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CHAPITRE IX

La véritable affection n’est indulgente que pour les défauts dont elle souffre seule, et dont elle peut conserver le sicret.

Quand on ne peut repousser une accusation portée contre une personne qu’on aime, sans accepter la complicité de principes dangereux, le silence auquel on se condamne pèse douloureusement sur le cœur.

Beaucoup de gens- ne semblent trouver, dans une affection éprouvée, que l’avantage de tourmenter impunément celui qui la ressent.

Pour nous rendre un compte exact de l’affection qu’une personne nous inspire, tâchons d’oublier les avantages qu’elle nous procure, ou nous fait espérer.

Dès que j’entrevois la possibilité d’un antagonisme entre un intérêt et une affection, je tremble pour l’alfection.

L’absence affermit l’affection inquiète des cœurs profondément sensibles, et affaiblit ou éteint celle des cœurs légers.

Dans les combinaisons de la vie intime, une âme délicate doit craindre de s’associer à ces âmes rudes dont le mouvement est toujours brusque et le choc violent. Un contact fréquent produit sur elles le même effet que sur des corps d'une dureté inégale : la plus tendre est bientôt brisée.

Le souvenir de ce que nous avons fait, pour le bonheur des personnes dont la mort nous a séparés, est le plus grand adoucissement au regret de les avoir perdues. Mais la crainte seule de leur avoir causé quelques peines, ajoute à ce regret les déchirements du remords. Si les personnes unies par les liens d’une tendre affection pouvaient comprendre cette vérité, aucun sacrifice ne leur coûterait pour s’épargner des torts qui paraissent bien légers, lorsqu'on s’en rend coupable, et bien pesants, quand on ne peut plus se les faire pardonner.

L’existence tire tout son prix de nos affections. Quel bonheur peut-on trouver hors des jouissances du cœur? Survivre aux objeLs de sa tendresse est le plus horrible des supplices. Le sentiment d’un grand devoir et l’espérance d’une autre vie peu- 'enl. seuls nous donner la force de le supporter.

1 0 Amitu ?, pure et libre union des âmes, union provoquée p.u quelques rapports de sentiments et d’opinions, resserrée par e temps et la confiance, et cimentée par les jouissances qu une certaine parité d'intelligence et de position sociale permettent de goûter en commun. Les différences de caractères peuvent élie atténuées par tics qualités attrayantes, ou même

ÜL mr< i co, itrastes favorables à l'amitié; mais les difféi oncGs (Je rsnoQ ~ ... .

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