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Conclusions
Nous avons,au cours de ce travail, et dans le but d’établir un procédé de dosage du soufre dans les urines des glycosuriques, étudié l’action de l’eau régale sur une série de corps organiques soufrés en isolant les produits de la réaction.
Nous avons établi un fait fondamental, l’« désamination des acides aminés et de polypeptides, ce qui nous a permis d'expliquer l'action de l’eau régale comme agent de destruction de la matière organique. Nous avons mis en évidence l’action de l'acide azoteux comme agent d’oxydation principal.
Les produits isolés sont, pour la cystine et le glutathion, des dérivés sulfoniques désaminés sous l'influence de l'acide azoteux avec transformation du groupement NH, en groupement OH. Dans ce mode d'action les liaisons polypeptidiques sont inattaquées. On peut ainsi prévoir, pour les dérivés soufrés de haute concentration R, —S—S—R,, la formation de chaînes polypeptidiques désaminées avec formation de sulfoniques correspondant R, — SO;H, R, —SO;,H.
La taurine perd son azote par un mécanisme identique pour donner de l'acide iséthionique.
Les acides sulfoniques de haute condensation R —SO,;H donnent des réactions identiques par désamination et transformation du groupement NH, en groupement alcool secondaire OH.
La méthionine, dans laquelle le soufre est situé entre deux groupements carbonés, fait exception à cette règle générale, à savoir formation de sulfoniques et désamina-
tion, pour donner naissance à une sulfone qui, comme nous le savons, n’est plus oxydable par le permanganate alcalin.
Les sulfocyanures ont leur soufre transformé quantitativement en acide sulfurique. Ilen est de même de la sulfourée et de la thiosinnamine.
Enfin, si le soufre inclus dans un cycle (thionine, thiophène, bleu de méthylène) est dosable directement par le permanganate alcalin,il ne l’est plus après l’action préliminaire de l’eau régale, ce qui nous a conduit à admettre la formation de sulfones que nous n'avons pas cherché à isoler du mélange goudronneux provenant de la réaction.
Les sulfones sont inattaquées par l’eau régale, ce qui
confirme les résultats antérieurement acquis.
La méthode de destruction permanganique, après l’action préliminaire de l’eau régale sur des urines, nous a conduit aux résultats suivants : Le dosage du soufre s'effectue sans pertes sensibles, mais la méthode est longue et délicate. En particulier, la destruction parle permanganate alcalin et la précipitation du sulfate de baryum exigent quelquefois plusieurs jours:
La comparaison, sur des urines normales, de la méthode que nous avons décrite et de la méthode par calcination simple avec le mélange oxydant alcalin, fait apparaître de légères pertes de corps volatils soufrés pendant la calcination. Les erreurs sont cependant si faibles que la dernière méthode par calcination simple reste cliniquement utilisable avec les urines normales.
La méthode que nous préconisons pour doser le soufre urinaire dans les urines glycosuriques, qui donne aussi d'excellents résultats sans pertes de soufre avec les urines normales, est la méthode par calcination par le mélange
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fondant alcalin après oxydation préliminaire par l’eau régale et dont la description a été donnée page 56.
Nous avons essayé de généraliser la méthode, de manière à l'appliquer au dosage du soufre dans les substances biologiques, en particulier dans les organes, tissus, fragments d'organes ou de tissus, etc. En pareils cas elle n’est pas applicable. La méthionine donne une sulfone par action de l'eau régale. Contrairement aux dérivés sulfoniques particulièrement stables, cette substance donne lieu, sous l’action du mélange oxydant alcalin, à des pertes par volatilisation que l’on ne peut évaluer par aucun coéfficient de correction.
Vu : le Président de la thèse,
M. POLONOVSKI.
Vu : le Doyen,
M. TIFFENEAU.
Vu et permis d'imprimer :
le Recteur de l’Académie de Paris,