‹ Étude de l'essence d'estragon: et de quelques dérivés de l'estragolChapitre 19 sur 30 · ACTION DE LA DIMÉTHYLAMINE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA DIMÉTHYLAMINE

M. Fourneau (!) a montré que les halohydrines réagissent très facilement sur les amines primaires et secondaires pour donner des alcools aminés avec élimination d’une molécule d'hydracide immédiatement fixée par un

(!) FourRNEAU, Brevet français n° 339131.

ÉTUDE DE L'ESSENCE D'ESTRAGON. 25 excès de base :

Rt — CH.OH — CH?.X + 2 NH R3 = R2NH,HX + Rt — CH.OH — CH?2— N R?.

Certains de ces composés sont d’un vif intérêt en thérapeutique : c’est en effet un fait reconnu, que le pouvoir anesthésiant de la cocaïne est dû, pour une large part tout au moins, à la présence dans sa molécule d’une fonction alcoolique secondaire éthérifiée par l’acide benzoïque. Or, la réaction très générale de M. Fourneau permet de préparer très facilement des bases qui, traitées par le chlorure de benzoÿle, donnent de véritables chlorhydrates d’alcaloïdes à fonction éther benzoïque secondaire ou tertiaitre dont quelques-uns (stovaines) possèdent un pouvoir anesthésique local au moins égal à celui de la cocaïne, pour une toxicité moindre.

L'action de la dyméthylamine sur liodhydrine de lestragol, qui ne donne qu’un produit de pouvoir anesthésique faible, est précieuse pour l'étude de la constitution de cette 1odhydrine.

On introduit dans un tube scellé : 20% d’iodhydrine et 245 d’une solution benzénique de diméthylamine à 30 pour 100 eL on laisse en contact 12 heures. La réaction commence à froid, car on voit se former très rapidement, à la partie inférieure du liquide, une masse compacte de cristaux d’iodhydrate de diméthylamine. On termine la réaction par 4 heures de chautlage à 100°:

O.CH3— C6 Hi — CH2— CH.OH — CH2.1 + 2NH (CH »? CCS ENS, + O.CH3— CS H4— CH?2— CH.OH — CH2— N(CH3 2,

Après refroidissement, le tube est ouvert avec les précautions d'usage; les cristaux d’iodhydrate sont essorés et lavés avec quelques centimètres cubes de benzène, puis

les liqueurs benzéniques sont épuisées en Lrois fois avec

26 M. DAUFRESNE.

60°" d'acide chlorhydrique au +, et cette solution chlorhydrique est lavée elle-même à deux reprises avec de l’éther. L’amino-alcool est enfin déplacé par la soude en léger excès et isolé par épuisement à l’éther.

On obtient ainsi 65 de diméthylaminoanisylpropanol, bouillant à 166°-167° sous 12"; Di 1,038.

Analyse. — N p.100: trouvé 7,093; calculé p.C12H12O2N: 6,6985.

Le dérivé benzo ylé, préparé par simple mélange de 08, 50 de base en solution dans 15 de benzène et de chlorure de benzoyle en quantité théorique (0$%,35), se forme avec dégagement de chaleur. Il cristallise avec beaucoup de difficulté; point de fusion : 98°.

L'étude de cette réaction m’a permis de fournir un nouvel argument à l'appui de la constitution de l’iodhydrine de l’estragol.

En effet, la fixation de l’acide hypoiodeux sur l'estragol ne peut conduire qu’à deux iodhydrines isomériques, de même que l’amino-alcool qui en dérive ne peut exister que sous deux formes :

1° O.CH3— CS Hi — CH? — CH.OH — CH?2.I — O.CH3— CSH4— CH?2— CH.OH — CH2— N = (CH »?

20 O.CH3— C6Ht— CH2— CH.I — CH2.0H — O.CH3— CôH4— CH?— CH — CH2.0H.

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