‹ Étude de l'essence d'estragon: et de quelques dérivés de l'estragolChapitre 4 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’essence d'estragon (Artemisia dracunculus) quoique très employée par l’industrie de l'alimentation, pour la préparation de nombreuses conserves, n’a été étudiée que d’une façon incomplète et seulement à de rares intervalles.

Le premier en date des auteurs qui s'occupèrent de celte essence, est Laurent (!) qui, en 1840, délermina ses constantes physiques et son action vis-à-vis de quelques réactifs. Gerhardt (?), l’année suivante, reprit les travaux de Laurent et, s'appuyant sur l'identité des produits obtenus par l’action de l’acide azotique sur l'essence d’estragon et sur celle d’anis, estima que l’huile volatile d’estragon ne devait être qu'une modification liquide de l’anéthol. C’est seulement vers 1893 que quelques chimistes reprirent l'étude de l'essence d’estragon, fixèrent la nature du composant principal : l’estragol, et signalèrent quelques inexactitudes.

Le travail le plus important de cette époque est celui de Grimaux (*). Quoique ce chimiste se soit spécialement attaché à démontrer la nature allylique de lestragol et sa transformation en anéthol (dérivé iso-allylique), il a eu

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(2?) GERHARDT, Ann. Phys. Chim., 3° série, t. VII, p. 275: — Ip., Précis de Chimie organique, t. I, 1845, p. 163.

(S) GRIMAUX, C. R:, t. CXVII, p. 1089.

De I

2 M. DAUFRESNE.

l’occasion de fournir sa contribution à l’étude de l'essence, en annonçant le premier l'absence d’anéthol, qui était considéré jusqu'alors, par les livres classiques (!), comme un composant de l’essence d’estragon.

Dans le présent travail, je me suis attaché à déterminer les principaux constituants de l'essence d’estragon, età en poursuivre l'étude chimique.

J'ai pu constater la présence de 15 à 20 pour 100 de terpènes, parmi lesquels de l’ocimène et probablement du phellandrène.

J'ai isolé 60 à 55 pour 100 d’estragol, dont j'ai pu préparer quelques dérivés nouveaux, et qui, outre son isomérisation en anéthol, a été caractérisé par sa transformauon en acide p.-méthoxyphénylacétique.

Enfin j'ai observé la présence de l’aldéhyde p.-méthoxycinnamique, dont l’existence à l’état de composé naturel n'avait pas encore élé signalée.

En résumé ce travail comprend deux Parties :

Dans la première, je me suis limité à l’étude de l'essence d’estragon et à la caractérisation de ses principaux constituants : terpènes, estragol, aldéhyde p.-méthoxycinnamique ; dans la seconde, j'ai étudié d’une façon plus complète : l’estragol, ses iodhydrine et méthyliodhydrine ainsi que quelques-uns de leurs dérivés.

Avant de commencer l'exposé de ces recherches, je prie M. le professeur A. Béhal, qui a bien voulu accepter la présidence de ma thèse, d’agréer l'hommage de mes sentiments respectueux el reconnaissants.

A mon bienveillant maître M. M. Tiffeneau, dont la sage direction et les excellents conseils ont contribué pour une si large part au succès de mes efforts, j’adresse l’expression de mon respectueux dévouement et de ma profonde gratitude.

(t) Dict. de Wurts. — Manuel de Chimie de Richter.

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