CHAPITRE IV
nante. Il pousse le courage jusqu'à la témérité et brave la mort, le sourire sur les lèvres. Rien ne l’étonne, rien ne l’arrête : il a l’instinct îles grandes choses. Pour obtenir de lui des prodiges, il suffit de les lui demander.
5° L’Espagnol est paresseux, lier, et content de lui, même sans savoir pourquoi. 11 aime la richesse et le faste; mais il sait s’en passer, et ne se laisse pas dompter par la misère. Ses passions sont bouillantes. Quand elles éclatent, elles ne reculent devant aucun moyen de se satisfaire, pas même devant la cruauté. Son orgueil allume souvent en lui la jalousie, la haine et le désir de la vengeance.
L’Espagnol est noble et chevaleresque ; mais superstitieux, intolérant, emporté. Su générosité égale sa vaillauce. II a l’enthousiasme et le génie du beau. Sa littérature, ses tableaux et ses monuments en offrent d’éclalants témoignages. Sa sensibilité et son imagination le jettent souvent au delà de la sagesse et de la vérité. Son esprit a plus d’éclat que de solidité ; et sa raison n’est ordinairement qu’une inspiration de son cœur.
L’Espagnol est comme le diamant : il brille et ne change pas.
6° L 'Italien, même dans le calme, ‘est toujours prêt à s’exalter. Dès que son âme est émue, elle passe tout entière dans ses traits, et en fait jaillir des éclairs de gaieté, d’amour, d’enthousiasme, ou de colère. Son esprit lui fournit sans cesse des expressions pittoresques et des images saisissantes. Tout Italien est naturellement poète, peintre et musicien. L’amour est sa passion dominante , mais le plus souvent une passion toute sensuelle qui s’éteint dans la possession. La haine trouve un aliment plus solide dans son amour-propre. L’Italien lient d’ordinaire beaucoup aux pratiques religieuses, et moins à la morale. Sa vive intelligence s’applique à tout; mais il est assez rare qu’elle sache se fixer.
La conversation d’un Italien pèche d’ordinaire par excès d’abondanèe, et par une allure beaucoup trop libre. Quand elle est nourrie par le savoir et réglée par le goût, elle charme,
surtout les esprits indolents; car elle leur permet de jouir sans rien donner.
Les Italiennes égalent, au moins, leurs maris par leur vivacité, leurs passions et la franche énergie de leur langage. Le feu qui les anime se répand autour d’elles; et bien sage ou bien froid est le cœur dans lequel il ne peut pénétrer.
7“ Le Juif, banni de sa patrie, depuis dix-huit siècles, vit au milieu de toutes les nations, sans se confondre avec aucune. S’il prend la teinte du climat, jamais il ne perd le type originel. . Ses traits mâles et sévères semblent faits pour exprimer la force, et n’expriment souvent que l’astuce. Longtemps exclus de tout pouvoir social, il s’en est fait un devant lequel tous les autres s'inclinent, celui de la richesse. Sans patrie, il en retrouve une partout où il y a quelque chose à gagner. La vivacité, la pénétration et l’étendue sont, avec la sûreté du calcul et l'aptitude à la spéculation, les principaux caractères de son intelligence.
Le Juif, aujourd’hui délivré du joug, a conquis une place honorable dans la grande famille humaine.
nu RÔLE DE LA FEMME CHEZ I.ES DIFFÉRENTS PEUPLES.
Pour les sauvages et. pour les nègres, la femme est, dans la case, une esclave; dans les voyages, une bête de somme; pour les musulmans, l'instrument passif des plaisirs d'un maître; et pour la plupart des peuples de l’Europe, dans les familles pauvres, une servante à vie qui fait le ménage et des enfants; dans les familles riches, la reine du goût, de l’élégance et des plaisirs; hors de la famille, une courtisane, ou une esclave soumise à de trop rudes travaux.
Depuis que le christianisme a enseigné au monde les véritables lois de la morale et de l’humanité, plus la civilisation des peuples et l'éducation des individus sont perfectionnées, plus la femme obtient d’égards et d’empire. Cependant il est encore