CHAPITRE V
comparée à ces vues qui distinguent, sans effort, les plus petites choses, et s’obscurcissent, dès qu'on veut les arrêter longtemps sur un même point ou sur des objets éloignés. Au reste, le Cféjtteur, qui a tout uni par les liens d’une admirable harmonie, a voulu que les formes extérieures du corps humain donnassent, pour chacun des deux sexes, l’image la plus vraie et la plus frappante de son caractère et de son intelligence. Il a mis en relief, d’un côté, la grandeur, la dignité, la force et l’énergie; de l'autre, la délicatesse, la vivacité et la grâce. Toute l’explication des différences morales qui existent entre l'homme et la femme est là ; l’être intellectuel est fidèlement représenté par l’être physique. Celui qui sait comprendre la nature peut apprécier, d’un seul regard, le rang et les fonctions qui appartiennent à chacun des deux sexes, dans l'ordre matériel comme dans l’ordre moral. Chez presque tous le.-, animaux, la même loi se révèle avec plus ou moins d’évidence : le mâle, hardi et vigoureux, protège sa compagne; la femelle, plus douce et plus craintive, jusqu’au jour où elle est mère, compte sur l'appui du mâle. La faiblesse même de la femelle établit, entre elle et ses petits, des rapports qui la rendent plus propre à leur éducation, et qui assurent la conservation des espèces. La force et la brutale énergie du mâle ne conviendraient guère aux soins de la maternité. La nature a distribué les rôles, et ne permet pas qu’ils soient impunément changés. Si, dans le mariage, chacun des deux époux n’accepte (tas le sien, la vie commune n’est plus, pour eux, qu’une lutte continuelle, ou que tyrannie d’un côté, et, de l’autre, esclavage.
g 111. — Aptitudes de la femme.
Toutes les facultés de la femme sont destinées à favoriser des rapports de bienveillance et d’amour. Les femmes sont admirables comme filles, sœurs, épouses et mères. Mais, hors des devoirs attachés à ces divers étals cl des habitudes eu harmonie avec les sentiments qu’ils exigent, les femmes semblent
7‘2 DE l/HOMME SENSITIF.
marcher au hasard el oublier leur but. Les soins qui contribuent aux douceurs et aux agréments de la vie; les arts qui tirent leur principal attrait de la grâce, du goût el de la sensibilité; les éludes qui élèvent l’intelligence, la raison, la piété, enfin les éléments des sciences qui font comprendre les lois générales delà création, le principe nécessaire dont elles émanent et les obligations réciproques des hommes, voilà les occupations qui conviennent à leurs forces physiques et intellectuelles, comme au rôle qu’elles doivent jouer dans leur famille et dans le monde. Si leur esprit et leur main ont bien rarement produit des ouvrages véritablement empreints de grandeur et de force, c’est évidemment que ces qualités ne sont pas les attributs ordinaires de leur organisation.
Le monde ne veut pas que les femmes soient savantes; il devrait dire ; pédantes; ou bien encore, il devrait blâmer celles qui négligent, pour l’étude, les devoirs sacrés de la famille. Mais, s’il leur interdit, d’une manière absolue, de s’occuper des hautes spéculations de l’intelligence, il doit aussi trouver mauvais que quelques-unes d’entre elles aient une haute intelligence.
Le caractère de l’homme s'abaisse et celui de la femme s’ennoblit dans les soins minutieux des détails domestiques
g IV. — Présence d’esprit de ta femme.
Dans mie situation embarrassante, l’homme cherche son mot; la femme le dit sans le chercher.
La plupart des femmes pleurent, rient, s’attendrissent ou s’irritent très-réellement, quand il est de leur intérêt de paraître aflligées ou gaies, émues ou courroucées. Mais elles ne