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CHAPITRE IV

des d’émotions, ou les esprits vifs et superficiels, à s'éloigner des objets connus, pour en chercher de nouveaux, quelle qu’en puisse être la valeur.

La constance des idées n’est pas une preuve de la constance des sentiments. On peut être très-constant dans les unes, et très-inconstant dans les autres. Mais on voit rarement, avec un esprit mobile, un cœur persévérant, La constance des sentiments doit doue être une qualité fort rare.

La faiblesse et l’ennui sont les principales causes de l'inconstance. L’immobilité des sentiments ou des idées endort les âmes légères : elles en changent pour s’éveiller.

DccxiKUE catégorie. — Défauts provenant de l'excessive rigidité du caractère.

i° Sévérité, justice rigoureuse. La nécessité seule in justifie. Une tendance habituelle à la sévérité est un défaut.

La sévérité révolte les âmes énergiques, et soutient Ire âmes indolentes. Quand celles-ci sont vaines, il faut la leur mesurer avec prudence.

Pour devenir meilleur, ou plus habile, on doit préférer une rigueur outrée aux jugements trop bienveillants de l’amitié. Mais si une sévérité excessive n’est jamais saris utilité pour l’esprit, elle peut blesser le cœur, et l’aigrir ou le décourager.

2° Intolérance, répulsion passionnée des principes, des opinions ou des sentiments qu’on ne partage pas, et volonté d’im- poser les siens.

L’intolérance est un gage trompeur que la faiblesse, le remords ou l’hypocrisie donnent à la vertu, aux dépens d’autrui.

m HE L’HOMME MORAL.

La vérin cherche à prévenir les fautes; mais, quand elles sont commises, elle s’en afflige et les pardonne.

«5° Inflexibilité , fermeté poussée jusqu’au plus haut point d’exagération, et devenue un principe aveugle et redoutable. C’est un culte rendu à l’orgueil par une âme insensible. L’homme inflexible, dans sa hautaine raison, foule aux pieds tous les sentiments humains ; et, se croyant infaillible comme Dieu, veut être immuable comme lui.

troisième catégorie. — Défauts produits par l'irritabilité et par f impétuosité

du caractère.

1° Inégalité d’humeur, oscillation continuelle d’une âme dont la sensibilité accrue par la souffrance, ou naturellement trop vive, s’abandonne successivement à des mouvements contraires.

Cette agitation est comparable à celle d’une mer peu profonde que le moindre souffle remue, sans y soulever jamais des vagues redoutables, mais dont les secousses incessantes finissent par être moins supjioiiables que des tempêtes.

2° Esprit de contradiction, amour de la controverse stimulé par le besoin d’exercice* qu’éprouve une intelligence active et inoccupée, et par l’espérance de quelques succès d’amourpropre. L’envie de contredire donne à certaines personnes naturellement bonnes une humeur militante qui leur fait perdre les avantages de leurs meilleures qualités. Dès qu’elles paraissent, la lutte s’engage, et la pluie, comme le beau temps, devient la matière d’une aigre discussion. Il faut les fuir,- pour ne point les haïr ; et l’on ne peut les aimer ni les estimer qu’à distance.

3° Impatience, penchant d’une âme pétulante à repousser, sans ménagements, tout ce qui la gêne.ou l'ennuie, et à se précipiter aveuglément vers l’objet de ses désirs.

L’impatience double les contrariétés qu’elle ne sait pas sup-

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