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Dans cette réaction, il y aurait formation de chlorure de nitrile provenant de l’action directe du chlore sur les vapeurs nitreuses.
D'une façon générale, l’eau régale produit par son chlore une oxydation directe ou indirecte. C’est là, la réaction fondamentale à froid. Nous avons vu, en effet, qu'avec la cystine donnant lieu à une réaction trés violente, il se produit un dégagement abondant de vapeurs nitreuses. Nous signalerons cependant une propriété remarquable de l'eau régale qui n'avait pas été signalée jusqu'à ce jour. C'est la désamination des acides aminés et des polypeptides avec formation d'azote. Nous n’avons jamais observé la présence de sels ammoniacaux dans nos résidus de destruction. D'autre part, comme nous l’avons vu page 28, cette réaction ne saurait être imputable au chlore naissant qui donne avec la cystine de l'acide cystéinique.
La désamination, comme nous l'avons vu, s'effectue donc par l'acide azoteux, et cette réaction se produit en même temps que l'oxydation. Il ne saurait donc être question d'une réaction secondaire, la production d'acide azoteux serait comme celle du chlore une réaction fondamentale.
L'eau régale agirait donc, en définitive :
19 Par son chlore suivant l'équation (1) directement ou indirectement : 2CI + HOH = 2HCI + O | (formation d'acide cystéinique par le chlore naissant) ;
2° Par ses vapeurs nitreuses NO, qui donneraient, au contact de l'eau, de l'acide azoteux et de l'acide azotique suivant l'équation (3).
L'intensité avec laquelle se fait la désamination en est la preuve. À moins que cet acide azoteux provienne de la réduction du peroxyde d'azote qui agirait comme oxydant pour donner de l'anhydride azoteux N,0, et de l'acide azoteux NO,H.
Nous remarquerons, dans cette action, que l'azote fixé par des liaisons polypeptidiques reste inattaqué.
Sur le soufre, l'oxydation s'effectue par l’action indirecte du chlore, puisque l’eau de chlore agissant sur la cystine
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conduit à l'acide cystéinique et elle se fait aussi par les vapeurs nitreuses et les dérivés nitrés. On sait, en effet,
que l'acide azotique dilué possède des propriétés oxydantes identiques.
Conclusions.
Nous retiendrons que l’eau régale, comme agent de destruction préliminaire, sur les substances organiques soufrées conduit aux résultats suivants :
A.— Les corps dans lesquels le soufre est complètement oxydé (sulfates) seront inattaqués et l’acide sulfurique, étant peu volatil, se retrouvera dans les produits d’évaporation de l'eau régale.
B. — Les corps à soufre incomplètement oxydé (sulfoniques et sulfones) sont presque inattaqués par l’eau régale. Les sulfones se retrouvent dans le produit d’évaporation. Visà-vis des dérivés sulfoniques, l'attaque est nulle à froid. C’est seulement avec le concours de la chaleur et pendant l’évaporation au bain-marie que l’on retrouve des traces d'acide sulfurique.
C.— a) L'action de l’eau régale sur la cystine conduit à un dérivé sulfonique désaminé : l'acide sulfolactique associé à des traces de dérivés sulfoniques différents ;
b) La méthionine conduit à un mélange de sulfones provenant de l'oxydation du soufre placé entre deux carbones. Il se produit de très petites quantités d'acide sulfurique ;
c) Le glutathion conduit à un dérivé dont la formule générale correspond à celle du glutathion dans lequel les groupements aminés NH, seraient remplacés par des oxhydriles OH ;
d) Le sulfocyanure d'ammonium est complètement oxydé, le soufre se trouvant transformé en acide sulfurique ;
e) Il en est de même de la sulfo-urée ;
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f) La thiosinnamine est également complètement oxydée par l'eau régale.
D.— Les corps dont le soufre est inclus dans un cycle, tels le thiophène et le bleu de méthylène, cèdent simplement une partie de leur soufre qui est transformé en acide sulfurique sous l'influence de l’eau régale. Il se forme principalement une sulfone ou un mélange de sulfones, conformément à la règle générale et comme nous l'avons signalé pour la méthionine, à savoir : le soufre inclus dans une molécule entre deux carbones donne, sous l'influence des oxydants (le permanganate alcalin excepté), des sulfones
de formule :