‹ Étude de l'exophtalmie BasedowienneChapitre 21 sur 40 · OCH · texte numérisé non relu

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présente l'intérêt, tout en étant hautement exophtalmiante, d’être très peu hypertensive sans renfermer de groupe cathécol, alors que son homologue le 2-3-Dihydroxy-phenyl-ethyl-methyl-amine

HCL qui le contient et qui est également exophtalmiant, n’est pas sympathicotonique.

Il faut joindre, à ces divers corps, une série récemment étudiée par Mlles JEANNE LEVY et DENYSE KOHLER avec M. JUSTIN-BESANCON : amino-ethers-exydes qui, sans provoquer la rétrocession de l’exophtalmie ephédrinique, déterminent la disparition de la mydriase provoquée par cet alcaloïde, permettant ainsi de réaliser encore une exophtalmie de type Basedowien.

Ce sont des amino-ethers-oxydes dans lesquels l’oxygène se trouve placé entre deux chaînes linéaires courtes R-CH°-0-CH°- N —; le radical R étant soit un CH”, soit un noyau benzylé. Parmi ces substances, citons :

— lethoxy-l-dimethylamino-2-ethane;

— Tlethoxy-l-diethylamino-2-ethane;

— la Benzyloxy-l-dimethylamino-2-ethane; — la Benzyloxy-l-diethylamino-2-ethane; — la Benzyloxy-l-ethanolamino-2-ethane.

Ajoutons par ailleurs que l’étude approfondie de ces phénomènes les a montrés à Miles JEANNE LEVY et DENYSE KOHLER, ainsi qu'à M. JUSTIN-BESANCON, fortement influencés par un certain nombre de facteurs, et notamment par les variations du pH et de la Réserve alcaline. Confirmant ainsi les résultats de MM. TIFFENEAU et BROUN, l’expérimentation sur le chien leur a montré que l’acidose diminue la production de l’exophtalmie expérimentale ephédrinique, alors que, par contre, elle favorise la rétrocession de cette exophtalmie, rétrocession réalisée, comme nous le verrons, par les sympatholytiques naturels ou synthétiques. L’alcalose, au rebours, favorise considérablement l’exophtalmie ephédrinique et empêche la rétrocession sympatholytique chez le chien exophtalme.

Ainsi était prouvé que certaines drogues déterminent plus facilement que d’autres la saillie du globe oculaire. On peut donc dissocier l’exophtalmie des autres phénomènes déclenchés par l’excitation générale du Sympathique.

Cette première constatation faite, restait à se demander si l’exophtalmie ainsi provoquée par les Sympathomimétiques suivait la loi du « tout ou rien » ou si au contraire une exophtalmie plus marquée s’installait après injection de doses plus élevées. C’est ce dernier point (nécessaire à la suite de l’expérimentation) que l’expérience montra constant.

2 Le second terme à démontrer est l'indépendance de l’appareil de protrusion du globe vis-à-vis de l’appareil pupillaire.

Nous avons relaté l’expérience liminale de MM. MARCEL LABBE, JUSTIN-BESANCON et PIERRE SOULIE. Leurs recherches successives ont permis de faire les constatations suivantes :

__ J’administration intra-veineuse préalable d’un Myotique à doses capables de produire un myosis intense n'empêche pas l’exorbitis déclenché par les sympathomimétiques (Ephédrine, par exemple) ;

— si l’ordre d’injection est inversé, les effets des sympathomimétiques diffèrent suivant leur constitution chimique :

L’exophtalmie, l'hypertension et la mydriase déclenchées par la Tyramine, régressent toutes trois sous l’influence d’une dose déterminée de Pilocarpine.

Par contre, l’exophtalmie déclenchée par la Phénylethylamine disparaît plus lentement dans ces conditions; celle, d’ailleurs modérée, provoquée par’ l’'Hordénine, ne régresse que très incomplètement; celle enfin provoquée par l’'Ephédrine, l’'Ephédrone et B-tetrahydronaphtylamine, ne régresse pas ou augmente (toutes questions de doses de myotiques étant d’ailleurs réservées) .

Les substances du groupe de l’Adrénaline enfin doivent être mises à part. Lorsqu'on n’en a injecté qu’une faible dose, déterminant une exophtalmie très légère, la pilocarpine produit la régression de celle-ci. Mais si l’animal a reçu une très forte dose d’adrénaline (Immgr. par kilo), provoquant une exophtalmie considérable, celle-ci augmente sous l’influence des doses des trois

poisons myotiques que nous avons employés. (JUSTIN-BESAN- CON et PIERRE SOULIE.)

