AMOROS
AMoRos (1789-1848), officier espagnol, devait devenir le premier maitre de la gymnastique française.
Il reconnut pour maître PESTALOZZI.
Il débuta par l'institution d’un règlement d’éducation physique destiné aux officiers de son pays et inspiré des directives du maître suisse.
C’est Joseph Bonaparte qui l’envoya à Paris pour enseigner la gymnastique aux officiers français. AMo- ROS créa ainsi plusieurs gymnases. L’un d’eux, celui du Parc de Grenelle devait être à l’origine de la création de l’Ecole de Joinville.
Son « Manuel d'Education physique, gymnastique et morale », constitue le premier traité d'éducation physique française.
Militaire, soulevé par un idéal patriotique et religieux, AMOROS place à la base de son système une conception philosophique et morale.
« La gymnastique ne ferait que des brutes et des sauvages si elle ne donnait aux élèves, en même temps que la force, un cœur bon et généreux, l’amour de Dieu, de la justice, de l’ordre, le respect dû aux lois, aux autorités et une exacte subordination aux règles
établies. »
Ce n’est point ici le lieu d’exposer en détail cette doctrine philosophique.
Mais ce qui est plus intéressant, c’est qu'’AMOROS posait le problème, jamais résolu, de la source de lénergie psycho-motrice et cherchait à créer chez l'individu une sorte de spontanéité motrice.
« La gymnastique, écrit-il, est la science raisonnée de nos mouvements, de leurs rapports avec nos sens, notre intelligence, nos sentiments, nos mœurs, et le développement de toutes nos facultés. »
Il voulait obtenir une sorte de synthèse psycho-physiologique qu’il exprime parfois en termes curieux, souvent d’une lourdeur et d’une naïveté très grandes.
« Unir la poésie, la musique et le geste pour obtenir des élèves une action énergique dirigée vers le bien et inspirée par le beau. »
En somme, c’est un mélange où se différencient mal les préoccupations pédagogiques, des préoccupations scientifiques qu’on se plaît à remettre en valeur dans l’œuvre du maître espagnol.
De fait, AMoROS demeura au contact des médecins, ce que ne firent ni JAHN, ni LING, qui passe cependant pour avoir introduit le premier le souci scientifique dans le domaine de l'éducation physique.
AMoros collabora, dans son enseignement, avec VERDIER, Broussais et BEGIN.
— La gymnastique amorosienne vise à former des hommes d’action et surtout des combattants. « La gymnastique embrasse la pratique de tous les exercises qui nous disposent à vaincre toutes les difficul-
tés, à triompher de tous les dangers et de tous les obstacles ».
C’est bien là un idéal d'homme de guerre.
La gymnastique amorosienne comprend les exercices suivants:
1° Des exercices sans agrès;
2° Des exercices aux agrès.
Les premiers préparent aux seconds et comprennent.:
a) Des exercices élémentaires de flexion, de rotation, de marche et de course sur place, des assouplissements du cou et des divers segments;
b) Les exercices d’équilibre sur le sol, en déplaçant le centre de gravité du corps par des mouvements du tronc, des bras et des jambes.
c) Des marches et courses avec ou sans obstacles.
d) Des exercices de force : traction et répulsion, porter et lancer du boulet, du marteau.
e) Des luttes sans instrument, puis avec boules, bâtons, des tractions à la corde.
f) Des sauts (hauteur, longueur, profondeur), sauts avec poids, à la perche.
Les exercices s’exécutent, après contraction de tous les fléchisseurs, par une détente brusque des extenseurs et un mouvement rapide qui met en action le corps entier.
Le style d’AMoRos est ainsi rigide, correct et dépourvu de toute souplesse.
Un chapitre entier est consacré aux sauvetages, aux cas de noyade, d'incendie et par là s’affirme le carac-