‹ Étude de l'hommeChapitre 173 sur 235 · CU APURE V · texte numérisé non relu

CU APURE V

ciation générale, et de la communauté des biens et des familles. ,

L’aristocratie ( gouvernement de plusieurs) peut se trouver au deuxième rang dans une monarchie, ou au premier dans une république. Ce que nous en avons dit doit suffire pour faire comprendre sou rôle dans un gouvernement républicain. 11 nous reste donc à parler brièvement de la république déino~ evatique, dont nous avons vu, en France, de malheureux essais, et, avec quelques développements, de la république covimutliste, dont l’origine remonte peut-être aux premiers âges du monde; qui n’a pu, à aucune époque, s'établir d’une manière durable; qui cependant a été et sera le rêve d’une foule de malheureux ou d’ignorants, et la plus redoutable machine de guerre des hommes pervers contre tous les gouvernements réguliers.

République démocratique.

L’exercice du pouvoir législatif, et la nomination des magistrats par le peuple en corps, sont les principaux droits, et presque les attributs de la pure démocratie. Elle ne peut être la base d’un gouvernement stable que dans les États dont la population est peu nombreuse et le territoire peu étendu, ou dans les républiques fédératives, qui ne sont que l’union de plusieurs petits États. Dans un grand pays, le pouvoir démocratique va nécessairement, par des délégations successives, se concentrer dans les mains, tantôt de quelques magistrats, tels que des directeurs, ou des consuls; tantôt d’un chef unique, président, ou même roi 1 .

Dans une république démocratique, tout doit être décidé par la volonté de tous. L’inconvénient du suffrage universel est

1 La république de Sparte a eu deux rois ; Borne était une république, môme sous ses empereurs; la France s’appelait encore république, au commencement de l’Empire, sous Napoléon 1".

que le vote du plus éclairé cl du plus vertueux ne pèse pas plus que celui du plus ignorant et du plus pervers.

Ii égalité des droits, protégée par la supériorité de la vertu, des talents et de l’expérience, est le principe et la sauvegarde du gouvernement démocratique. Mais ce gouvernement, en obligeant chaque citoyen à prendre part aux affaires publiques, l'habitue aux idées sérieuses, le convainct de son importance, et donne à son caractère une sorte de fierté qui lui inspire le dédain de certaines professions. Dans les républiques qui ont eu le plus d’éclat et de durée, l’esclavage a toujours été la condition nécessaire de la liberté du citoyen.

liépublique communiste.

L’état social est le seul qui convienne à la nature humaine ; et cependant, sous aucune forme, il n’a encore donné à chacun la part du bien-être qu’il peut raisonnablement désirer. Dans les sociétés anciennes, la liberté et la richesse des uns reposaient sur l’esclavage des autres. Dans les sociétés modernes, bien qu’elles aient voulu se montrer plus équitables, on a toujours vu l’oisiveté opulente à côté du travail indigent, le .superflu à côté des privations et de la misère. Ces contrastes affligeants ont souvent éveillé la sollicitude des philosophes et des législateurs : souvent aussi ils ont excité l’envie et la haine de ceux qui se croyaient en droit de s’en plaindre. Tous ont cherché un moyen de faire cesser les maux dont ils étaient ou témoins, ou victimes ; mais tous semblent avoir méconnu que cette inégalité des destinées est plutôt la conséquence d’une loi fatale, que la faute des sociétés. Minos 1 * * , Lycurgue*, Platon s , la secte juive des Esséniens 4 , et beaucoup d’autres philosophes,

1 1300 ans avant 3. C.

* 800 ans avant J. C.

* 430 ans avant .1. G.

* 150 ans avant J. G. Gclte secte était établie sur la côte occidentale de la mer Morte. (Voyez Piiii.on et JosfcwiK.)

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