‹ Etude de l'Evolution des Idees en matière d'éducation physique: Origine des conceptions pédagogiques et scientifiques modernesChapitre 11 sur 30 · JAHN · texte numérisé non relu

JAHN

Nous consacrons à JAHN, créateur de la méthode allemande, une partie plus longue de notre exposé.

Non pas que sa méthode fut la plus originale puisqu'il l’emprunta en grande partie aux éducateurs dont nous venons de rappeler l’œuvre brièvement.

Mais cette méthode est la plus complète, c’est pourquoi elle mérite, à titre d'exemple, de retenir davantage notre attention.

On ne saurait comprendre l’esprit qui l’anime, si on n’évoquait l’atmosphère morale où elle est née.

JAHN était professeur au lycée de Berlin lorsqu'il connût, de 1806 à 1810, l’occupation française. Il s’engagea lui-même dans le corps franc de Lützone, lors de la campagne de 1813.

Il participa ainsi au mouvement patriotique qui souleva la Prusse après le traité de Tilsitt.

C’est dans son inspiration et dans son but, qui participe à un vaste mouvement de renaissance nationale, qu'il faut voir son originalité.

Ce rappel est d’ailleurs indispensable pour comprendre l’esprit de la méthode.

Educateur, mais non physiologiste, technicien sans

originalité, il a emprunté ses procédés à BaAsEpow, GUTHMUTHS, PESTALOZzI et CLIAS.

Quoi qu’il en soit, son « Manuel de gymnastique pour les fils de la Patrie » constitue le premier en date des traités modernes d'éducation physique.

La méthode prussienne repose sur : le dressage, la discipline, la vie au grand air.

Son inspiration est à la fois militaire et romantique,

Elle exige une obéissance absolue aux ordres des chefs, tandis que, d’autre part, la compensation. la détente sont données sous formes de longues randonnées dans la Campagne, accompagnées de chants.

La méthode de JAN exige une attitude raide et guindée, la tête relevée, le corps droit, la jambe tendue.

Elle comprend :

1° La marche : marche d'entrainement et de fond, marche forcée, et ce que nous appelons aujourd’hui le cross-country;

2° La course de vitesse et de fond, course en spirale, en zig-zag, à reculons, à l'assaut ;

3° Le saut : en hauteur, en longueur; saut périlleux ; voltige sur cheval de bois ;

4 Les équilibres, sur la barre horizontale ou sur la corde tendue:

5° La lutte avec tous les exercices préparatoires de traction et de répulsion ;

6° Le grimper à la corde et au mât:

7°Le lancer de force et d'adresse;

8°Le porter;

Lals, Ÿ LS

9° La barre fixe;

10° Les barres parallèles.

Nous allons envisager maintenant quelques-unes des innovations qu'avait adoptées le système allemand.

C'est d’abord l’apparition des agrès. Ce mode de gymnastique aura, pendant tout le siècle, un prodigieux succès. Nous verrons que ce mode d’éducation physique devait être sévèrement critiqué par la suite et qu'il est en grande partie abandonné.

Ensuite, c’est la place considérable donnée aux mouvements d'ensemble qui permettent de grouper des centaines de sujets sur un terrain et de les faire évoluer au commandement dans un ordre parfait.

Enfin la méthode de JAHN est avant tout une gymnastique de plein air.

L’exécution des exercices éducatifs eux-mêmes ne s’accomplissait qu’exceptionnellement à l’intérieur.

Il n’est pas besoin d’insister ici sur la conséquence que devait avoir cette méthode, au point de vue de son organisation. Elle devrait aboutir à la création de sociétés de gymnastique (Turnverein) et fut sourtout dirigée vers le développement de l'esprit de corps.

Nous citerons seulement un mouvement qui s’inspire de principes tout à fait analogues : c’est le mouvement Sokol, créé à Prague, en 1850, par un professeur de l’Université, MIROSLAW TYrs.

On sait qu’il jouit encore de nos jours d’une très grande faveur en Tchécoslovaquie.

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