SCENE TROISIÈME
3jrac VILLIAUD.
Eh bien ! des larmes maintenant !
BERTHE
Oh ! de la mousse de larmes, maman, ne fais pas attention !
MARGUERITE
Miette a bu du Champagne de mélancolie. N'est-ce pas, Berthe ?
BERTHE (fait signe de la tête : oui; à Robert qui la regarde).
Encore une expression de pensionnaire. Vous ne pouvez pas comprendre.
ROBERT
Le langage des pensionnaires?... Je le prononce mal, mais je le lis couramment.
BERTHE
C'est pourtant un langage à secret.
ROBERT
A secret de polichinelle. La diplomatie n'en voudrait pas.
MARGUERITE
Mais la poésie en veut bien, parce que c'est nous qui le fabriquons.
(Berthe a llctoriiie qui vient d'entrer montre la tasse et le lait par terre.)
M"'"^ VILLIAUD.
Mes enfants, puisque c'est le printemps, si nous allions voir ce qui pousse. Cela aidera vos gentilles idées à fleurir. (A Robert. ) J'ai dit " Mes enfants ! „ Vous ne m'en voulez pas ?
Venant d'un cœur comme le vôtre, ce mot-là fait tant de bien. (Il lui offre le bras.)
M'"« \'iLLiAUD (le refusant).
Non, non. Vous avez à bavarder ailleurs. Je l'accepterai pour revenir.
ROBERT
Parce que vous êtes curieuse, n'est-ce pas, maman !
Al™« VILLIAUD.
Parce que vous l'avez deviné.
MARGUERITE
Berthe, il y a maman qui fait la cour à ton fiancé.
Oh ! maman, tu n'es pas honteuse ? (Elle saisit le bras de Robert.)
Mme VILLIAUD.
Passez, les enfants !
BERTIIE.
Non, nous derrière.
^j/nic Villiand sort avec Gabriclle et Marguerite, Bcrtlie et Robert suivent.)