‹ Étude de l'épreuve du maximum d'apnée volontaireChapitre 10 sur 13 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Influence de divers facteurs en dehors des états pathologiques.

Nous allons envisager ici, en rapportant les diverses observations que nous avons songé à faire, les résultats qu’elles nous ont donnés.

D'abord ce que donne chez l'individu normal la répétition de l’épreuve d’apnée ; ce qu’elle devient après hyperpnée ; après un effort physique ; comment elle varie selon la nature du milieu où est plongé le corps, sa température; la position; la qualité du milieu respiré, pour terminer ce cha-

pitre par l’étude de quelques cas particuliers.

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À. — Ce que donnent la répétition de l’épreuve et sa recherche après hyperpnée.

Faisant cette recherche sur différents sujets jeunes, nous avons pu constater qu’en général, la première épreuve donne des chiffres moins élevés que la seconde et même quelquefois que la troisième, si ces trois épreuves se succèdent l’une, l’autre; c'est ainsi que nous avons obtenu

les résultats suivants :

ire épreuve 2° épreuve 3° épreuve

NOM TAIS TARN 42" 48" 44" LS ta7 anse 59" HAE RES SERFOMEANS IS USE 68! 72" 60" M4, 82 ans... 55! 65"! 67"

Nous avons pensé en voyant ces résultats qu'il pouvait, après l’apnée, se produire une brusque augmentation du nombre des hématies dans le sang, mais, comme nous l’indiquions au chapitre précédent, nous avons au contraire trouvé une légère diminution ; nous n’avons pu faire mesurer la valeur globulaire qui, elle, est peut-être aug-

mentée. Au delà de trois épreuves, par contre,

RTE la répétition entraîne une diminution très rapide du M. A. V.

La période d’apnée physiologique qui suit l’hyperpnée expérimentale, l’apnée post -adrénalinique ont été étudiées par L. DaurTreBanpe [10] dans le Traité de Physiologie normale et pathologique (p- 196 et suiv.) qui en fait des phénomènes d'ordre réflexe dus à l’hypertension locale au niveau des zones où se fait la régulation de la respiration : centre respiratoire et sinus carotidien ; il montre également que la pression de l'acide carbonique doit atteindre 48 millimètres de mercure pour faire cesser l’apnée après l’hyperpnée, au lieu du taux de 4o millimètres qui engendre normalement la reprise de la respiration, et que la pression de l’oxygène, élevée par l’hyperpnée de 100 à 140 millimètres de mercure, tombe à 35 millimètres à la fin de l’apnée.

Elle fut également étudiée dès 1900 par Morar et Doxon [r1|.

Nous avons cherché à voir quelle pouvait être l’'augmentation de durée de la suspension volontaire de la respiration après une période d’hyperpnée de 2 minutes. Opérant avec l'aide d'un camarade, nous avons relevé des chiffres d’apnée respectivement de 147” et 210” ; en même temps, il nous a été possible de constater que la sensation

de gêne engendrée par l’épreuve est beaucoup

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moins grande que dans l’apnée non précédée d’hyperpnée.

L'augmentation de la durée d’apnée dans ces conditions est d’ailleurs connue empiriquement de longue date : les pêcheurs de perles, certains plongeurs arabes qui débouchent les puits artésiens avant de se livrer à leur travail, chantent sur un rythme scandé et très rapide, donnant ainsi à leur chant la forme d’un véritable halètement, ce qui équivaut sans doute au point de vue du résul-

tat à nos modernes épreuves d’hyperpnée.

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B. — Influence de l’accomplissement d’un travail physique précédant l'épreuve.

Reprenant les expériences de M. le Professeur Léon Biner [12], nous avons pu constater dans ces conditions une. forte diminution du maximum d’apnée : après deux minutes de mouvements de gymnastique suédoise à une cadence rapide, ou de marche précipitée, nous n’avons pu retenir notre respiration que pendant 14 secondes, alors que nous pouvons normalement le faire pendant environ 60 secondes sans difficulté.

Nous signalerons à ce sujet qu'après cette épreuve, ayant observé un repos de 5 minutes, nous avons ensuite fait un temps d’apnée de 1°37”, chiffre nettement supérieur à la moyenne.

