INTRODUCTION
. À la fin du siècle dernier les travaux américains mirent en évidence un syndrome anatomo-clinique nouveau : l’atélectasie pulmonaire post-opératoire. Depuis, un grand nombre de communications tant aux Etats-Unis qu’en France vinrent montrer la fréquence de cette complication des interventions chirurgicales et tentèrent d’en élucider le mécanisme. Dans une seconde étape la connaissance d’atélectasie massive due à l’aspiration de corps étranger dans les bronches amena de très utiles éclaircissements quant à la pathogénie du syndrome. Les observations cliniques de CHevazier-Jacxson et ‘de LEE, les expériences de Koryzias et BrrNsBauM permirent de penser que l’obstruction bronchique était dans un grand nombre de cas responsable de la production de l’atélectasie. Ce n’est que beaucoup plus récemment que furent rapportées des observations d’atélectasie apparaissant au cours d’affections pulmonaires diverses au nombre desquelles le cancer du poumon et la tuberculose pulmonaire sont au premier rang. S'il nous a paru intéressant de grouper ici les faits encore rares et si disparates dans leur survenue et
\ dans leur évolution d’atélectasie massive au cours de la tuberculose pulmonaire, c’est en raison de deux considérations d’ordre assez différent.
Tout d’abord la méconnaissance de ce syndrome risque de le faire prendre pour un état pulmonaire qui comporte un pronostic beaucoup plus grave, alors que son apparente malignité fait place en général assez vite à une situation favorable. Ensuite, en raison même des conditions si variables dans lesquelles se produisent les cas d’atélectasie massive, iln’est pas possible actuellement d’en concevoir une pathogénie univoque : ainsi cette question permet de soulever des hypothèses qui apportent un jour nouveau sur la physio-pathologie pulmonaire.
C’est grâce à la pratique des clichés radiographiques en série pour suivre l’évolution d’un malade atteint de tuberculose pulmonaire que fut découvert ce syndrome qui, contrairement aux faits constatés après intervention chirurgicale, est fréquemment silencieux au point de vue fonctionnel. En 1925 Farris apporta les premiers cas d’atélectasie massive chez les tuberculeux. En 1928 PacxarD de SARANACG Lake communiqua cinq observations très documentées de tuberculose pulmonaire avec atélectasie. JacomæÆus avec ses collaborateurs SELANDER et Wesrermarx a publié en 1929 des monographies fondamentales sur la question. Il a posé le problème en termes nouveaux, d’une part en faisant la démonstration du syndrome dans des processus où jusqu’alors il n'avait pas été constaté, d’autre part en découvrant
L'AmeE
un signe nouveau d'importance considérable : la grande diminution de la pression pleurale au cours.de l’atélectasie massive. Grâce à ce signe, joint aux constatations radiologiques, il est permis de poser à coup sûr le diagnostic. Le travail de Savé, les observations récentes de Naveavw et de Kaxony précisèrent enfin plusieurs points particuliers de la question.
Nous avons dit que les cas rapportés différaient dans leurs conditions de survenue. En effet, tous les auteurs que nous venons de citer ont présenté des observations d’atélectasies apparues sans qu’on puisse les ramener à une cause apparente. Au contraire, dans un second groupe de faits, cet état particulier du parenchyme pulmonaire est constamment secondaire à une hémoptysie plus ou moins abondante : Nous signalerons entre autres dans les cas de ce genre les observations de Wirson, de SrorcxiTza et de SAYÉ. Enfin on peut rapprocher des cas très particuliers où la paralysie du phrénique paraît responsable du syndrome d’atélectasie massive. Ce sont ceux de SEr- GENT et VigertT où la paralysie phrénique s’est produite spontanément, ceux de Wirzy Frœnricn où elle était consécutive à une phrénicectomie, celui de Degré, Micxon et GizBrin où elle était due à une section accidentelle du nerf.
Avant d'étudier la symptomatologie et de tenter l'explication pathogénique de ces différents faits, 1l convient pour préciser les limites de la question de donner une définition de l’atélectasie pulmonaire.
L’atiléctasie massive du poumon est, suivant les