‹ Étude de l'épreuve du maximum d'apnée volontaireChapitre 9 sur 13 · SAS · texte numérisé non relu

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rapport à ceux que nous pouvions prévoir : sur deux sujets examinés ensemble, l’un arrivait au chiffre déjà élevé de 1'22”, l’autre péniblement à 37”, ces deux sujets étant tous deux bien portants, robustes, de corpulence sensiblement égale et du même âge, menant la même existence ; ceci mis à part, les chiffres extrêmes trouvés chez des adultes hommes non entraînés étant de l’ordre de ceux que nous venons de citer dans le tableau précédent, les autres chiffres obtenus en général oscillent autour de 45” à 55”. Nous avons employé tout à l'heure à dessein l'expression d’adultes hommes parce que nos recherches sur les femmes et les enfants ont été moins nombreuses et nous ne pourrions établir de chiffres d’après une moyenne que nous n’estimons pas assez étendue ; toutes les fois cependant que nous avons cherché le maximum d’apnée volontaire chez des femmes de 20 à 30 ans, nôus l'avons trouvé dans des limites légè— rement inférieures (de quelques secondes) à celles de l’homme. Nous avons pu examiner une dizaine d'enfants, garçons et filles de 8 à 15 ans, et nous avons constaté chez eux des durées d’apnée volontaire d’à peu près même valeur que chez l'adulte, en ne tenant compte il est vrai que des seuls examens où les enfants avaient parfaitement saisi ce qu’on attendait d’eux. Nous avons également examiné un

homme de 67 ans dont le maximum d’apnée

Mar

volontaire était de 55” ; et une femme de 60 ans, un homme de 68 ans, artério-scléreux avaient l’une 95”, l’autre 30”.

Il semble qu’on puisse considérer que, chez un individu non taré et bien portant, quels que soient l’âge et le sexe, la respiration doit pouvoir être facilement suspendue pendant environ 4o à 45

secondes.

SO à

B. -- Comment interpréter ces résultats ?

Epwaro C. Scanener et Georce W. Donis [8], étudiant 13 cas relatifs à des sujets ayant des capacités pulmonaires différentes et des temps d’apnée également différents dans un travail dont nous reproduisons l'essentiel : « au maximum

d’apnée : 107” correspond seulement une capacilé de 4 lit. 500 ; au minimum d’apnée : 29" correspond

une capacité de 4 lit. 200, alors que le maximum de capacité est de 5 lit. 200 pour 56” et le minimum 3 lit. 600 pour une apnée de 62” », concluent à l’inexistence d’un rapport entre la pause volontaire respiratoire et la capacité pulmonaire.

À l'examen des divers sujets que nous avons soumis à l’épreuve du maximum d’apnée, nous avons pu constater également qu'il n’y a pas de corrélation, pas de rapport direct entre les chiffres qu’elle donne et la capacité vitale déterminée soit avec un spiromètre, soit avec la formule de R. Fasre et L. Escoce [9] :

p= (n si F) — Pie (H ou —) CNE PERS RE ARE SERRE

dans laquelle Pt désigne le périmètre thoracique

A0 Dee

pris au niveau de l’appendice xyphoïde en inspiration forcée, P, le même périmètre en expiration forcée, H la hauteur du sternum, Ab la différence d’ampliation abdominale à l'inspiration et à l’expiration.

Un sujet ayant un chiffre d'apnée de r'22” a comme capacité vitale 3 lit. 800, un autre ayant une capacité de 4 lit. 8oo ne dépasse pas 60” ; il serait évidemment intéressant de faire porter ces examens sur un grand nombre d'individus avant de conclure à l'indépendance absolue du maximum d'apnée et de la capacité vitale, et sans doute il serait bon de faire entrer dans ce parallèle d’autres données telles que le poids, la taille ; on ne peut, à part ça, que faire une hyÿpothèse et penser que, de même que la force physique, chez des sujets en apparence à peu près identiques, est de valeur très inégale, leur qualité au point de vue respiratoire, en l’absence évidemment de toute lésion pulmonaire ou cardiaque, ne peut être déterminée que par l’ensemble des résultats donnés par les diverses explorations de l’appareil respiratoire, joints à ceux donnés par l'épreuve du maximum d’apnée volontaire ; c’est ce qui nous à conduit à penser que la qualité du milieu sanguin pouvait être l’élément ou tout au moins un élément faisant qu’il n’y a pas une

proportion directement variable entre la valeur du

SE fonctionnement mécanique de l'appareil respiratoire et le maximum d’apnée volontaire.

Nous aurions voulu pouvoir faire de nombreux dosages de l’oxygène et du CO? du sang avant et après apnée et mettre en comparaison ces dosages chez des individus présentant de grosses différences au point de vue du maximum d’apnée ; il est assez probable qu’on trouverait ainsi chez les uns, avant l’épreuve, une forte teneur en O?, une faible teneur en CO?, chez les autres l'inverse, mais qu’on aurait chez les uns et chez les autres, à la fin de la période d’apnée, à peu près les mêmes chiffres, ceux sans doute qui amènent par l'intermédiaire du centre respiratoire et du sinus carotidien la nécessité de la reprise des mouve-

ments respiratoires.

PNB

C. — Répercussions sur les différents appareils de la mise en apnée.

Les modifications engendrées dans le fonctionnement des systèmes respiratoire et cardio-vasculaire ont été très bien étudiées par Maurice Bour- GEoIS dans sa thèse ; nous lui emprunterons ses

conclusions que nous allons reproduire ici :

— au point de vue des modifications respira-

toires :

« Après la période de suspension respiratoire, le « rythme, l'amplitude el la ventilation augmentent, « puis décroissent, enfin s’égalisent suivant un même

« parallélisme. »

— au point de vue des modifications cardio

vasculaires :

« La suspension volontaire de la respiration pro- « voque une diminution du nombre des pulsations ; il «y a augmentation de la tension maxima et dimi- « nulion de la tension minima ; l’une est élevée de « 1 centimètre de mercure ; l’autre, abaissée de

« 2 centimètres de mercure. »

RO

Nous avons pensé pour compléter l’examen que des recherches sur les modifications de la composition du sang pourraient être utiles : pratiquée sur nous-même, la numération globulaire a donné

les chiffres suivants :

Avantl'apnée 7%. 5.540.000 globules rouges Apres l'apnée 5.210.000 globules rouges (ponction veineuse).

Il aurait sans doute été également très intéressant de pouvoir doser l’hémoglobine et de voir ce que devient la valeur globulaire du sang après

l'épreuve du maximum de l’apnée volontaire.

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