Sans insister davantage sur le détail de ces expériences, concluons en disant qu’elles apportèrent: à leurs auteurs une notion nouvelle quant à l’exophtalmie de type Basedowien: à savoir qu'on peut réaliser expérimentalement une exophtalmie considérable s’accompagnant de myosis, en administrant successivement des drogues sympathomimétiques et des poisons myotiques. C’était donc une nouvelle démonstration de ce que la protrusion du globe oculaire liée à l’excitation générale du sympathique, peut être expérimentalement dissociée de la mydriase.

3° C'était en outre permettre à la fois de s’assurer qu’un Œil Basedowien avait bien été réalisé, et d’en étudier les CA- RACTERES OPHTALMOLOGIQUES, puisqu'on pouvait con-

clure de l’animal à l’homme Basedowien.

M. JUSTIN-BESANCÇCON, Mile D. KOHLER, Mme SCHIFF- WERTHEIMER et M. PIERRE SOULIE firent les constatations

suivantes que nous reproduisons intégralement :

1. — Persistance de lexophtalmie après la mort : Tout . 9 0 # 14 comme chez les Basedowiens, l’exophtalmie déclenchée par ces procédés expérimentaux persiste sur les animaux après la mort. Cette particularité a permis d’effectuer des recherches anatomiques sur des pièces aussitôt congelées.

2. — Inégalité dans la Protrusion : Dans quelques rares expériences, la protrusion d’un œil s’est effectuée beaucoup plus rapidement que celle du côté opposé. Dans un seul de ces cas, cette protrusion plus marquée s’est accompagnée d’une élévation unilatérale de la pression intra-oculaire.

3% — Tendance à la divergence des globes oculaires : L’exophtalmie de type Basedowien réalisée dans ces expériences s’accompagne toujours d’une certaine tendance à la divergence des globes oculaires. Les auteurs ont pu le remarquer aussi bien sur l’animal endormi que sur le chien non-anesthésié. Cette donnée expérimentale est intéressante à rapprocher du signe de Môbius observé chez les Basedowiens.

4. — Rétraction de la membrane nyctitante : Dans toutes ces expériences, le premier temps de l’exophtalmie a été régulièrement marqué par la rétraction de la membrane nyctitante,

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confirmant les données déjà anciennes de LANGLEY, concernant l’influence de la Pilocarpine sur ce phénomène.

5. — Absence d’'Hypertension intra-oculaire : Les mensurations de la tension oculaire avaient, dans ces recherches, une double importance. Elles permettaient de juger de l’état du réseau vasculaire choroïdien dont les modifications ne sont pas sans troubler dans un sens ou dans l’autre la tension oculaire (BAÏIL- LIART et MAGITOT) ; elles pouvaient également, dans une certaine mesure, rendre compte de l’état du Sympathique local. D’une façon très nette, les auteurs ont pu obtenir des Exophtalmies de type Basedowien sans élévation de la pression intraoculaire. Il n'existe aucun rapport de temps et de cause entre lPexophtalmie et l’élévation de la tension oculaire. Cette absence d'hypertonie du globe constitue un argument de plus contre la théorie qui rattache l’exophtalmie à des phénomènes de transsudation.

6. — Absence de modifications des vaisseaux rétiniens : Les vaisseaux rétiniens ne subissent pas de modifications en rapport avec l’exophtalmie. Si, au cours de ces expériences, on a pu, sur 4 chiens, noter une dilatation légère des artères, celle-ci a toujours été en rapport avec une augmentation brusque de la pression artérielle, devançant de beaucoup les premières manifestations de l’exophtalmie, c’est-à-dire la rétraction de la membrane nyctitante. Il n’a pas été observé non plus de modifications de la circulation irienne; du moins, de changement susceptible d’être constaté à l’examen direct.

7. — Absence d’æœdème et de congestion retro-bulbaire : X est évident que la question d’une protrusion du globe liée à la stase veineuse dans les vaisseaux du cou ne se pose pas dans ces expériences. Sur les coupes transversales de tête congelée pratiquées chez des chiens rendus exophtalmiques, il n’a été observé ni œdème, ni dilatation veineuse retro-bulbaire, ni, bien entendu, aucune augmentation du tissu adipeux.

