CHAPITRE I
mont du heau K el relevez, à ses propres yeux, sa dignité morale. On le ramène au bien en- lui prouvant qu’on l’en juge capable. La sévérité, lionne avec les Ames légères et sans énergie, est un frein trop rude pour les Ames sensibles et Hères. Elles s’en irritent, et persévèrent, par révolte, dans les fautes qu’un peu d’indulgence leur eût fait regretter.
Un soupçon injuste blesse et décourage, conduit même, par le dépit, au mal qu’il a supposé. Le soupçon inspiré par un amour jaloux est le seul qu’on excuse.
Est-il un spectacle plus affligeant que celui d’une Ame dégradée? Est-il une conviction plus triste que celle de ne pouvoir la relever? Gardons-nous toutefois de laisser voir au coupable notre découragement. Pour rendre possible sa réhabilitation morale, il faut toujours la lui montrer comme le résultat assuré de son repentir.
La pratique de la vertu coiife des efforts et des privations ; mais on en trouve le prix dans la sérénité de son Ame, dans l’estime universelle, et, plus encorc„dans une magnifique espérance.
Le vice donne quelques plaisirs grossiers; mais il les fait payer par des agitations dévorantes, par l'affaiblissement de l’intelligence, par la perle de la santé, par le mépris et la honte. Ne devrait-on pas préférer la vertu, par le seul amour de soi-même?