DU CHOIX ENTRE LE RIEN ET LE MAI
La vie morale de l’homme est une course dont le point de départ est placé entre deux buts opposés, le bien et le mal. Chacun choisit sa route. Un pas fait dans l’une de ces directions éloigne de l’autre, et accroît les difficultés du retour. Des deux cotés, la voie commence par des obstacles, et se termine par une pente facile. Plus on avance, moins on est leuté de reculer. Eu cflel, la perfection semble plus séduisante, à mesure que l'on en approche davantage; et l’habitude du vice empêche d’en reconnaître toute la laideur. Celui qui a pris la vertu pour but calcule sans cesse la distance qui l’en sépare, et s’efforce d’y arriver. Celui qui est entré dans la voie du mal s’inquiète quelquefois; mais, mesurant l’espace qu’il aurait encore à parcourir avant d’en atteindre la dernière limite, il se rassure, s’avance insensiblement, et ne s’arrête qu’au fond de l’abîme.
On se souvient du devoir quand la passion s’éteint; c’est
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l’heure du repentir; c’est l’heure aussi des passions nouvelles. L’àme veut être occupée, si ce n’est du bien, ce sera du mal. Une faute rend probable une autre faute; car il est plus facile de se préserver d’une chute que de s’en relever. Il ne faut pas trop compter sur la persévérance du repentir.
Quand on s’est jugé avec une sévérité outrée, on ne tarde pas à le reconnaître; et, par une réaction très-ordinaire, on tombe dans l’excès opposé. L’erreur sur l’importance se change eu un doute sur la réalité des fautes; puis le repentir s'efface comme un vain scrupule, et la conscience prend l’habitude de se taire. L’exagération d’un bon sentiment a donc ses dangers; et l’on n’est jamais dans le bien qu’à la condition d’être dans le vrai.
Les fautes de la jeunesse sont comme certaines substances dont la saveur, agréable d’abord, s’aigrit avec le temps.