DEVOIRS ET DROITS DES HOMMES VIVANT EN SOCIÉTÉ
La vie est uff dépôt sacré : c’est, pour l'homme, un devoir de la conserver. Incapable de se suffire à lui-même, il cherche, dans létal social, les secours dont il a besoin, lies lors, il contracte l’obligation île faire quelquefois à l'intérêt général le sacrifice de son intérêt privé. Mais c’est à la condition d’y trouver son avantage. La société qui ne Je lui assure pas est mal organisée et ne peut durer.
Les devoirs écrits dans les constitutions et dans les lois des peuples varient suivant les lieux, les temps et les mœurs. Mais il en est que Dieu a gravés dans le cœur de l’homme et mis sous la garde de sa conscience. Voilà ceux qu’il nous importe surtout de connaître et d’accomplir. Les devoirs sont la source des droits. Si je puis dire : Ceci est à moi, c’est parce que je respecte ce qui est à autrui.
La corrélation des devoirs et des droits est si étroite, qu’on détruirait à la fois tous les principes de raison, d’ordre et d’équité, si on voulait les séparer. Essayons de les résumer tons en quelques articles fondamentaux.
1° L’homme, né pour la famille et pour la société, leur doit
sa sollicitude et (après le soin de sa conservation) le concours actif de toutes ses facultés.
2° Il ne doit pas faire à autrui ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fit; et il doit faire, pour les autres, tout ce qu’il peut légitimement désirer pour lui-même.
3° 11 a le droit de pratiquer librement sa religion, en se conformant aux lois qui protègent l’ordre public.
4° Il peut jouir et disposer de ses biens, sous la réserve des droits de sa famille et de la société.
5° Il est libre de faire et de dire tout ce qu'il veut, sans porter atteinte à la morale, à l’intérêt général et à l’intérêt privé.
6“ Les hommes naissent avec des droits égaux : les vertus, les talents et les services sont les seuls titres à la prééminence.
7° Les lois destinées à régler les rapports sociaux doivent reposer sur rétomelle loi de l’équité. Elles ne peuvent rien ordonner, ni permettre d’injuste; et chaque individu doit être également protégé ou frappé par elles.
8“ La société doit avoir, pour tous, une sollicitude égale, et même, ait besoin, s'efforcer de leur porter secours. Mais son obligation ne peut aller plus loin. Où elle s’arrête, celle du riche commence : et la loi morale le rend responsable des misères imméritées qu’il pourrait soulager.
9“ Tout homme a le droit de vivre ; mais la société a aussi le droit de se conserver. La peine de mort ne doit être infligée ni par vengeance, ni comme expiation. Elle doit avoir pour but unique d’épargner la vie des autres hommes 1 . Terrible responsabilité pour le législateur et pour le juge !
L’homme est naturellement porté à restreindre ses devoirs et à exagérer ses droits. Les bonnes lois en fixent la juste mesure.
1 En empêchant la récidive par la mort du coupable, et en retenant beaucoup d’âmes perverses par la crainte d’un pareil châtiment.