‹ Étude de l'hommeChapitre 125 sur 235 · DES QUALITÉS ET DES VERTUS QUI CONSTITUENT LA MORALITÉ DE L'HOMME · texte numérisé non relu

DES QUALITÉS ET DES VERTUS QUI CONSTITUENT LA MORALITÉ DE L'HOMME

DIFFÉRENCES ORIGINELLES ENTRE LES QUALITES ET LES VERTUS, ENTRE LES QDALITÉS DD ClEÜK ET LES QUALITÉS DE l’aMF..

Un penchant à faire des choses utiles à l'humanité et conformes à la morale est une bonne qualité. Il existe une diflérencc essentielle entre les qualités et les vertus ; les premières son!

dues à la nature, et les dernières, à nos efforts. Une volonté courageuse produit les vertus, soit en perfectionnant certaines qualités, telles que la bonté, le désintéressement, la force d’ànie; soit en domptant certains vices, tels que l’égoïsme, le libertinage, la haine, l’envie; Le prix des vertus se règle sur les sacrifices qu’elles ont coûté. Nous distinguons d’ailleurs, dans les qualités et dans les vertus, celles qui appartiennent au cœur, de celles qui appartiennent à l'ame 1 .

Le cœur est l’organe du sentiment, comme le cerveau est l'organe de la pensée. Chacune des impressions que le cœur reçoit est un attrait, ou une répulsion. La bienveillance habituelle de l’homme pour ses semblables est la preuve des bonnes qualités de son cœur. Ces qualités ont pour règles et pour sanction les principes les plus élevés de la morale.

Toutes les qualités du cœur sont des penchants naturels; et la volonté, qui ]>ourrait les détruire, ne pourrait les donner.

L 'âme est la partie intelligente de notre être, le principe de la pensée, la puissance dont émane la volonté. La conscience est la lumière qui aide l’âme à reconnaître la limite entre le bien ei le mal.

Les qualités de l’âme tendent à dégager l’homme des sentiments personnels, et à l’attacher fortement au beau moral. Elles sont naturelles, ou acquises. Les dernières seules peuvent, en raison des efforts qu’elles exigent, mériter le nom.de vertus. Le cœur n’a que des qualités; fàme seule peut réunir des qualités et des vertus.

* On me demandera peut-être ce qu’est le cœur sans l’âme et l’âme sans le cœur. Rien, répondrai-je : mais je crois sentir que mes dispositions affectueuses ou malveillantes envers autrui n’ont pas la même source que la pensée abstraite de la sincérité, de la prudence, du désintéressement; et j’attribue les unes au cœur, les autres à l’âme.

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