CHAPITRE V
n’est, dans les deux sexes, qu’une habitude «les sens et un dérèglement de l' imagination. Si la morale le condamne également dans l'homme et dans la femme, il semble que, «lans la dernière, il devient, avec l’âge, un vice contre nature.
(I existe des femmes qui cherchent surtout, dans l’amour, le moyen de satisfaire un besoin de leur cœur : un mot tendre les comble de félicité. D’autres, plus exigeantes, ne croient à l’amour qu’après des témoignages répétés; et ces témoignages ne sont pas de ceux qui s'adressent seulement à lame. Mais bientôt leur conviction, attiédie par l’habitude, laisse au doute un fréquent accès. Alors elles veulent d’autres convictions, cl passent ainsi de la foi au scepticisme, jusqu'à ce que, personne ne prenant plus souci «le leurs croyances, elles soient punies de leurs désordres par le dégoût et. le mépris.
CARACTÈRES PARTICULIERS RB l.’lNTELl.lGRNCE ET DE I.’eSPRIT DK LA FEMME.
§ 1. — Hnessc de ses perceptions.
Les femmes ont une sensibilité vive, un tact exquis et une justesse d’aperçus qui leur font saisir, avec la rapidité de l’éclair, les nuances les plus délicates des choses. Elles y découvrent, par leurs seules impressions, et d’une manière presque instinctive, des rapports ou des qualités que l’homme y reconnaît à peine, après un examen attentif. Aussi les femmes les plus éclairées, celles dont la réflexion a le plus mûri l’esprit, sont encore moins guidées par la raison «pie par le sentiment. On explique ainsi comment, malgré leur finesse, dès «pi’on sait les émouvoir, ou est sûr de les subjuguer.
§ 11. — Nature de l'intelligence de la femme.
L’intelligence de la femme est active, pénétrante et quelquefois profonde; mais elle est impatiente et facile à distraire. Elle va, du premier élan, beaucoup plus loin que celle de l’homme, et s’arrête ordinairement dès que l’attention devient nécessaire. Les organes physiques de la femme, moins robustes que les nôtres, se refusent à un effort soutenu; et ils ne pourraient seconder sa volonté, lors même qu’elle serait capable de celte persévérance opiniâtre par laquelle l'homme sait vaincre les difficultés et parvenir à son but.
Les femmes excellent dans tous les ouvrages de la main ou de l’esprit dont les principales qualités doivent être la légèreté, la délicatesse et la grâce. S’ils exigent de la grandeur, de la solidité ou des combinaisons compliquées, il est presque certain qu’elles n’y réussiront pas. Nous ne leur devons, en effet, aucune de ces découvertes qui ont fondé les sciences et révélé une partie des lois de la création, aucune de ces étonnantes machines qui empruntent aux forces les plus redoutables de la nature les moyens d’exécuter nos volontés, aucun de ces poèmes épiques, aucune de ces comédies, ni de ces tragédies, qui semblent avoir marqué, dans ces genres divers, la dernière limite de l’esprit humain. Nous ne leur devons aucune de ces vastes compositions musicales qui réunissent, à un si haut degré, la science de l’harmonie, la pompe du style, la variété des motifs et l’énergie des sentiments, aucune de ces merveilleuses peintures qui font revivre le passé, aucun de ces monuments qui, pendant quelques siècles au moins, conservent de magnifiques témoignages du goût et de la grandeur des peuples.
La nature et la portée de l’esprit de la femme se montrent jusque dans ses jugements sur les arts, les lettres, la politique et la morale. Ils sont pleins d’aperçus fins et ingénieux sur les détails; mais rarement ils embrassent l’ensemble et s’élèvent aux idées générales. Enfin l’intelligence de la femme peut être