8. — La production d’exophtalmie de type Basedowien, suivant la technique ainsi mise au point, peut, ainsi qu’on l’a déjà vu, être obtenue sur un globe libéré de ses attaches musculaires, après trépanation orbitaire, section des paupières et

de la membrane conjonctive qui complète le squelette osseux de l'orbite. Nous n’y reviendrons pas.

9. — Elargissement transversal du globe oculaire : Non seulement, dans ces expériences, les auteurs observèrent l’élargissement constant de la fente palpébrale, mais l’étude des coupes congelées leur révéla que cet élargissement porte sur le globe oculaire lui-même. Cette modification de la forme du globe dans le sens transversal est extrêmement frappante sur toutes les coupes et leur permit de proposer une nouvelle interprétation physiologique du signe de Stellwag.

4 DU POINT DE VUE GENERAL ENFIN, ces expériences permirent d'établir l’indépendance totale de l’exophtalmie ainsi composée, vis-à-vis de toutes les manifestations neuro-végétatives possibles, en particulier des phénomènes dits d’excitation para-sympathique tels que bradycardie, salivation, etc.

5° QUELLE CONCLUSION DOIT-ON TIRER DE CETTE EXPERIMENTATION? Laisson ici la parole à M. le professeur JUSTIN-BESANCON lui-même : « C’est que l’expérimentation, ‘après avoir ruiné la théorie de l’Exophtalmie Basedowienne basée sur l’excitation du Sympathique cervical, fait également place nette des théories trop simples qui veulent englober l’Exophtalmie dans l’excitation générale du Sympathique. Certes, nous ne voyons aucun inconvénient à ce qu’on emploie les expressions cliniques de Dystonie neuro-végétative, d’Amphotonie et toutes autres terminologies possibles qui rassemblent des faits cliniques plus ou moins disparates. Maïs qu’il soit bien entendu qu’un test à l’atropine ou un réflexe oculo-cardiaque ne renseignent en rien sur le Sympathique qui commande le système de protrusion du globe, car ce système a sa physiologie propre, indépendante, bien spéciale. »

B) Quelle est donc, maintenant, du point de vue expérimental, L'ACTION DE LA SECRETION THYROIDIENNE sur ce

mécanisme tout local de l’'Exophtalmie? :

1° Est-elle suffisante à la provoquer? Nous devons ici demander une distinction.

On discute encore sur l’action de l’extrait thyroïdien total.

Certains auteurs (GILBERT-BALLET et ENRIQUEZ, KRAUS et FRIDENTHAL, TEDESCHI, HOENNICKE et CUNNIN- GHAM, EDMUNDS) seraient, dans de rares cas, il est vrai, parvenus à produire une exophtalmie expérimentale par lextrait thyroïdien total.

Il semble pourtant logique de penser que l’action exophtalmiante en devrait revenir à la thyroxine.

Or tous les expérimentateurs sont d’accord sur ce point l’administration isolée de thyroxine, même à doses répétées, est incapable de produire l’exophtalmie.

De multiples contrôles, effectués par M. JUSTIN-BESANCÇCON et Mile DENYSE KOHLER sur le chien, le chat et le lapin, ont

vérifié ce fait.

Une allusion de M. SAINTON relative à une expérience au cours de laquelle, en étudiant l’action de divers anesthésiques sur le rat-pie, l'injection de Thyroxine aurait déterminé incidemment une exophtalmie contingente, nous a amené à examiner ce fait comme étant en opposition formelle avec les conclusions précitées.

Dans le laboratoire de M. le professeur VILLARET, à l'Hôpital Necker, selon les directives de M. Ile professeur agrégé JUSTIN- BESANÇON et de Mile D. KOHLER, chef de laboratoire à la Faculté, nous avons entrepris l’expérimentation suivante qui s’échelonne sur 35 jours :

Nous avons utilisé la Thyroxine Synthétique, préparée d’après les données de HARINGTON et BARGER (1926) parce que stable et constante. Chimiquement bien définie c’est l’acide.

B-[3,5-diiodo-4-(31,5!-diiodo 4t-oxyphénoxy)-phenyl] -A-aminopropionique

ou : ether diiodo-oxyphénylé de la diiodotyrosine, correspondant à la formule

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