‹ Étude de l'hommeChapitre 114 sur 235 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

les âmes corrompues, des actes habituels dont les intervalles ne sont que des accidents.

Accomplir scrupuleusement ses devoirs, sans aucune pensée d’intérêt ni d’amour-propre, c’est sagesse; les accomplir aux dépens de son bonheur, c’est vertu.

Ou commence à comprendre une faute, quand le motif qui l’a inspirée a cessé d’exister, et quand elle est irréparable.

Le bien n’est pas une chimère; car jamais ou ne s’en écarte sans prouver, en quelque point, un déliait d'intelligence.

La honte du mal s’évanouit avec le goût du bien.

Le mépris que l'on ressent pour lcsJiommes n’esl-il pas souvent l'effet d’un retour sur soi-même?

On prétend se justifier de scs fautes en disant ; « Tout le monde agit ainsi; un seul 11e peut avoir raison contre tous. » Mais si chacun donne la même excuse, quelle confiance avoir dans la raison de tous? Au lieu de dire : Cela se fait, ne vaudrait-il pas mieux prouver qu’il est bien de le faire?

Le blâme des fautes auxquelles 011 se sent enclin est une précaution de la vertu ou de l’hypocrisie.

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lîo DE L'HOMME MOIlAL.

Justifier ses fautes par celles d’autrui, c’est s’encourager au mal .

On peut valoir mieux que sa réputation, mieux que sa conduite, mais jamais mieux que ses principes.

Celui qui commet une mauvaise action peut u’ètrc qu’égaré. Celui qui la conseille, dans son propre intérêt, joint à sa part de la culpabilité du fait la préméditation et la lâcheté.

S’il est rare qu’en s’élevant l’homme devienne meilleur, il ne l’est pas qu’il devienne pire.

Le bien que l’on fait par amour-propre conlicnL déjà un germe de corruption; et de là à faire le mal par intérêt la distance n’est pas grande.

La raison paraît fade à la plupart des hommes. Ils ne la supportent guère sans quelque assaisonnement; et ils préfèrent celui qui la dénature le plus.

La perfection morale est rare : faut-il s’en étonner? Beaucoup de bous et de mauvais sentiments sont fruits d’un même sol. Ainsi la reconnaissance ou la rancune, l’amitié ou la haine ne prennent racine que dans les âmes sensibles et constantes. Si l’éducation n’amende pas la nature, le défaut grandit rapidement à coté de la qualité, et finit par l'étouffer.

Pour rendre l'homme meilleur, réchauffez en lui le senti-

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