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CHAPITRE III

Influence des états pathologiques.

Le maximum d’apnée volontaire

en clinique.

Le Professeur Léon Biner, dans le Traité de Physiologie normale el pathologique étudie les rapports du maximum d’apnée volontaire et de nombreux cas pathologiques.

Maurice Bouragois, dans sa thèse (p. 3r et suivantes), a réuni un grand nombre d'observations concernant des malades atteints d’affections diverses chez lesquels il a pratiqué ji'épreuve du maxi-

mum d’apnée volontaire :

— des malades atteints d’affections pleuro-pulmonaires : tuberculeux pulmonaires, bronchitiques chroniques avec ou sans emphysème, asthmatiques, gazés de guerre, pleuré-

tiques ;

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— des malades atteints d’affections cardiaques : rétrécissement mitral, insuffisance mitrale, hyposystolie ;

__ des malades atteints d’affections rénales

brightiques, urémiques ;

et a conclu dans tous ces cas à une forte diminution du maximum d’apnée volontaire : chez les bacillaires, envisagés aux différents stades de leur maladie, il trouve une moyenne de 14 secondes ; chez les bronchitiques chroniques, une moyenne de 21"5; chez les hyposystoliques, une moyenne de 19”4; chez les cardiaques à lésions bien com-— pensées, une moyenne de 34 secondes, chiffre très

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peu éloigné de la normale; chez les rénaux, une

moyenne de 1973

Par contre, l’examen de deux myxædémateux a donné à Maurice BourGegois les chiffres de 90 et 113 secondes, très allongés par rapport à la moyenne, chiffres traduisant le ralentissement des combustions chez de tels malades.

SAINTON et SCHULMANN Ont mis en évidence une diminution considérable de l’apnée chez les basedowiens [18].

Maurice BourGrois conclut de ses recherches sur le terrain de la clinique que, dans tous les cas patho-

logiques où l’on a parmi les symptômes une ten-

aber NE dance à la dyspnée, on trouve également une forte diminution du maximum d’apnée volontaire et, dit-il: «les chiffres donnés par ces recherches renseignent sur le degré du trouble dyspnéique ».

Dans tous ces cas, on n’avait en vue que les altérations fonctionnelles des appareils respiratoire et cardio-vasculaire ; nous avons pensé à rechercher ce que devient la possibilité d'apnée volontaire dans un autre groupe d’affections : les affections du sang. |

Grâce à l’amabilité de notre camarade SEMAMA, interne de M. le D° Emixe Wir, que nous remercions ici de nous avoir autorisé à examiner des malades dans son Service de l'Hôpital Tenon, nous avons pu réunir les observations suivantes se rapportant à des sujets atteints d’affections diverses, mais chez lequels la numération globulaire à

donné des chiffres inférieurs à la normale :

Malade B..., 68 ans, lit n° 27, salle Montyon. Globules rouges : 2.780.000.

Temps d’apnée volontaire : 22 secondes.

Sujet titulaire de nombreuses médailles de sau-

vetage, faisait autrefois des plongées de 2 minutes.

Malade B... François, 60 ans, lit n° 371, salle Montyon.

Globules rouges : 2.370.000.

Temps d’apnée volontaire : 19 secondes.

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R... Arsène, 30 ans, lit n° 16, salle Montyon. Globules rouges : 1.900.000.

Temps d’apnée volontaire : 9 secondes.

Mme WL..., 30 ans, lit n° 6, salle Nélaton Globules rouges : 2.470.000.

Temps d’'apnée volontaire : 10 secondes.

Malade urémique.

Mme R..…., 54 ans, lit n° 28, salle Nélaton.

Globules rouges : 2.700.000.

Temps d’apnée volontaire : 18 secondes.

Mme V..., 85 ans, lit no 46, salle Nélaton.

Globules rouges : 2.690.000.

Temps d’apnée volontaire : 9 secondes.

D’après tous ces chiffres, nous voyons qu’il existe un rapport très étroit entre la diminution du nombre des globules rouges dans le sang et la diminution de la durée du maximum d’apnée volontaire ; il nous semble qu’à ce titre cette épreuve doit être digne de figurer parmi les examens que l’on doit pratiquer en présence de tout état anémique ; nous n’avons présenté ici que des cas d'anémie d'ordre médical, mais la diminution du chiffre du maximum d’apnée volontaire permettrait aussi de se rendre compte de la gravité d’un

état anémique post-hémorragique, et sans doute

les variations des résultats fournis par cette épreuve permettraient aussi de se rendre compte de l’évolution des anémies vers la guérison sous l'influence de la thérapeutique.

Nous avons essayé de faire une représentation graphique des variations du maximum d’apnée volontaire par rapport à la diminution des héma- ties ; portant les temps d’apnée (en secondes) en abscisses et le nombre des hématies (en centaines de mille) en ordonnées, nous avons vu que ces chiffres se réunissent sensiblement sur la même ligne droite, ligne sur laquelle se trouvent aussi les intersections des abscisses et des ordonnées correspondant aux chiffres trouvés chez deux sujets sains.

Il serait certainement prématuré de conclure de ceci qu'il y a un rapport mathématique absolu entre la richesse du sang en globules rouges et la faculté d’apnée, mais il n’en reste pas moins certain qu’un rapport direct existe entre ces deux facteurs.

Les rapports du maximum d’apnée volontaire et de la pathologie cardiaque ont été également étudiés par J. CasTalone et Henri ParccarD [19], qui ont trouvé chez les asystoliques des chiffres très abaïssés et, suivant des malades en traitement, ont montré qu’au fur et à mesure de l'amélioration du fonctionnement du myocarde il se produit une

augmentation de l’apnée volontaire.

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La durée de l’apnée est également abaissée dans l’ictère infectieux bénin, c’est ce qu’ont montré GEORGES GuiLLain et R. Garcin au cours d’une séance de la Société de Biologie en traitant : « La physiologie pathologique respiratoire dans l’ictère

infectieux bénin ».

Conclusions.

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Nous souhaitons avoir envisagé dans cette courte étude les problèmes principaux que pose la recherche du maximun d’apnée volontaire.

Nous avons tâché de montrer les variations qu'il peut subir du fait de certaines conditions, que l’on peut considérer comme non pathologiques ; les répercussions que sa recherche entraîne au sein de l’organisme : enfin nous avons abordé sur le terrain clinique les modifications que certaines affections apportent à sa durée,et comme réciproque les indications qu'il est possible de tirer sur la gravité de l’état de certains malades de la valeur des chiffres fournis par la recherche du maximum d’apnée volontaire.

Au point de vue de la détermination de la valeur physique d’un sujet sain, l'épreuve de l’apnée volontaire nous semble devoir figurer en bonne place parmi les diverses explorations respiratoires et cardio-vasculaires couramment pratiquées ; nous

pensons même que, nécessitant pour son accom-

DOCS plissement la mise enjeu de nombreux mécanismes relevant de fonctions physiologiques différentes : fonctions respiratoire, circulatoire et nerveuse, variant en plus selon la qualité des tissus, d’un principalement : le sang, la mise en apnée volontaire, phénomène si complexe, peut être considérée dans ces modalités comme une traduction, presque comme un coefficient de la valeur intime du fonc-

tionnement d’un organisme.

Vu :le Président de la thèse,

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