DIFFÉRENCES PHYSIQUES ET .MORALES DES PEUPLES
Les peuples, comme les individus, ont chacun une physionomie particulière. La stature, les traits, le caractère, et même l’esprit d’un homme, font reconnaître, aussi sûrement que son langage, à quelle nation il appartient. Depuis le Lapon, vivant, la moitié de l’année, d’huile et de poisson sec, dans sa tanière enfumée, jusqu’au riche habitant de nos grandes villes, jusqu’au nabah de l’Inde, entourés de toutes les splendeurs du luxe et saturés de voluptés, tout homme porte à son extérieur quelques signes de son origine. Les climats qui, avec le secours des siècles, ont sans doute imprimé à chacune des races humaines ses caractères distinctifs 1 , et les circonstances locales d’où naissent le bien-être ou les privations et la plupart des industries, donnent aussi aux sentiments, aux goûts et aux idées certaines tendances qu’on appelle mœurs. L’influence de l’homme sur l’homme, d’un sexe sur l’autre et des classes entre elles, les découvertes successives de l’esprit humain, et la forme du gouver-
* Voir Cosmos, de M. Alexandre de Humboldt, de la page 422 à la page 431 du premier volume traduit par M. H. Fayc et publié en 18-4(5, ainsi que les deux ouvrages de Müller et de M. Pritchard, qui y sont cités.
nement, ajoutent sans cesse aux habitudes sociales quelques nouvelles nuances. Dans ces évolutions continuelles, les mœurs quelquefois se polissent, plus souvent se corrompent. Il serait impossible, et d'ailleurs peu utile d’en suivre les oscillations capricieuses : mais il n’est pas sans intérêt de voir jusqu’à quel point des peuples, même voisins, peuvent différer entre eux d’esprit et de caractère. Quelques exemples suffiront pour justifier cette remarque.