DE L'APOGEE À LA DECADENCE PERTE DE LA TRADITION HELLENIQUE
Nous avons tout de suite insisté dans notre introduction sur le besoin d’une activité compensatrice dans le monde moderne où les efforts physiques nécessaires à la lutte pour la vie sont, du fait de la civilisation, supprimés.
C’est à un besoin analogue que répondait l’entraînement physique chez les Grecs. Il fallait compenser l’inactivité physique relative où se trouvaient placés les citoyens libres dans une société où toute besogne servile était accomplie par les esclaves.
L'éducation du corps va de pair avec celle de l’esprit. Musique (c’est-à-dire tous les arts auxquels présidaient les muses) et gymnastique ne sauraient être séparées.
« L'art, la poésie, la philosophie d'Athènes, écrit LoisEL, forment avec la culture physique un ensemble dont on ne saurait rien enlever sans briser ce chefd'œuvre devant lequel s'incline aujourd’hui tout ce qui pense, tout ce qui agit, tout ce qui est épris de beauté et d'harmonie ».
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Le but de cette culture grecque est essentiellement moral : « Ce n’est pas pour cultiver l’âme et le corps, mais pour cultiver l’âme seule et perfectionner en elle le courage et l’esprit philosophique que les Dieux ont fait présent aux hommes de la musique et de la gymnastique ». Ainsi PLATON précise-t-il le but suprême de toute éducation.
De fait, Athènes devait tremper les cœurs et les âmes des citoyens libres. C’est à eux que revenaient le devoir et l'honneur de la défense de la Cité.
A la base de la doctrine grecque nous retrouvons les principes moraux qui inspirent encore nos doctrines modernes.
La gymnastique grecque avait déjà établi la distinction entre la gymnastique éducative et la gymnastique athlétique.
Entre les deux s’intercalait la gymnastique militaire.
Jusqu'à 18 ans, le jeune homme était soumis à la gymnastique éducative.
De 18 à 20 ans, il se consacrait aux exercices purement militaires.
À 20 ans, adulte, il était libre de se livrer à tous les jeux du stade, c’est-à-dire aux exercices athlétiques.
La gymnastique éducative consistait
1° En mouvements athlétiques, saut en longueur avec haltères, luttes et courses:
2° En exercices d'adresse avec le cerceau, les balles et les ballons;
3° En assouplissements préparatoires à la course et
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au saut. (Le maniement de la pioche était utilisé pour l’assouplissement des bras);
4° En exercices d’attaque et de défense, sous toutes leurs formes, à deux ou par équipes.
L’entrainement pratiqué par les adultes comportait cinq sports fondamentaux dont l’ensemble constituait le pentathle.
C'étaient :
le saut (en longueur et en hauteur); la course (vitesse, demi-fond) ;
le lancement du disque;
le lancement du javelot.
la lutte à mains plates.
Deux exercices de lutte s’ajoutaient au pentathle : le pugilat et le pancrace, tous deux étaient pratiqués avec une brutalité extraordinaire.
De l’ensemble de ces exercices il faut retenir surtout :
— l’importance donnée au lancer;
— l’importance donnée à la lutte.
C’est au v° et au 1v° siècle, apogée de la civilisation hellenique, que cette « Religion de l’Athlétisme » atteint son plein épanouissement.
Un fait nous retiendra tout particulièrement, puisqu’il nous montre que, dès le début, médecine et éducation physique se montrèrent étroitement liées.
L’initiateur des progrès de la gymnastique hygiénique préparatoire aux exercices de l’athlétisme était à la fois médecin et éducateur, ce fut HÉRoODICUS.
HIPPOCRATE ne se désintéressa pas de la question,
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mais fit surtout la critique des procédés d'HÉRODICUS.
PHILOSTRATE conçoit la gymnastique comme un adjuvant de la médecine.
L'enthousiasme de la « Religion athlétique » de la Grèce atteignait à son apogée lors des jeux olympiques. Ce fût pourtant ces jeux qui furent, dans les siècles ultérieurs, la cause de la décadence de la tradition hellénique.
Lorsque le « professionnalisme » et le goût du spectacle s’y installèrent, c’en fût fait des grands principes moraux et hygiéniques qui donnèrent à l’athlétisme grec sa grandeur et sa force.
Du temps de GALIEN, qui vécut au n° siècle après J.-C., la gymnastique hygiénique est entièrement abandonnée et il essaie vraiment de la remettre en honneur. Le spectacle et le professionnalisme ont définitivement supplanté la grande discipline classique.
Il est curieux de constater combien Rome fût, dès la République, éloignée de la tradition grecque. Ni l’athlétisme, ni la gymnastique hygiénique n’y furent à l’honneur.
L’entraînement physique y fût purement militaire.
Les pratiques sportives et athlétiques étaient uniquement spectaculaires et on sait dans quels excès devaient tomber les courses de chars, les combats de gladiateurs et les jeux de cirque.
Ce furent encore les médecins qui tentèrent de restaurer la culture physique hygiénique et éducative, notamment CELSE, qui vivait sous TIBÈRE.
La dernière tentative date du rw siècle. Elle fût
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l'œuvre d’ORIBASE, médecin de l’empereur Julien lApostat.
L'art de l’éducation physique devait disparaître complètement avec le monde antique.
Nous entendons bien que le moyen âge pratiqua largement les exercices physiques, les jeux et les exercices préparatoires à la guerre.
Mais ce qui disparüt ce fut l’idée grecque d’éducation physique, la notion d’une méthode générale, d'inspiration pédagogique et médicale, applicable au perfectionnement physique et moral d’une nation toute entière.
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