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montrent que 90 o/o du thorium restent dans l'intestin, qu’il soit sous forme de sulfate ou de formiate, et à plus forte raisond'hydrate qui est beaucoup plus insoluble. On remarquera d’ailleurs que nous n'avons, pour ainsi dire, pas constaté de passage de thorium dans l'urine quand nous avons administré de L Hiuie de thorium.
Les sels de thorium ont la propriéié de s’hydrolyser très complètement et de se précipiter, même dans des milieux acides : il paraîtrait donc logique de supposer que dans un intestin à acidité normale, c'est-à-dire faible, les sels de thorium s’insolubilisent assez rapidement et restent complètement dans le conduit intestinal. Mais comme on est en milieu albumineux qui trouble toutes les réactions, d'une part, et que,
. d’autre part, les sels de thorium ont tendance à former facile- -
ment, au moment où ils s'hydrolysent, des pseudosolutions colloïdales, il peut se faire que, sous cette forme, et dans des conditions spéciales de réaction intestinale, des traces de thorium passent dans l'organisme et se retrouvent dans les urines Le fait que le thorium soit lié à l’ion SO‘ ou H—CO*, ou OH, ne modifie en rien les modalités de son élimination qui reste toujours essentiellement intestinale.
Elimination du thorium par l'intestin. — Comme nous le disions plus haut, les analyses 4 et à sont très démonstratives pour l'étude de l'élimination du thorium par les féces. Cette élimination se fait rapidement le deuxième ou le troisième jour après l’absorption du produit. À ce moment, près des 4/5 du thorium sont éliminés. Puis, il reste des traces de produit qui sont retenues beaucoup plus longtemps dans l'organisme et on arrive à en déceler encore des quantités appréciables (0.008 par kilo) huit jours après l’absorption.
Action du Thorium sur l'insoluble urinaire. — Au moment où nous avions coustaté l'augmentation très nette de l’insoluble urinaire, nous avions espéré y retrouver du thorium chaque fois que cet insoluble aurait augmenté notablement. Il n’en a rien été, et si parfois nous avons trouvé du thorium les jours où l'insoluble était élevé, nous avons souvent, par contre, constaté des insolubles très élevés sans pouvoir déceler la moindre trace de thorium. Cet insoluble paraît cependant bien en rapport avec l'absorption du thorium et, dans les 5 expé-
riences que nousavons faites, nous l’avons vu toujours augmen-
ter de 20 à 70 milligrammes par litre, dès le premier jour de l'absorption du produit et se maintenir très élevé, tant qu'il
restait du thorium dans l'intestin, Seule, l'analyse détaillée de tous les éléments minéraux composant cet insoluble pourrait nous éclairer sur la nature des éléments dont le métabolisme est modifié sous l'influence du thorium.
Nous avions pris la précaution, lors du dosage de cet insoluble urinaire, de noterles quantités d’urines émises par vingt-quatre heures. Nous ne les avons pas indiquées dans nos tableaux pour ne pas les surcharger, mais ces quantités émises sont restées remarquablement régulières dans nos expériences, et les légères variations d'émission n’entachent pas d'erreur notable
nos chiffres d’insoluble,
THORIUM.ET DÉCALCIFICATION
Un élément était particulièrement intéressant à doser: le calcium, car il était nécessaire de savoir si nous ne produisions pas üne décalcification, même légère, de l'organisme en introduisant dans celui-ci des quantités de thorium métal atteignant 1,50 et 2 grammes par jour. Il était peu probable que cela fût, car le thorium restant dans le tube digestif, son action sur le calcium ne pouvait être que très minime. Nous avons donc procédé à des dosages de calcium sanguin et urinaire chez des sujets ayant absorbé du thorium, et nous avons trouvé des chiffres normaux: