CHAPITRE II
Dosage du soufre urinaire par la méthode au permanganate alcalin après oxydation par l’eau régale.
Nous venons de voir que si l’eau régale, comme agent de destruction préliminaire, permet de se débarrasser d’une gangue organique considérable ; elle conduit, dans certains cas, avec la méthionine par exemple, à des sulfones, qui seront inattaquées par le permanganate alcalin. Examinons maintenant les corps soufrés que nous sommes susceptibles de rencontrer dans l'urine (voir page 18 et suiv.), et voyons si la méthode au permanganate alcalin, après destruction par l'eau régale, peut nous conduire au but que nous poursuivons. Les sulfocyanures seront transformés intégralement en acide sulfurique par l’eau régale ; la taurine et l'acide taurocarbamique resteront, en grande partie, à l’état de taurine, totalement oxydable par le permanganate alcalin, une faible proportion de soufre donnera de l'acide sulfurique sous l'influence de la chaleur. |
La cystine est très peu soluble dans l’eau. Sa présence dans l'urine a été signalée dans certains cas de cystinurie. Quoi qu'il en soit, les produits ultimes de l’action de l'eau régale seront de l'acide sulfurique et de l'acide sulfolactique. 11 en sera vraisemblablement de même des polypeptides soufrés dont le type est l’urochrome (forme bisulfure, R,—S—S—R,) et qui subiront un mode de destruction identique à celui du glutathion, en donnant naissance à de
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l'acide sulfurique et à des sulfoniques attaquables par le permanganate alcalin.
Enfin, il reste la faible proportion de polypeptides méthioniques et la méthionine, partiellement transformés, il est vrai, en sulfones par l’eau régale et qui seront inattaquables par le permanganate alcalin. Nous nous sommes demandés, cependant, malgré cette légère cause d'erreur, si les résultats obtenus avec cette méthode étaient comparables à ceux que donne la calcination avec le mélange oxydant, d'abord à l'air, puis en vase clos, en tenant compte, cette fois, des produits volatilisés au cours de l'opération.
Si la méthode est ainsi cliniquement acceptable, avec les urines normales elle deviendrait applicable aux urines glycosuriques pour lesquelles nous cherchons un procédé de dosage du soufre total.
Ces considérations nous ont conduit, en première analyse, à adopter la technique suivante pour doser le soufre urinaire sous ses trois formes : elle ne diffère en rien de la technique classique de Salkowski en ce qui concerne le soufre des sulfates et le soufre des esters-sulfates.