‹ Étude de l'hommeChapitre 140 sur 235 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ciance sur l’opinion d'autrui , la plus légère contrariété le pousse à tous les excès de la brutalité.

5° Barbarie, insensibilité, ou fureur aveugle d’une âme inculte, ou dégradée, qui se porte à des aetos inhumains, autant par ignorance et par brutalité que pour y trouver un plaisir. La barbarie s’éveille à la voix des passions violentes et des préjugés. Souvent, après un accès effrayant, tout à coup elle fait place à des sentiments généreux et bienveillants.

6° Cmauté , méchanceté active et réfléchie qui fait trouver une sorte de satisfaction atroce dans les douleurs physiques ou morales dont elle est la cause. Elle combine froidement les moyens d’exciter la souffrance, et met. du raffinement à en varier les effets. La jalousie, la haine et la vengeance lui empruntent leurs plus terribles armes.

7° Férocité, instinct sanguinaire qui porté certains animaux sauvages à déchirer les êtres vivants, avec un acharnement indomptable. Par une erreur de la nature, quelques monstres appartenant à l’espèce humaine naissent avec le cœur d’un tigre. Chez d’autres, la férocité est l’effet subit d’une passion frénétique, ou d’une grave perturbation morale.

DES DÉFAUTS ET DES VICES DE l'aME.

§ 1. — Des défauts de l’âme.

Les défauts de l’àme sont des défaillances de lu raison humaine. Ils ont pour causes la mollesse ou la mobilité de la volonté, l’excessive rigidité, l’irritabilité et la violence du caractère, une trop bonne opinion de soi-même et une mauvaise opinion d’autrui.

première catégorie. — Défauts produits par la mollesse oh par la mobilité de la volonté.

1° Faiblesse. Cette disposition de l’àme a une grand aualo-

gie avec la mollesse de certaines substances qui reçoivent, perdent et reprennent l’empreinte des objets avec lesquels elles se trouvent en contact.

Une aine faible cède aux entraînements du coeur et des sens, même en déplorant les fautes qu’ils lui font commettre.

On entend dire souvent : « Ce jeune homme est faible; mais il n'a point de vices. » Attendez! S’il n’en a pas à lui, il aura tous ceux qu’on voudra lui donner. Ne vaut-il pas mieux avoir à lutter contre un ennemi connu, que contre cent dont les coups viennent seuls annoncer l'existence?

L’homme lient à se montrer fort quand il est en évidence; mais il se dédommage d’une contrainte passagère par des faiblesses secrètes.

L’austérité des mœurs nous inspire plus île respect que de sympathie. Nous aimons qu’un peu de faiblesse rapproche de nous la vertu.

2“ Apathie, indolence d’une âme sans ressort qui craint autant l’agitation que la souffrance, et qui trouve le bonheur dans l’inaction. Une àmc apathique évite avec soin les sentiments et les plaisirs trop vifs. Si elle peut être émue, c’est seulement de la peur de s’émouvoir. L’exemple a peu d empire sur elle, parce qu’elle sent que le premier effet d’un changement serait

de la troubler. •

Une âme apathique peut avoir un vague désir du bien; mais elle n’a pas la force de l’accomplir. Il est plus facile de guérir quelqu’un de mauvaises habitudes que de 1 apathie, comme il est plus facile de diriger un mouvement que de l’imprimer, d’amender une organisation que de la refaire.

3° Inconstance , penchant capricieux qui porte les âmes avi-

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