerranée centrale de la mer Noire, laquelle costale est enracinée à la dix-neuvième division de la dorsale, ou aux Alpes méridionales des Grisons.
Voilà donc des dépendances nécessaires à connaître pour se rendre raison de l’ensemble des configurations physiques.
Les fleuves , eu égard à leur situation respective , se partagent en deux ordres principaux : en Dorsaux et en Costaux.
Les dorsaux sont naturellement ceux dont les premières eaux descendent eu partie de la dorsale , et les costaux ceux qui ont quelques-unes de leurs sources dans lçs costales.
Ces derniers sc divisent en Subintrans et en Externes. Les subiutrans naissent dans les élargissemens que laissent entre eux les dorsaux, à partir du nœud où leurs affluens respectifs cessent d’avoir une ligne de partage commune; ils se différencient en Sous-dorsaux et en Côtiers.
Les sous-dorsaux sont toujours enclavés entre les dorsaux appartenant à une même division hydrographique anté-fluviale. Lorsque les fleuves sous-dorsaux ont un cours d’un développement moindre que dix myriamètres (environ vingt lieues), ils n’ont plus agsez d’importance pour former des divisions uni-fluviatiles on les comprend alors dans une seule et même enclave , sous la dénomination particulière de fleuves côtiers. S’il arrive , comme cela a lieu sur le littoral de la Bétique , que ces petits fleuves proviennent directement de la dorsale , on les appelle dans ce cas Côtier s-Radicaux.
Les costaux externes ont leur domaine en dehors des bassins dorsaux convergcns des divisions anté-fluviales : ils se trouvent ou sur des pentes de revers à l’égard d’un bassin dorsal (comme le versant maritime des Alpes Dinariques relativement au bassin du Danube) , ou sur les faces de saillans qui , avec des dimensions beaucoup moindres que celles des contineus auxquels ils appartiennent , forment au-delà des terres, dans la dépendance des dorsaux, ces appendices connus sous les noms de péninsule , de presqu’île et de promontoire. On sait que l’on nomme plus particulièrement péninsules les saillans au-delà d’une langue de terre étroite ( la Morée, la Crimée).
Par l’application aux costaux externes des observations faites ci-dessus pour les costaux subintrans, on conçoit qu’il
a aussi entre eux des sous-costaux et des côtiers. Nous ferons observer, en outre, que dans tous les saillans, les costaux sont Spinaux (i), c’est-à-dire qu’ils ont leurs sources près du faîte principal , commun à deux versans maritimes adossés
(i) Spina , épine. ~
l’un à l’autre , et que sur les revers des bassins fluviatiles dorsaux ils sont Abdominaux (i).
De l’analyse des bassins fluviatiles, il devient superflu de passer à celle des bassins amnisiens ou de rivières.
En considérant les rives d’un fleuve comme des littoraux océaniques ou maritimes, les afïlucns directs se répartissent, à l’instar des fleuves, en trois divisions. Dans la première, on comprend les rivières dorsales et les faîtières ou marginales; dans la seconde , les subintrantes ou les médianes , relativement aux précédentes et aux suivantes; dans la troisième, les ripuaires (a) ou les côtières fluviales.
En circonscrivant avec soin et de près les origines des divers cours d’eau qui sillonnent les pentes vers l’Océan et les ' mers extérieures, on entoure, çà et là, des espaces où l’on
aperçoit des rivières qui se perdent dans des mers ou dans
des lacs sans issue, ou dans un terrain sablonneux. Nous
différencions ces eaux courantes par la qualification d'A normale ( hors la règle ) , que nous ajoutons au nom qu’elles tiennent de leur analogie avec les diverses lignes caractérisées ci-dessus.
Après cette indication sommaire des termes particuliers t dont nous faisons usage pour caractériser les rapports et le gisement réciproque des cours d’eau et des diverses arêtes dont se compose le réseau continu des lignes de partage des eaux sur la surface du globe, nous allons passer à l’analyse de la carte hydrogéique de l’Europe centrale. Nous nous trouverons entraîné, par cette analyse, dans des subdivisions que nous ne multiplierons qu’autaut qu’il sera nécessaire pour que l’on arrive à connaître que , dans les moindres parties, les lois.de l’analyse naturelle suivent toujours une mar-» che uniforme.
(i) Abdomen , ventre,
(a) Ripa , rive.
jçxrvi
Nota. Des personnes connues par «les ouvrages justemént estimés, n’ayant pas pris la peine d’entrer dans la généralité de nos Vues sur le réseau des lignes qui déterminent les plans de revêtement du polyèdre terrestre, ont émis l’opinion qu’il n'était p^s nécessaire de recourir à une nomenclature artificielle pour préciser des relations déjà , disent-elles , indiquées par des mots reçus. - ■ ~ . y
A l’appui de cette assertion, elles ont cité un avant-propos du Mémorial militaire du Dépôt de la guerre , avant-propos dans lequel se trouvent toutes les définitions des mots employés pour différencier les diverses parties d 7 un système de montagnes. * v i
Comme cet ouvrage nous était parfaitement connu avant que nous nous fussions engagé dans la méthode d’analyse
dont nous établissons les préceptes , c’est la nécessité de fixer
les rapports absolus de chacune des arêtes séparatives des plans de configuration avec les réseaux hypsographiques et hydrographiques dont elles sont les élémens, qui nous a porté à faire choix d’expressions nouvelles ; et en effet , ces rapports n’ayant jamais été embrassés que par nous dans toute leur étendue , nous avons dû agir comme ayant table rase. Le temps sans doute apportera quelques modifications à notre Essai ; mais enfin on arrivera à des termes qui prévaudront ; alors il sera manifeste que nous devions prendre l’initiative.