‹ Étude de jeune fille [par] Henry MaubelChapitre 18 sur 20 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

M"" VILLIAUD entre avec MARGUERITE et GABRIELLE.

M"'^ VILLIAUD.

Ma petite Miette, la voiture !... Il faut te résigner.

MARGUERITE

Voilà une demi-heure que nous t'appelons.

MIETTE

J'étais occupée.

BERTHE

Viens !

(Miette prend suiis le hras son alhiini comme un ohjd précieux et sort avec Berthe.) ROBERT (repre)iant toi ton un peu plus cérémonieux.)

Vous verra-t-on au théâtre ce soir, Mesdames?

!\jme viLLIAUD.

Un lendemain de bal, c'est de rigueur... si les jeunes filles le désirent.

MARGUERITE

Nous le désirons, nous le désirons ! n'est-ce pas, Gabrielle?

GABRIELLE

Oui, oui. Que joue-t-on?

ROBERT

La Favorite et les Deux Orphelines.

GABRIELLE

Quel spectacle !

AiiETTE (habillée pour le départ, rentre avec Berthe, sur ces derniers mots. A peine entrée, elle a le mouvement d'avoir ottblié quelque chose.)

Oh ! vous m'avez promis de vos fleurs d'hier soir !

Je vais t'en chercher !

AVARGUERITE

Sur mon lit, Berthe !

iMiETTE (un peu tristement).

Vous allez au théâtre ?

.MARGUERITE (d'iui air d'excuse pour rire).

Il faut bien : pour rassurer M'"'-" Lebonnel.

.MIETTE (d'un ton triste et lent).

Des compliments à Hidulfe! (Regardant le ciel au dehors.) Le soleil dégringole ! Il rentre chez lui. Nous allons rentrer ensemble. (A Robert.) Il faudra le regarder de temps en temps avec Berthe. Il va m'accompagner pendant tout le voyage. (Avec un regard reconnaissant à Berthe, qui revient avec les fleurs et les lui donne.) Merci, toi ! (Elle embrasse sa mère.) Au revoir, maman ! (Même jeu aux autres jeunes filles.) Au revoir, Margot. (A Gabricllc, lui montrant les fleurs.) 11 y a aussi des tiennes, n'est-ce pas ?

GABRiELLE ( l'euibrassaut).

Oui.

.MIETTE (embrasse Berthe longuement, et lui dit : au revoir! comme pour lui denurnder pardon encore une fois de ses méchancetés de tantôt, puis elle prend la nuiin de Robert sans quitter celle de Berthe).

Je vous aime bien tous les deux \ {A Robert.) N'oubliez pas votre promesse.

Et toi, n'oublie pas la tienne.

MIETTE (s' arrêtant de sortir, interloquée). La mienne ?

M"^^ VILLIAUD.

Ta promesse d'être sage !

MIETTE

Ah ! (Reprenant le ton léger.) Oh! oui, maman

je serai si sage

(Elle se sauve en criant encore: au revoir ! Tout le monde s'avance jusque dans la serre, signe : au revoir!

— Craquement de gravier sur lequel roule la voiture et mouvement tournant des têtes donnant l'illusion de cette en-allée lente de la voiture.)

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