CHAPITRE V
Nous avions envisagé d'étendre aux tissus la méthode de dosage que nous venons d'exposer pour les urines des glycosuriques. Le procédé de destruction par l’eau régale s’applique très bien aux substances biologiques animales et nous avions pu détruire d'une façon complète tous les organes ou fractions d'organes. Cependant, un certain nombre de petites variantes avaient dû être mises en œuvre : la substance animale était laissée en contact avec le liquide oxydant pendant un temps variable dont la limite était indiquée par la disparition presque complète du produit. Ensuite l’ensemble était porté à l’ébullition dans un matras muni d’un réfrigérant ascendant, puis filtré et les graisses restant sur le filtre reprises par l’eau chaude à plusieurs reprises. L'opération de destruction était enfin terminée comme dans le cas des urines. Mais, malheureusement, la méthode de dosage du soufre par calcination du résidu en présence de mélange oxydant alcalin n’est pas applicable.
En effet, si l'urine ne contient guère que des polypeptides du type méthionine, de haute condensation, donnant par l’eau régale des sulfones peu volatiles au cours de la calcination avec le mélange oxydant, il n’en est pas de même des substances biologiques surtout celles d’origine animale (Baerstein). La kératine de la corne, l'ovalbumine, contien- nent 4,4 % de méthionine, la lactalbumine 2,6 %, la fibrine 2,49. Or, si nous nous reportons à l’action de la calcination par le mélange oxydant alcalin consécutive à l’action de l’eau régale sur la méthionine (voir page 51), on n'obtient jamais, pour le pourcentage en soufre, le chiffre théorique.
SR pare
La volatilisation de corps organiques soufrés ou même de la sulfone de la méthionine est beaucoup plus faible qu'avec les sulfones en général (sulfonal, saccharine), mais elle s'effectue cependant d’une façon très nette.
L'erreur sur le chiffre théorique est éminemment variable. De 2 % dans le premier dosage (eau régale permanganate)
et de 3,9 % dans le second (eau régale, calcination). Elle ne ,
peut être atténuée par aucun coefficient de correction.
La méthode de destruction par l’eau régale suivie de la calcination par le mélange oxydant alcalin est donc inutilisable pour les substances biologiques animales.