CHAPITRE IX
tifîer, à nos propres yeux, le bien ou le mal que nous lui avons fait.
Une critique bienveillante, quelle qu’en soit la forme, est la plus grande de toutes les preuves d’intérêt.
2“ Bienveillance, intérêt animé par l’envie d’être utile à celui qui l’inspire.
3“ Penchant, disposition naturelle en faveur d'une personne dont l’extérieur, les manières et le langage ont, pour nous,* quelque charme secret.
4° Goût, penchant éclairé et soutenu par un commencement d’expérience.
5° Sympathie, penchant réciproque entre deux personnes attirées l’une vers l’autre par la similitude de leurs goûts, de leurs caractères et de leurs idées. Si l’on cherche à pénétrer les motifs de la sympathie, on y reconnaît toujours un peu d’amour de soi ; car elle nous fait aimer, dans les autres, l'image . de nous-mêmes, ou les sentiments qui peuvent contribuer à la satisfaction des nôtres.
6° Inclination, sentiment spontané et peu profond d’un cœur prêt à s’ouvrir, soit à l’amitié, soit à l’amour. L’inclination, plus apparente que le penchant, est cependant encore irrésolue. La découverte de quelques qualités ou de quelques agréments peut la fortifier; mais aussi une cause, même légère, peut la distraire ou l’étouffer.
7° Préférence, choix entre les personnes dont notre cœur ou notre raison a pu apprécier la valeur.
8* Attachement, lien formé,, d’ordinaire, entre égaux, par l’habitude, par l’échange répété des services ou des bons procédés, et par quelques qualités solides. L’attachement peut encore descendre du supérieur à l’inférieur; mais quand il s’adresse au supérieur, il est bien près du dévouement.
9° Affection, sentiment 'composé de tendre intérêt, d’estime, et quelquefois de respect ou de reconnaissance. Calme par sa nature, l’affection veille en silence, mais elle saisit, avec empressement, les occasions de se montrer.
Le sang dépose toujours, dans les bons cœurs, des germes d’affection. La réciprocité les développe pour le bonheur et la moralité des familles.
Les circonstances qui nous prouvent le peu de solidité de certaines affections ont, au moins, le bon résultat de nous en débarrasser.
Quand l’estime a cessé, l’affection qui survit n’est plus que l’habitude d’une indolente personnalité.
Lorsqu’un léger sujet de mécontentement sépare deux personnes également sensibles et fières, celle des deux qui a le plus de raison et de bonté reviendra la première.
Une affection trop indulgente ne songe à procurer qu’un plaisir actuel ; une affection trop sévère, qu’un bonheur à venir ; une affection sage et éclairée songe à l’un et à l’autre.
On aime faiblement la personne dont on ne consentirait pas à encourir la colère, pour la préserver d’une faute ou d’un danger.