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8) Vésicules colloïdes. — La formation de vésicules colloïdes est un phénomène fréquent dans les épithéliomas branchiaux du cou.
En général ces cavités sont limitées par une seule assise de cellules cylindriques ou cubiques régulièrement ordonnées par rapport au centre de la vésicule. Mais on peut observer plusieurs couches : alors il n’est pas rare que les cellules centrales s’aplatissent, se disposent en croissant. Ce sont ces formations que les auteurs décrivent minutieusement et regardent comme caractéristiques de l'endothéliome. |
Le contenu de la vésicule est une masse homogène colorée en rose par l’éosine hématoxylique. Cette masse centrale peut remplir toute la cavité. D’autres fois elle est séparée de la zone cellulaire par un espace qui semble vide. Cornil a montré que la première variété répondait à un état de moindre activité. La cavité renferme souvent des débris cellulaires.
Il est rare que ces vésicules soient isolées et au contact direct du tissu conjonctif. Presque toujours elles apparaissent au centre d’un amas de cellules fondamentales (fig. 5).
2° Stroma. — a) Tissu myomarEux. — Je décris dans un chapitre spécial le tissu myxomateux pour montrer quelle importance on doit lui attacher. Je ne veux pas le confondre avec le tissu conjonctif dont on s'accorde à le regarder comme une dégénérescence.
Le tissu myomateux, en effet, existait dans tous les cas que nous avons étudiés. Cependant les auteurs qui se sont occupés du cancer branchial en font à peine mention. Kiener l’a observé dans un cas . de Brintet. Perez n'en parle pas, mais ses figures le représentent.
Dans nos tumeurs le tissu myxomateux existe à des états différents de pureté. En certains points il se présente sous un aspect tout à fait typique.
Il est essentiellement formé de cellules et d’une substance amorphe intercellulaire (fig. 7).
Les cellules sont ordinairement plusieurs fois ramifiées, souvent elles sont rondes, quelquefois fusiformes. La substance intercellulaire estincolore et présonte tous les caractères histochimiques de La mucine. Elle se colore à peine par l’éosine et le carmin, la thionine
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la colore en violet, la safranine en brun rougeûtre ; ces colorations
sont d’ailleurs peu tenaces.
Dans certains cas, sa structure est moins typique. On trouve dans la substance fondamentale des fibrilles assez abondantes et on peut observer tous les intermédiaires entre le tissu myxomateux pur que nous venons de décrire et le tissu conjonctif adulte.
Ce tissu myxomateux se dispose d’une façon variable. [l forme souvent la masse centrale de la tumeur (obs. Il, LIL, IV, fig. 5).
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F1G, 7. — Un coin d’îÎlot myomateux entouré de cellules fondamentales. tm. — Tissu myomateux formant un îlot régulièrement ovalaire . — ÿe. Cellules fondamentales disposées en bordures.
Quelquefois, sur une coupe, il constitue une masse ronde entourée d’une bordure cellulaire très nette (fig. 7).
D'autres fois, il forme des trainées plus ou moins ramifiées, tantôt nettement limitées, par une bordure de cellules, tantôt diffuses entre les éléments fondamentaux.
Il est remarquable de voir que les cellules fondamentales se conti-
nuent avec les cellules myxomateuses.
Cependant Malassez soutient qu'en ne peut considérer le tissu
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myxomateux comme l’effet de la dégénérescence de ces cellules fondamentales. Ce serait plutôt de véritables néoformations qui, parties des travées et des parois se sont développées sous forme de végétation. Ce qui le prouverait, c’est qu’on peut observer tous les intermédiaires possibles, depuis les simples saillies sessiles ou pédicules qui ne sont qu'un bourgeonnement des parois ou des travées jusqu'aux végétations les plus compliquées. (Voir p. 45).
Ces masses paraissent plus développées dans les amas anciens, ce qui montre qu’elles s'accroissent progressivement.
Ainsi donc, pendant que la néoformation épithéliale envahit de proche en proche les tissus qui l'entourent, elle est envahie par la néoformation myxomateuse. Il arrive même parfois (obs. IIT et IV) que les masses myxomateuses refoulent et étouflent les cellules fondamentales contre la capsule.
Ces masses mÿxomateuses peuvent être le siège de suffusions sanguines abondantes, c'est là un des modes de formation des kystes sanguins du cou.
Dans le tissu myxomateux, il peut exister des cellules cartilagineuses (obs. V).
b) Tissu consoncrir. — Le tissu conjonctif vrai a une importance variable, il est en raison inverse du tissu myxomateux.
Il forme autour de ces tumeurs une capsule plus ou moins nette.
Dans l'épaisseur de la tumeur il se dispose quelquefois en faisceaux denses, qui enserrent et atrophient les cellules (fig. 3).
De la capsule se détachent des travées fibreuses qui cloisonnent les amas épithéliaux et concourent à former le tissu myxomateux.
Ce tissu peut subir différentes dégénérescences; nous avons déjà vu la plus importante : la dégénérescence myxomateuse. Nous l'avons étudiée à part, car elle a une importance primordiale et donne à ces tumeurs une phystonomie tout à fait spéciale.
Je n’ai pas observé les cylindromes qu'a décrits Malassez dans les tumeurs mixtes parabuccales, mais Kiener les a reconnus dans une des observations de Brintet.
c) Vaisseaux. — Les vaisseaux sont constants dans ces tumeurs, ils existent même dans les parties les plus actives et sont souvent au contact direct des cellules fondamentales.
Les artères sont souvent hypertrophiées par épaississement de la tunique moyenne.
Fréquemment il existe dans ces tumeurs des infarctus hémorrhagiques.
Dans la tumeur IL (kystes sanguins), j'ai décrit ces infarctus. Dans les couches les plus internes de la paroi kystique, j'ai montré comment ces infarctus, en se fusionnant, forment un gros kyste sanguin.
Dans l'observation III, ces lacs sanguins infiltraient le tissu myxomateux.
Les lymphatiques sont quelquefois très développés, et au contact direct des cellules fondamentales, souvent dans ces cas on peut encore déceler un endothélium.
Ils peuvent, eux aussi, participer à la néoformation (voir p. 47).