Il est certain qu’un effort physique engendre très rapidement la diminution du maximum

d’apnée volontaire.

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C. — Influence de la nature du milieu où est plongé le corps ; de la température ; de la position.

Nous n’avons envisagé ici que deux cas : celui du sujet dans l’air ou dans l’eau, respirant le même air avant la pause respiratoire. Le petit tableau suivant résume les constatations que nous avons ainsi faites :

3° épreuve

1re épreuve 2e épreuve (dans l’eau (hors de l’eau) (dans l’eau) après hyperpnée)

A REA 47" 33!" 1370 À SE PU LE LES ONE 110" uote 145"

Nous opérions dans une piscine où l’eau était à la température de 23 degrés ; les chiffres cités nous font voir qu’il y a une nette diminution de l’apnée volontaire lorsque le corps est immergé dans l’eau, peut-être due à la pression de l'eau sur le corps et en particulier sur le thorax, augmentant la sensation d’oppression que l’on a en pareil cas ; une confirmation de cette hypothèse semble être donnée par le fait qu’il se produit une diminution de l’apnée proportionnellement à la profondeur à

laquelle le corps est immergé ; ainsi après hyper-

pnée, dans une autre expérience à 3 m. 50 de profondeur, il ne nous a pas été possible de rester plus de 115" au lieu de 145”, chiffre obtenu juste sous la surface de l’eau.

La natation influence également le maximum d’apnée et le diminue très notablement, c’est ainsi que nous n’avons jamais pu rester plus de 50” en nageant sous l’eau.

Quant à la température, il semble que la température extérieure n’ait pas d'influence bien marquée, mais celle du corps au contraire joue un grand rôle. Après quelques minutes d'immersion dans un bain très chaud, de même qu’au moment du frisson à la suite d’un bain de rivière prolongé, les temps d’apnée que l’on obtient sont abaïissés d’au moins un tiers, et la fatigue qui s’ensuit très rapidement croissante.

La position qu’occupe le corps ne nous a pas paru avoir une influence considérable, seules les positions, les attitudes plutôt, où l'on est gêné physiquement diminuent le maximum d’apnée.

Nous mettant au lit, après une heure de lecture, alôrs qu'il s'était établi une respiration ralentie, deux épreuves d’apnée consécutives ont donné 35” et 32”, chiffres inférieurs environ de moitié à ceux que nous obtenons normalement ; ensuite, une respiration rapide s’est établie ; repre-

nant l'épreuve au bout de 5 minutes de repos,

ee nous avons pu obtenir un chiffre d’apnée de 1/15’ ; ensuite 2 minutes d’hyperpnée nous ont permis de rester 210” sans respirer, chiffre qui est celui que nous obtenons en général dans la position debout. On voit par ces chiffres que le rythme respiratoire qui s'établit à l’occasion du sommeil met l’organisme hors d'état de fournir brusquement un effort respiratoire considérable, et que, par contre, une bonne ventilation consécutive ramène promptement la possibilité d’excellentes

épreuves d’apnée volontaire.

D. — Influence de la qualité et de la nature du milieu respiré.

Il est indéniable que la qualité du mélange gazeux que nous respirons a la plus grande influence sur tous les phénomènes respiratoires ; cette influence est encore plus remarquable, semble-t-il. lorsqu'il s'agit d’apnée volontaire.

En prenant d’abord des exemples simples, nous donnerons celui de l’atmosphère de certaines piscines parisiennes situées dans des sous-sols, aérées par des circulations d’air réchauffé et, sans doute, surchargé de gaz carbonique, où il est pratiquement impossible de rester plus de quelques secondes sous l’eau ; nous lui opposerons l’exemple de l’air marin ou de Fair de la moyenne montagne qui, au contraire, nous permettent de rester sans grand effort couramment 60" à 70° sous l'eau.

A propos de l’air des montagnes, il serait certainement intéressant de voir ce que peut donner comme variations du maximum d’apnée l'altitude qui fait varier la teneur du sang en globules rouges ; nous n’avons pu faire ces expériences qui seraient faciles à faire dans une chambre barométrique de Mosso. :

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