PENSEES DINEUSES SUR LA MORALITE ET SUR LA CORRUPTION
Dans la plupart des hommes, les idées d’ordre et de perfection sont le fruit de longues réflexions. Dans un petit nombre d autres, elles semblent tenir à leur organisation même. Lors- (pie les premiers ont à peine quelques notions du bien, les seconds en ont le sentiment exagéré. L’expérience amène les uns et les autres, par une marche contraire, à un certain milieu qui est le degré ordinaire de la sagesse humaine. Mais la seule expérience proli table est celle que l’on acquiert soi-même. Les conseils d’autrui ne laissent pas plus de traces, dans notre esprit, que les descriptions des lieux (pii nous sont inconnus. Le souvenir s’en cllaee comme celui d’une abstraction. Une vérité, au contraire, que la pratique a révélée, frappe l’esprit comme la vue d’un objet matériel, s’identifie avec les faits, en reçoit une image sensible, et \a se graver dans lame, en y portant la conviction.
L expérience produit toujours quelque effet : quand elle 11e corrige pas, elle façonne et enhardit au mal.
La jeunesse a deux tendances également dangereuses, l’une à imiter le mal, l’autre à dédaigner le bien. Les dispositions inverses sont un rare privilège; et c’est à les faire naître que doit s’appliquer toute l’éducation morale. Prudemment dirigée, clic exerce une influence salutaire. Pourtant il arrive que des jeunes gens s’échappent des bras de parents tendres et vigilants pur se jeter, tète baissée, dans le désordre; tandis que d autres semblent, par la sagesse de leur conduite, protester